‹ Brûlures et Nécrose des Os du CrâneChapitre 8 sur 19 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Etiologie. £

En essayant de pénétrer le mécanisme de l'électrocution nous avons pensé pouvoir comprendre, pourquoi dans les accidents que nous rapporlons, la mort n'a pas eu lieu et sous l'influence de quelles conditions l'effet du courant électrique ne s’est manifesté que par des brûlures intenses.

Chemin faisant, nous ferons donc application dans ce but, à nos blessés, des données générales exposées ci- “dessous.

Des travaux du Professeur d'Arsonval et de Jellinek de Vienne, il ressort que l'électrocution produit la mort de deux façons

Par l'action du choc sur la conscience et les fonctions psychiques : action psycho-inhibitrice.

° Par lésion matérielle directe sur les centres nerveux et sur le cœur, qui touchés:par l'électricité, sont ensuite plus ou moins endommagés.

Pour Prévost et Batelli la mort survient par arrêt du cœur ävec. trémulations fibrillaires, Jellinek

otre

a expérimentalement démontré que dans toute Sccousse électrique toutes les fonctions vitales c'est-àdire du cœur, des centres respiratoires, de Técorce cérébrale, sont affectées en même temps. Mais ici un fait nouveau est mis en lumière : linhibition des centres nerveux et respiratoires n'est que momentanée. :

Dès qu'ils retrouvent leur activité « tout dépehd du cœur, qui, s'il reprend! ses fonctions, enverra aux centres nerveux le sang oxygéné : C'est le cœur qui décide lout ». (Jellinek.) | :

Et dès lors on peut se demander si toujours dans les accidents, il est intéressé au même degré. S'il en était ainsi, l'effet produit serait le même, chaque fois que l'organisme se trouve en contact avec un Courant.

Or l'expérience ne vérifie pas le principe.

… IL existe, en effet, une série de facteurs capables de conditionner l'effet du courant.

Parmi ceux-ci les uns sont extérieurs au sujet, les autres sont individuels. ; er Dans la première catégorie nous étudierons

1° La forme, la-tension et l'intensité du courant:

2° Le mode, la durée et l'étendue de la surface du contact,

Tout d’abord la forme du courant n’est pas indifférente. On emploie dans l'industrie soit le courant continu, soit le courant alternatif, et le mode d’action de l'un et de l'autre est profondément différent.

Les courants continus en règle générale ne produisent la mort chez l’homme que si la tension est relativement élevée. C'est ainsi que des tensions dé 110,

220 volts utilisées pour l'éclairage électrique ou la force motrice d'un atelier ne donnent pas d'accidents graves, bien que Zacen rapporte plusieurs cas de mort avec une tension de 200 volts,

La traction électrique emploie des courants continus à bco volts. Assez souvent ils ont produit des accidents mortels. (Professeur Cluzet.)

Prévost et Batelli ont montré que des chiens pouvaient être Lués par une tension bien plus faible puisqu'ils opéraient à 70 volts. |

Nous regrettons vivement de ne pouvoir appliquer ici à nos électrocutés, ces données relatives au cou- rant continu,

Dans deux cas en effet publiés par Mason et Lester dans les « Annals of Surgerv » il n’a été question de la forma du courant en cause.

Dans les deux autres vas, l’un d’entre eux étant emprunté à M. le Professeur Quénu, le second nous ayant été communiqué par M. le Professeur Patel, nous savons qu'il s’agit d'un courant alternatif à très haute tension.

C'est encore à Prévost et Batelli que revient l'honneur. d'avoir précisé expérimentalement, la diffé rence d'action des courants alternatifs, selon leur tension et leur fréquence.

À 5o volts la fréquence est nulle. Pour une tension de »o volts elle est comprise entre 5o et roo périodes. |

Dans ce cas les courants alternatifs offrent le maxi mum de danger, puisqu'ils sont capables de provoquer la mort à un faible voltage. Or, de tels courants sont précisément ceux qu'utilise l’industrie.

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