LES NOUVELLES DE L'ARMÉE
pondre. Son frère regarda le vieillard, et Manuela devint pâle comme la mort.
— Je comprends aussi, mon père! ditStefano avec effort, en serrant la main de Rodrigue. Je vous ai juré d'aller remplacer à l'armée du roi le premier de mes frères qui aurait l'honneur de tomber sur le champ de bataille. Puisque je dois en remplacer deux au lieu d'un, je suis prêt à partir, mon père !
Manuela voulut s'élancer éperdue vers Stefano; mais ses forces succombèrent à une telle émotion, et. elle tomba évanouie dans les bras de Rodrigue.
Celui-ci l'emporta dans la chambre voisine, tandis que don Riaz retenait Stefano d'une main ferme; et quelques instants après, deux jeunes gens, l'escopette sur
280 MANDELA D'AVILEZ.
l'épaule, quittaient silencieusement le village de Pafiola.
Pedro ayant conseillé à son fils d'épargner à Manuela des adieux déchirants, Stefano avait embrassé en pleurant sa fiancée évanouie, et il avait juré d'être le lendemain matin dans les montagnes, où il était attendu avec Rodrigue par le général Cabrera.
Le grade de son plus jeune frère, don Peblo, lui était offert à cette rigoureuse condition.
€e Bnnitt pietolet.
Or, pendant un mois, Pedro et Manuela ne reçurent aucune nouvelle de Stefano.
Le mois suivant, le vieillard apprit que don Rodrigue était mort, comme Carlos et Peblo.
Le mois suivant encore, on lui annonça
282 MANDELA DAVILEZ.
que, de ses cinq fils, Stefano seul lui restait...
Confiant alors sa nièce à une famille qui éinigrait en France, le vieillard prit le dernier pistolet et le dernier sabre suspendus à son mur, et il rejoignit, son bâton à la main, la dernière armée de don Carlos.
MANUELÂ D'AVILEZ