SCENE III
Lbsprbcédbks, BRUNEHAUT, CLOTAIRE, SoiJ>ATS. {Les soldais se tiennent dans ^en-^ foncement, )
C’est moi ; reconnais-tu l’objet de ta fureur,
Thierry ?
' THIERRY
Je reconnais l’assassin de mon fréro; BRUNEHAUT.
.Comme lui tu devrais assouvir ma colère ;;
Ses crimes sont les tiens ; mais je veux épargnes Les jours d’un ennemi que je puis dédaigner.
( S 'approchant de Thierry et d A udovère. )
Oui ; nuJgré le forfait d’un couple sacrilège.
Sa faiblesse impuissante à mes yeux le protège.'
Vivez, je le permets, et pour moi c’est assez Que du livre des rois vos noms soient effacé.'
Sans pudeur, sans pitié, vous qui m’avez bannie;;.
A votre tour fuyez ; que yoUe ignominie
m ' B-RUNEHAÜT.
Dans quelcjue asile obscur se caclie, et que mes yeux Ne soient plus fatigués d’un aspect odieux.
THIERRY
Juste ciel î tu l’entends, toi dont la providence Permet que la fureiil'ébrase l’innocence,' '
Révèle-toi ; prononce entre le crime et nouf,
( ^4 Mmnehaut. )
Qu’un mépris insultant n’enchaîne plus vos coup»; Puisque mon bras est faible et mon cœur si timide^
Que de vos attentats le protecteur perfide
Ose donc s’avancer...; Clotaire , attaque-moi ; ^
Mais attaque-moi seul, ou tu n’es pas un roi.
CLOTAIRE
■Hier , tu t’erii. souvienè , je t’ai dit , ici même ,
Quels périls menaçaient tes jours, ton diadème^
Si tu ne livrais pas en mes sévères mains Celle qui vint troubler nos paisibles destins;
Le fléau des Français, la reine sanguinaire,
Que ma haine a promise aux mânes de ma mère î y ois quel prix a payé tes imprudens refus.
' THIERRY. "■ 'Attaque-moi , Clotaire, et ne menace plus.
CLOTAIRE, s' avançant entre Thierry et Brune-:
haut.
Non ; c’est trop prolonger l’erreur qui vous abuse j C’est trop souffrir qu’ici l’apparence m’accuse. Connais-moi : dans leur piège attirer les pervers,
Est 1 exemple que j’offre aux yeux de l’univers.
Je l’offrirai terrible.... U n’est plus de refiige ; ' Répondez et tremblez , Clotaii-e est votre juge.
{Les soldats s'approchent et entourent Brunehaut.')