ACTE IVrSCENE VI
Traîoez et vos fureurs et votre ignominie, . , , , . .
Prends garde ; un autre roi jadis m’avâit baïuiie; ' iVa Voir quel châtiment a vengé cet aHront.
THIERRY
Ciel ! aucun attentat ne fait rougir son front.
L’exoès dé son opprobre irrite son audace ; r'
Le juge s’épouvante et l’accusé menace ! \
Je pourrais oublier, dans mon juste courroux ,
Que vous fûtes ma mète.... Allez , éloignez-vous.'
J’aime à voir par quels maux mon injure s’expie ; Traîtres, goûtez les fruits de votre hymen impie.
THIERRY. '/a Ah ! c’est trop me braver ; un si cruel transport Aurait-il vainement sollicité la mort ?
Soldats !.... Mais non , Thierry n’est pas né pour le ctîme C’est au ciel à frapper sa Coupable victime.
Mon frère malheureux, vous chassant de chez lüi, • • Vous laissait quelque part un asile, un appui ;
Pour vous, dans l’univers , plus d’appui , plus* d'asile J ‘ Usez , dans l’abandon , votre rage inutile ;
Je vous livre au tourment, affreux à supporter.^
De concevoir le mal sans pouvoir l’enfanter. - .'i ... ' •
De contrée en contrée , errante , solitaire ,
Allez chercher au loin la table hospitalière ; . . -u . r ■ Implorez les secours dûs aux infortunés ; i . : ■. l
Mais cachez votre nom pour qu’ils vous soient donnés : Sortez de mon palais ; sortez 'à l’instant même.! ;
Et voilà donc l.’airèt de nt<>p juge suprême ! Squmettons.:aous } codons au sort qui me poursuit ;
5o . . BRUNEHAUT;
Une femme , une reine , au milieu de la nuit. . . î > THIERRY.
De la nuit ! Ah ! priez que le ciel favorable Etende autour de vous une ombre impénétrable !
Fuyez ; de votre aspect purgez enfin ce lieu.
Brunehaut i en fuyant , sera présente. . . . Adi^eu.
(A/Ze i'éloi^nû à pas lents; Clodomir mtirchm
derrière elle. )
THIERRY
Vieillard, que faites- vous?
CLODOMIR
Je la suis.
BRUNEHAUT {se retournant.)
Toi me suivre î ,
CLODOMIR
Par-tout où vous vivez , mon serment est de vivre. BRUNEHAUT.
Quoi! tu veux dans l’exil partager mes malheurs? CLODOMIR.
J’ai dans le sein des cours partagé vos grandeurs.’ BRUNEHAUT.
Demeure , 6 du devoir généreuse victime !
Que ferait près de moi ton dévouement sublime?
' CLODOMIR
Je mendîrai du pain ime seconde fois Pour la fille et la mère et la veuve des rois.
THIERRY
Non ; tel ne sera point le destin de ma mère ! pù portez-vous vos pas ?
• Dans le camp de Clotaire.'
, ( Eüe sort avec Cledowùr. )
ACTË ÏV> SCÈNE Vil Bi SCENEVII.
THIERRY, AUDOVERE.
AUDOVERE.
De Clotaire , Seigneur, vc^ n’avez point frémi!
Son désespoir la jette aux mains d’un ennemL AUDOVERE
Côpôndftnt* • • b
THIERRY
Qu’elle coure où sa fureür l’entraîne | Craignons son amitié , ne craignons point sa haine»
On ne me verra pas , quel que soit mon destin.
Sur ma mère porter ma sacrilège main.
AUDOVERE.
Ses complots c<mtre vous peuvent tout entreprendre» THIERRY.
Par de nobles moyens je saurai me défendre.
Contre les ennemis qui m’osent menacer Mes secours sont puissans ; j’ai , pour les repousser, lAlméric et un groupe de soldats paraissent. )
Le ciel et mon épée. ... et mes guerriers £dèles.
( S'armant. )
Le Neustrien farouche et ses hordes cruelles , Comme de vils troupeaux fuiront devant mes pas.’ Adieu, Madame.... et vous, venez , braves soldats ;
De vos bras généreux si l’ardeur me seconde ,
Ce jour sera fatal au fils de Frédégonde.
f IN DU QUATRIEME ACTE.