‹ Brûlures et Nécrose des Os du CrâneChapitre 11 sur 19 · EN · texte numérisé non relu

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certainement dans l’autre, avec la terre d'autre part, is: tombèrent immédiatement. Gette chute soudaine provoqüée par « l’action du choc sur la conscience » résultat de l’électrocuütion, ‘fit cesser le contact et permit à nos deux sujets de ne pas succomber.

Pour être complet nous devons envisager maintenant l'étendue de la surface de contact, car celui-ci sera d'autant meilleur que le point sur lequel 1l s'exercera sera plus restreint.

Chez nos deux électrocutés le contact a eu lieu au niveau du cuir chevelu et sur une surface fort étroite. La présence des cheveux l'a rendu défectueux, a aug menté la résistance des tissus. Il en est résulté une augmentation parallèle de la chaleur produite en ce point et une brûlure assez intense pour provoquer la mortification des os de la voûte crânienne sous- ja-

cents.

Fn résumé, nos deux hommes placés sur un circuit traversé par un courant alternatif d'intensité et de tension élevées, à la suite d’un contact unipolaire, très Court, défectueux, et s’exerçant sur une surface étroite de leur cuir chevelu, ont échappé à la mort. Le courant n’a produit chez eux que des brûlures très intenses et très profondes, puisqu ‘elles ont intéressé les os de la voûte du crâne.

Tels sont les facteurs extérieurs au sujet capables comme on le voit d'exercer une grande influence sur l'effet du courant électrique.

Mais il existe encore des facteurs individuels d’une grande importance. Ce sont :

10 La résistance de la peau :

2° Le chemin parcouru par le courant;

3° L'état subjectif.

La résistance de la’ peau dit Soiiniek « joue un ile fès important. Rappelons-nous la loi d'Ohm æ

tea re ER à De plus elle est très variable, ainsi nous trouvons une résistance de 40.000, 60.000, 100.000 ohms entre les mains d'un ouvrier, tandis que : dans les mêmes conditions, la peau d’une femme ou d’ un homme ne faisant quun travail de bureau ne présente qu'une résistance de 5.000 ohms et même moins ».

Elle est encore fonction de la sécheresse ou de: l'humidité de la peau. L'élat de moiteur diminue en effet considérablement la résistance cutanée,

Les électrocutions dans les none) AuL clairement démontré. Une jeune femme possédant une santé vigoureuse, indemne de toute tare héréditaire et d’antécédents pathologiques prenait un bain et se lenait assise sur le bouchon de vidange métallique de la baignoire. Elle tire pour appeler Sa. femme de chambre le cordon de sonnette métallique qui se trouve à portée de sa main, Ellé est électrocutée.

Une enquête minulieuse prouva, en effet qu “ avait été abandonné autrefois dans le jardin de la maison des fils sans plomb restés branchés sur la canalisation intérieure, amenant l'énergie nécessaire à l'éclairage électrique. Il se produisait ainsi par la terre un retour de courant sur toutes les parties métalliques de la maison (1). 11 s'agissait d'un courant alternatif de 110 volts. Pareille tension n'eut pas produit la mort s

(4) Bulletin de la Société de médecine légale de France, 1945, T. 40,

l'humidité de la peau en diminuant la résistance, n'a- vail augmenté d'autant l'intensité,

Nous ne possédons aucun renseignement sur l'état de sécheresse ni d'humidité du cuir chevelu de nos deux blessés, Il est probable que la résistance de leurs tissus s’est maintenue intacte, car elle a certainement été un important facteur étiologique de brülures dont ils furent atteints.

La résistance de la peau dépend encore de la qualité du contact avec le conducteur électrique et de la surface sur laquelle s'exerce ce contact. Nous avons montré précédemment. qu'elle sera d'autant moindre que le contact sera meilleur et la surface plus étroite.

Envisageons maintenant l'influence du chemin parcouru par le courant à travers l'organisme.

L'effet produit n’est pas le même selon que le cerveau où le cœur est intéressé. Nous en avons dit un mot tout à l'heure à propos de l'intensité.

Quand, nous dit le Professeur Weiss, le cœur est traversé par un courant alternatif industriel dont « l'intensité efficace monte aux environs de 70 à 80 milliampères, il y a rapidement arrêt du cœur. 4 à 5 secondes suffisent pour cela. À mesure que l'intensité s'élève, la mort se produit de plus en plus rapidement mais il faut toujours au moins une à deux secondes d'action. Au-dessus d’une‘cCertaine valeur qui dépasse 5 à 6 ampères, le cœur ne s'arrête plus, mais il se produit. des brûlures intenses au point d’application des électrodes ».

« Quand le cerveau et non le cœur est sur le trajet du courant, le sujet ne court plus le risque de mourir par le cœur. L’inhibition du système nerveux entre . seule en jeu »,

Pour une tension de {oo milliampères et pour une durée de contact de 58 secondes, la respiration S'arsête momentanément, mais le cœur continue à bal tre. La respiration reprend après l'arrès du courant. : Avec une intensité plus grandes les choses se pessent de la même façon, mais il se produit des brûülures intenses au point d'application des électrodes.

En ce qui concerne nos deux électrocutés il est certain que, le contact ayant eu lieu au niveau du crâne avec le conducteur le courant retournant à ‘la terre d'autre part soit par les montants de la carcasse métallique d’un vitrage, soit par un pylone de fer, le cerveau et le cœur ont étéiniéressés. I] ne S'est produit d’issue fatale dans aucun des deux cas. Et nous interprétons ce résultat de [a façon suivante

* La tension considérable dont il s'agissait a prodt linhibition respiraloire, mais n’a pas arrêté le Cœur;

L'intensité très élevée n'a pas influencé non plus ceb organe.

Le cœur restant indemne « a décidé tout ». Encore une fois, bien que le cœur et les centres nerveux aient été intéressés par le passage du courant, c’est la valeur considérable dé la tension et de l'intensité qui a permis aux sujets d'échapper à la mort.

Et les seules lésions que l'on ait relevées chez eux après l'accident consistent en de profondes brûlures au niveau du Cuir chevelu et des os crâniens.

Vient enfin l'état subjectif ou psychique. I faut entendre par là la condition de résistance individuelle par: laquelle un sujet touche sans. inconvénients, une Hgne à un voltage élevé, tandis qu'un autre meurt par

un contact avec un conducteur dont la tension ‘est beaucoup plus faible, :

En somme dans le premier cas le contact est volontaire ou tout au moins l'individu a parfaitement conscience qu'il va réaliser ce contact, dans ke second il y a surprise. Celle-ci d'après Jellinek « à souvent des conSéquences désastreuses pour les fonctions vitales. Elles sont subitement arrêtées, paralysées. Quand on tient compte de cette circonstance On comprend pourquoi les victimes des accidents meurent de suite, tandis que dans l’électrocution américaine la mort était difficile à produire la surprise au moment du choc manquant dans cette opération ».

Nos deux sujets ont évidemment réalisé un contact par surprise et se sont trouvés par conséquent dans un état défavorable.

Ainsi donc le courant traversant fe cœur et ie cerveau des deux sujets en état de surprise psychique, n'a pu malgré ces conditions favorables amener la mort.

La hauteur de l'intensité et de la tension jointe à l'état de résistance du cuir chevelu sont les causes de ce résultat, comme elles sont aussi celles des-brülures profondes seules manifestations ‘de l’aetion électrique.

Les brûlures ainsi produites se sont présentées sur le cuir chevelu sous l'aspect d’une escharre notrâtre, d'étendue variable, non douloureuse formant un bloc homogèné, mortifié également dans tautes ses parties.

Elle paraissait scellée au milieu .des tissus et résonnait sous le choc du stylet.

Soit par sa chute spontanée au bout de quelques jours, soit par une excision jusqu'à l'os des parties

LOG Se mortifiées suivant presque immédiatement l'accident on se rendit compte que l'os sous-jacent élait nécrosé. . Il offrait en effet dans toute l'étendue de la lésion: « l'aspect blanc, sec, avasculaire ».

Ce séquestre dont les limites élaient très nettes, adhérait fortement à l'os sain. Il mit à se mobiliser selon les cas un temps variable, au bout duquel il fut possible de le soulever pour l’extraire. Une fois cependant il fut enlevé par trépanation.

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