‹ Brune et BlondeChapitre 14 sur 35 · LES DEUX PROGRESSIONS. M · texte numérisé non relu

LES DEUX PROGRESSIONS. M

Jusque-là, ayant trouvé le temps sûr et abandonné à M. Ledru la responsabilité du commandement, Bergerac s'était contenté de substituer à son habit une redingote quelque peu négligée, mais encore élégante. Le lendemain, il endossa une houppelande de bord, vêtement très- confortable, sans doute, mais dans lequel l'agréable commençait à être sacrifié à l'utile, et qui avait pour le capitaine', — attendu son embonpoint naissant, — l'inconvénient spécial de gâter sa belle et haute stature.

Au moment même où il parut pour déjeuner, dans ce costume, d'Harcourt sortit de sa chambre, vêtu d'un pantalon de Casimir noir et d'un habit vert, à boulons d'or ciselé ; fermé jusqu'au milieu de la poitrine, de façon à dessiner sa taille élancée, et à laisser voir les bords d'un gilet de soie blanche, croisé sur le linge le plus fin elle plus blanc.

En entrant dans le salon, il commença par saluer madame Bergerac, d'assez près pour se faire remarquer d'elle ; puis il sourit légèrement, en donnant la main au cataine, et il fit en sorte de s'asseoir à table auprès de lui, en face de sa femme, afin que le contraste ne pût échapper à cette dernière.

Quelques jours après, Bergerac, s'étant vu forcé par le gros temps de substituer à sa houppelande un vêtement plus solide encore, et de se coiffer de la casquette plate à mentonnières, qui entre dans la petite tenue des officiers de marine, Albert saisit l'occasion pour s'armer, de pied en cap, de sa toilette la plus nouvelle et la plus irrésistible.

Enfin, un autre jour, madame Bergerac se tenait assise toute seule sur la dunette;

Page 1