‹ Brunehaut, ou Les successeurs de Clovis tragedie en cinq actes et en versChapitre 4 sur 50 · M W AV AA 4 A A · texte numérisé non relu

M W AV AA 4 A A

Je vois dans quel dessein la reine y à l’instant mémey Appelle ici les grands : elle veut, Alboëmer Montrefr ses üls, marchant sous un sieul étendard.

Mais daignez satisfaire aux désirs d’un vieillard

Qui , dans l’éclat des cours, ou dans l'ombre des villes,

A pleuré trop long-tems les discordes civiles.

Et qui dans le tombeau descendra sans regtets,

Si ses regards mourans ont vu fleurir la paix ; ,

Quel pouvoir à des rois calmé la fiénésie ?

ALBOEME.

La superbe Bourgogne et l’ardente Austrasie

S’avançaient au combat} et de sa propre main,

La France allait encor se déchirer le sein.

Les deux camps murmuraient : « Nous attisons la flamme;

» Pourquoi / pour assouvir les fureurs d’une femme!

» Pour venger Bninehaut, que , des remparts de Metz,

» Son petit- flls chassa, las de ses longs forfaits!

M A la cour de Bourgogne elle a porté sa rage,

» Et le sang , à grands flots , eoule pour son outrage !

» Théodebert fit bien, quand il l’osa bannir;

Nous devons l’imiter, et non pas le punir. »

Thierry même, Thierry, gémissait en silence;

Mais de la reine enfin la sinistre influence '

Triomphait dans un cœur vainement fatigué Du fatal ascendant dont il est sub^gùë.

Déjà la charge sonne; un féroce courage Allait livrer la plaine bux horreurs du carnage,'

Quand de feux éclutans l’horizon silloné D’un noir rideau se couvre, et la foudre a toimé.

Un saint effroi retient et le glaive et la lance (i);

Soudain entre les rois Audovère s'élance î « Mon père, et vous, Thierry, dit-elle, arrêtez-vous.

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