‹ Brune et BlondeChapitre 27 sur 35 · UN MED D'ANCRE · texte numérisé non relu

UN MED D'ANCRE

de la ilunctte. Mais il fit de vains efforts pour concentrer sa pensée et fixer son attention sur les chiffres dont il couvrait son papier. Le souvenir des événements et des impressions qui venaient de le bouleverser remplissait malgré lui son cœur et sa tête; et au lieu de songera son calcul, il songeait à sa vengeance, au lieu de chercher où était le Magnifique, il se demandait ce qu'il ferait de Henri d'Harcourt.

Quoiqu'il n'eût pas précisément surpris d'Harcourt aux pieds de sa femme, il pouvait parler et agir comme l'ayant surpris, les aveux de madame Bergerac lui donnant indirectement toute facilité pour juger et punir, et pour faire immédiatement l'un et Tau Ire.

Mais quelle satisfaction immédiate exiger d'un passager, à son propre bord?

L'idée d'un duel était la plus simple, et cent fois elle lui revint à l'esprit; mais encore un coup, Bergerac avait tué un homme, et il ne pouvait s'exposer à en tuer un autre!

Cependant il allait adopter ce parti insensé, faute d'en trouver un plus sage, lorsqu'un cri, retentissant dans tout le navire, parvint jusqu'à son oreille :

— Terre ! terre ! répétaient à la fois vigies, matelots et passagers.

Au même instant, M. Ledru, entrant dans le salon, annonça au capitaine qu'ils étaient en vue de la côte de Barbarie.

Cette nouvelle opéra une révolution subite clans les idées de Bergerac, et amena sur ses lèvres un sourire où il y avait plus d'ironie encore que de satisfaction.

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