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ÉPILOGUE

théon qu'il doil reposera côté de Voltaire etdeJean Jacques... N'est-il pas vrai, citoyens?

Voix dans la foule. — Oui... oui... au Pan théon !... Vive la Liberté !

L'officier de police. — Qu'iriez-vous faire au Panthéon?... Les portes en sonl fermées...

Aréna. — Nous les briserons.

L'officier de police. — Les abords en sont gardés... et, du reste, vous ne pourrez pas traverser la Seine.

Aréna. — Nous disperserons les sectaires, au nom de la Liberté.

Voix dans la foule. — Ce corps nous appartient!... — Il nous le faut!... — Nous l'aurons!... — Vengeance!... Le sang du colonel Le Planté a fait déborder la coupe déjà pleine!... Nous le vengerons!... Il faut qu'on nous le livre, ou nous mettons le feu à tout le quartier!...

Le général Jourdan. — Citoyens, notre malheureux ami a été assassiné... Il était jeune, il était bon, il était brave... et plein de cœur... Il a été trompé et il est tombé sous la balle d'un ennemi de la République... Ses mânes crient : vengeance !...

Cris dans la foule. — Vengeance !... vengeance !...

Michel le Planté, à l'officier de police qui cherche à parlementer avec lui. — C'est à vous de vous faire obéir, citoyen... Vous le voyez, moi je n'y puis rien.

Aréna, à Vofflcier. — Citoyen, vous voyez ce que c'est qu'un peuple qui revendique ses droits... Retirez-vous, si vous ne voulez pas à votre tour être victime de sa colère.

L'officier de police. — Qui êtes-vous donc pour me parler ainsi ?

Aréna. — Je me nomme Aréna et je suis représentant du peuple.

L'officier. — Vous n'êtes plus représentant du peuple... Au nom de la loi, je vous somme de vous retirer.

Aréna va pour protester. Il s'ensuit une bagarre indescriptible. Un officier à cheval s'est avancé jusqu'à la maison mortuaire pour se rendre compte de ce qui se passait et est immédiatement retourné vers la rue Honoré. Presque aussitôt, on entend le roulement des tambours et on aperçoit les troupes qui se mettent en mouvement pour fermer les passages.

Aréna. — A la force armée qui s'opposerait au passage de la Liberté, nous opposerons la force du droit et de la justice... Quel est l'homme assez audacieux, quand un chef de parti a parlé, pour s'opposer à sa volonté?... En marche, citoyens, au Panthéon!...

Des roulements de tambour dans la direction des boulevards annoncent qu'une troupe armée arrive de ce côté. Effarement général dans la foule, prise entre deux feux.

Michel le Planté. — Citoyens !... la famille n'a pas refusé de laisser porter le corps de mon fils

ÊML061 i: 'M.)

au Panthéon... Son cadavre ne nous appartient plus... Il appartienl à la République*... Mais, je viens de consulter mes amis... Il ne faut pus Paire, de ce pauvre corps mutilé, un drapeau... Le véritable drapeau, c'est te souvenir de mou malheureux enfant) <[im nous porterons haut et renne... Je tiens à le proclamer devant vous tous... si nous n'allons pas au Panthéon, c'est que nous ne voulons pas exposer ce cadavre aux mitrailles et aux balles de Bonaparte et de ses complices... Aujourd'hui, soyons tout au regret... et demain à la vengeance... Vive la République !...

Les cris de : « Vive la République!... » éclatent dans la Joule... Sur un signe de l'officier de police, le cortège se un i eti marche. Peu à peu le recueillement succède au tumulte, et le peuple, en suivant le cortège, qui tourne à gauche dans la rue Honoré, entonne le chœur des Girondins : « Mourir pour la patrie! »

Fouché, à Tarot. — Turot... vous accompagnerez le convoi jusqu'au cimetière... Le général Morand mettra des troupes à votre disposition pour qu'aussitôt après l'inhumation, les députés jacobins soient arrêtés et conduits au Temple où ils prendront la place des otages... Ordre de Bonaparte!...

Adrienne de Brillanne, les vêtements en désordre, les yeux égarés, est parvenue à se frayer un passage à travers la foule. .Elle contemple d'un regard hébété le cortège qui à ce moment entre dans la rue Honoré. Elle aperçoit dans le cortège le général Jourdan, se précipite vers lui et l'arrête.

Adrienne. — Général!... c'est vous!... Où est Maxime ?... Je veux le revoir... lui donner le baiser d'adieu... Conduisez-moi vers lui, je vous en prie... Vous ne répondez pas?... Ah!... je lis sur votre visage... ces funérailles... c'est lui... lui qu'on enterre ! Ah!... Maxime!... Maxime.

Le général Jourdan, très solennel. — Inclinezvous, citoyenne... Laissez passer les funérailles de la Liberté !... (Le cortège continue de défiler.)

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