UNE ÉVASION
hoinnie passa, fuyant à force de jambes devant une escouade d'officiers de police.
Si la course rapide de cet homme et les malédictions dont il était poursuivi n'avaient pas démontré qu'il venait de faire quelque mauvais coup, ses habits en lambeaux et sa mine bouleversée l'eussent^suffisamnient indiqué au moins clairvojiant.
Figurez-vous, en effet, la tournure du soldat de fortune le mieux caractérisé : quelque chose à la fois d'un bon vivant et d'un brave à l'épreuve de tous les périls, un air étranger d'ailleurs au niilieudes Espagnols.
Tel était le personnage après lequel s'essoufflaient, alcade en tête, tous les alguazils de la ville d'I...
Ils eussent couru longtemps sans atteindre leur homme, si celui-ci n'eût été retardé,
288 MANUELA D'AVILEZ.
de minute en minute, par les gens alarmés qui l'arrêtaient au détour de chaque rue, en répétant le cri : Arrétez-le! arrêtez-le! répandu comme un tocsin d'un bout de la cité à l'autre.
Favorisés enfin par un embarras de charrettes , les alguazils allaient mettre la main sur leur proie , lopsqu'elle leur échappa tout à coup, par une sorte d'enchantement, sans que personne pût dire dans quelle direction.
Le fugitif avait eu le bonheur et l'adresse de s'éclipser sous le hangar d'une maison dont les habitants le guettaient dans la rue.
Traversant la maison elle-même, il avait gagné ainsi une autre partie de la ville, pendant que les soldats dépistés se frottaient les yeux , se demandant s'il s'était englouti sous la terre ou bien envolé dans le ciel.