ÉPILOGUE
ambition do consolider les destinées d'un peuple libre... de ne commander aux aations que L'admiration et le respect... mais c'est à les enchaîner qu'il est résolu à prostituer sa gloire. .
Voix diverses. — Le représentant a raison... Bonaparte ne sera qu'un tyran... Méfiez-vous... voilà des mouchards... silence... Écoutez!
Pendant ce qui précède, 1rs portes del'hôtel ont été fermées... el la \<»i\ des orateurs, qui ont pris la parole dans la cour, devantle cercueil, ;i été jusqu'ici [tordue dans le tumulte de la rue... A v.e moment, une voix plus puissante domine le tumulte... C'est alors que le silence esl réclamé impérieusement et que la voix d'Aréna parvient aux oreilles de la foule, de plus en plus dislincte au fur e! à mesure (pie le silence se rétablit.
La voix d'Aréna, dans la cour. — ... Et quels sont les forfaits de ces représentants du peuple dont Bonaparte a demandé la proscription au nom du salut public?... Je vais vous les dire... C'est d'avoir voulu demeurer fidèles à la Constitution de Tan III... d'avoir refusé de reconnaître le commandement irrégulier dont le décret de translation investissait Bonaparte... d'avoir protesté contre la tyrannie du sabre.. . de n'avoir cessé jusqu'au dernier moment de crier sous les coups des épées et clés baïonnettes : « Vive la Liberté !... » Honorables et glorieux'proscrits, félicitons-nous de cette proscription injustifiée qui, en nous séparant d'indignes collègues, ne permet pas que le soupçon d'avoir été un seul instant leurs com-
plices puisse jamais planer sur nous. Mais, de même que le soleil dissipe les ténèbres de la nuit et fait éclater la lumière, de l'obscur guet-apens du 19 brumaire sortira la vérité !... et la postérité, qu'on ne peut jamais impunément tromper, apprendra à nos arrièreneveux que, fidèles jusqu'au dernier moment à notre mandat de représentant du peuple... nous n'avons cessé de nous élever contre le despotisme, et son inexorable justice fera un jour regretter aux prescripteurs le sort des Proscrits : «... Vive la République ! . . . Vive la liberté !.. . Au Panthéon!... »
Ces cris de : « Vive la République!... Au Panthéon!... » sont répétés dans la cour, puis dans la rue, où une grande agitation se produit parmi la foule... Les portes de l'hôtel ont été ouvertes... le cercueil est transporté dans le char funèbre... Derrière le cercueil apparaît Michel Le Planté, grave et solennel, en grand deuil, entouré de ses parents, de ses amis et de ses serviteurs... Les députés jacobins emplissent la cour. Au moment où Michel Le Planté va se placer derrière le char, un officier de police, ayant un crêpe au chapeau, s'avance vers lui.
L'officier de police. Citoyen représentant,
j'ai l'honneur de vous informer, au nom du ministre de la Police, que le convoi devra suivre, pour se rendre au lieu de sépulture, l'itinéraire qui lui a été tracé, sous peine d'y être contraint par la force armée.
Aréna, s' approchant de l'officier. — Nous ne reconnaissons pas les ordres d'un gouvernement usurpateur... Le citoyen Maxime Le Planté est tombé victime de son amour pour la liberté... C'est au Pan-