LES DEUX PROGRESSIONS. U
elle était occupée à lire dans les nuages, suivant sa coutume, depuis que sa gaieté avait cédé la place à la mélancolie ; et elle rêvait aux nouvelles instances dont Albert l'avait poursuivie pendant toutes les journées précédentes.
Il était environ quatre heures de l'aprèsmidi; le soleil, après avoir embrasé l'atmosphère, venait de disparaître, enveloppé dans d'épaisses et lourdes vapeurs; la mer, qui moutonnait au loin, imprimait de temps en temps de fortes secousses au navire, et tout présageait un orage.
La jeune femme contemplait, avec un plaisir sombre et inquiet, cet état convulsifet incertain de la nature, si bien en rapport avec celui de son âme.
Tout à coup le tonnerre commence à gronder dans l'éloignement, et de larges