‹ Bruits d'oreille et sympathique: Contribution à l'étude du traitement par l'infiltration anesthésiqueChapitre 8 sur 43 · RAPPEL ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

RAPPEL ANATOMIQUE

Il ne peut être question de faire jci une étude anatomique de la distribution du sympathique encéphalique et de sa physiologie.

Et pourtant, depuis que sous l’impulsion vigoureuse de Leriche, le sympathique et son rôle dans la pathologie humaine jouissent d’une vogue extraordinaire, On a pu s’apercevoir combien de lacunes restaient à combler.

Ceci est particulièrement sensible si l’on considère ce qui nous intéresse spécialement : le domaine de l’otologie.

Que l’oreille recoive des filets sympathiques, nul n’en doute, mais quelle voie suivent-ils exactement ? De quel niveau du tronc sympathique cervical se détachent tous les filets qui aboutiront à l’oreille ?

C’est là une question importante que l’on doit se poser. Car si l’on prétend agir sur certains syndromes auriculaires par la suppression anesthésique ou chirurgicale de l’action du sympathique, encore doiton être sûr que l’on exclut bien tous les filets sympathiques en cause.

Pons

Or, certaines anastomoses du sympathique, la distribution de certains filets nerveux, sont encore discutées.

Aussi sans reprendre ici l’étude ni les discussions soulevées par le sympathique cervical et encéphalique, nous bornerons-nous à rappeler la distribution du sympathique à l’oréille telle qu’on l’admet actuellement.

Citons au préalable le livre d’Hovelacque sur l’Anatomie des Nerfs crâniens et rachidiens et du système sympathique auquel nous nous sommes reporté, ainsi que les thèses de J.-H. Dreyfus qui reprend dans une vue d’ensemble les notions anatomiques du sympathique encéphalique, et celle d’Orsoni, où les connaissances que nous possédons sur le ganglion cervical supérieur, tant anatomiques, physiologiques et cliniques, y sont exposées avec autant de clarté que de sobriété.

Distribution du sympathique céphalique

D'une façon générale l’innervation sympathique céphalique emprunte une double voie :

— les plexus périartériels qui suivent toutes les branches de la carotide externe jusqu’à leur terminaison,

— les nerfs craniens. Tous ceux-ci, à l’exception du spinal et des nerfs sensoriels, ophtalmique et auditif, reçoivent des anastomoses du sympathique.

EN CE QUI CONCERNE L'OREILLE, on admet l’innervation suivante :

L'oreille moyenne reçoit des filets sympathiques du plexus des artères de la caisse, provenant de la carotide externe.

L’oreille interne semble recevoir une double innervation sympathique :

— plexus de l’artère auditive interne émané du plexus du tronc basilaire donc du nerf vertébral. Relai ganglion stellaire,

— rameau Carotido-tympanique dont la distribution n’est pas démontrée et qui vient du ganglion cervical supérieur.

Or, deux remarques sont à faire :

— l’une anatomique,

— l’autre d'ordre expérimental et physiologique.

— Remarque anatomique.

1° Pour certains auteurs (Vulpian) le tronc cervical ne colporte pas la totalité des vaso-moteurs reçus par le ganglion cervical supérieur.

En sectionnant le grand sympathique au-dessus du ganglion cervical supérieur on ne sectionne pas tous les vaso-moteurs destinés à la tête.

Le ganglion cervical supérieur reçoit des filets nerveux de différents nerfs, du X, IX et du XII.

Les filets contiennent des fibres vaso-motrices qui traversent le ganglion s'unissent à d’autres nés de ce regroupement et constituent des nerfs vaso-moteurs destinés aux diverses parties de la tête.

2° Le nerf vertébral qui va former en définitive le plexus de l’artère auditive interne est issu du gan-

ns An glion stellaire et est indépendant du tronc sympathique cervical et du ganglion cervical supérieur. Expérimentalement d’autre part

Dans les conditions créées par la section du sympathique cervical, toutes les relations entre le ganglion cervical supérieur et les centres cérébraux ne sont pas interrompues et l’activité de ce ganglion peut persister. Cette activité augmente progressivement et les fibres vaso-motrices provenant de ce ganglion peuvent, au bout de quelque temps, remplacer pour le fonctionnement celles qui ont été coupées dans le cordon cervical. Mais après l’ablation de ce ganglion la plupart des fibres vaso-motrices de la moitié correspondante de la tête ont interrompu leur continuité. La paralysie vasculaire ainsi produite est plus complète et plus durable (Vulpian).

De ces divers faits dégageons les conclusions suivantes :

— C’est que pour être efficace, l’intervention ne doit pas seulement interrompre ia continuité de la chaîne sympathique cervicale, mais suspendre l’activité ganglionnaire. C’est donc avant tout au niveau du stellaire où du ganglion cervical supérieur que lon cherchera à pratiquer les infiltrations, ces deux ganglions n’étant pas pris seulement comme repère mais bien comme but.

— C’est, d’autre part, qu’une intervention limitée à un seul ganglion peut fort bien n’être pas suivie de succès dans un syndrome auriculaire sans qu’on puisse rejeter définitivement la méthode, puisque selon

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