‹ Brunehaut, ou Les successeurs de Clovis tragedie en cinq actes et en versChapitre 42 sur 50 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Lbsprbcédbks, BRUNEHAUT, CLOTAIRE, SoiJ>ATS. {Les soldais se tiennent dans ^en-^ foncement, )

C’est moi ; reconnais-tu l’objet de ta fureur,

Thierry ?

' THIERRY

Je reconnais l’assassin de mon fréro; BRUNEHAUT.

.Comme lui tu devrais assouvir ma colère ;;

Ses crimes sont les tiens ; mais je veux épargnes Les jours d’un ennemi que je puis dédaigner.

( S 'approchant de Thierry et d A udovère. )

Oui ; nuJgré le forfait d’un couple sacrilège.

Sa faiblesse impuissante à mes yeux le protège.'

Vivez, je le permets, et pour moi c’est assez Que du livre des rois vos noms soient effacé.'

Sans pudeur, sans pitié, vous qui m’avez bannie;;.

A votre tour fuyez ; que yoUe ignominie

m ' B-RUNEHAÜT.

Dans quelcjue asile obscur se caclie, et que mes yeux Ne soient plus fatigués d’un aspect odieux.

THIERRY

Juste ciel î tu l’entends, toi dont la providence Permet que la fureiil'ébrase l’innocence,' '

Révèle-toi ; prononce entre le crime et nouf,

( ^4 Mmnehaut. )

Qu’un mépris insultant n’enchaîne plus vos coup»; Puisque mon bras est faible et mon cœur si timide^

Que de vos attentats le protecteur perfide

Ose donc s’avancer...; Clotaire , attaque-moi ; ^

Mais attaque-moi seul, ou tu n’es pas un roi.

CLOTAIRE

■Hier , tu t’erii. souvienè , je t’ai dit , ici même ,

Quels périls menaçaient tes jours, ton diadème^

Si tu ne livrais pas en mes sévères mains Celle qui vint troubler nos paisibles destins;

Le fléau des Français, la reine sanguinaire,

Que ma haine a promise aux mânes de ma mère î y ois quel prix a payé tes imprudens refus.

' THIERRY. "■ 'Attaque-moi , Clotaire, et ne menace plus.

CLOTAIRE, s' avançant entre Thierry et Brune-:

haut.

Non ; c’est trop prolonger l’erreur qui vous abuse j C’est trop souffrir qu’ici l’apparence m’accuse. Connais-moi : dans leur piège attirer les pervers,

Est 1 exemple que j’offre aux yeux de l’univers.

Je l’offrirai terrible.... U n’est plus de refiige ; ' Répondez et tremblez , Clotaii-e est votre juge.

{Les soldats s'approchent et entourent Brunehaut.')

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