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Je vois dans quel dessein la reine y à l’instant mémey Appelle ici les grands : elle veut, Alboëmer Montrefr ses üls, marchant sous un sieul étendard.
Mais daignez satisfaire aux désirs d’un vieillard
Qui , dans l’éclat des cours, ou dans l'ombre des villes,
A pleuré trop long-tems les discordes civiles.
Et qui dans le tombeau descendra sans regtets,
Si ses regards mourans ont vu fleurir la paix ; ,
Quel pouvoir à des rois calmé la fiénésie ?
ALBOEME.
La superbe Bourgogne et l’ardente Austrasie
S’avançaient au combat} et de sa propre main,
La France allait encor se déchirer le sein.
Les deux camps murmuraient : « Nous attisons la flamme;
» Pourquoi / pour assouvir les fureurs d’une femme!
» Pour venger Bninehaut, que , des remparts de Metz,
» Son petit- flls chassa, las de ses longs forfaits!
M A la cour de Bourgogne elle a porté sa rage,
» Et le sang , à grands flots , eoule pour son outrage !
» Théodebert fit bien, quand il l’osa bannir;
Nous devons l’imiter, et non pas le punir. »
Thierry même, Thierry, gémissait en silence;
Mais de la reine enfin la sinistre influence '
Triomphait dans un cœur vainement fatigué Du fatal ascendant dont il est sub^gùë.
Déjà la charge sonne; un féroce courage Allait livrer la plaine bux horreurs du carnage,'
Quand de feux éclutans l’horizon silloné D’un noir rideau se couvre, et la foudre a toimé.
Un saint effroi retient et le glaive et la lance (i);
Soudain entre les rois Audovère s'élance î « Mon père, et vous, Thierry, dit-elle, arrêtez-vous.