‹ Brunehaut, ou Les successeurs de Clovis tragedie en cinq actes et en versChapitre 43 sur 50 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

H fallait un vengeur au céleste courroux ;

Le ciel m’a désigné pour diriger ses coups.

Et vous, des trahisons ô victimes fatales ,

De vos sanglans tombeaux, sortez, ombres royales! Formez avec Clotaire un tribunal puissant;

Çue le sang répandu s’appaise par le sang.

Dites....

C’en est assez ; je pourrais te confondre; J’épargne à ma fierté l’opprobre de répondre.

J’ai pu croire à ta foi ; j’ai mérité la mort.

Avec calme et dédain j’obéis à mon sort.

Mon supplice est affreux, puisqu’il est ton ouvrage; Mais l’avenir vengeur affermit mon courage.

Je’dévoue aux forfaits tout le sang de Clovis;

Le glaive immolera les pères par les fils ;

Sur vos débris sanglan&une race étrangère Elèvera bientôt son trône héréditaire ;

Et la destruction que j’appelle sur vous,

Fera taire les cris de mon ombre eh courroux.'

( Elle sort , suivie de quelques soldats j auxquels Ctoi taire fait un signe. )

Les phécédens, excepté BRUNEHAUT. .

THIERRY

Que tout ce que je vois m’interdit et m’étonne ! CLOTAIRE.

'Ainsi du ciel vengeur la justice l’ordonne.'

Moi, in’unïit avec elle ! As-tu pu le penser?

A servir se^ desseins j’ai paru tâ’abaisser, '

5g brunehaut: . .

Tout me le prescrivait ; le bonheur de la France]^

Le salut de mon peuple., enfin ta délivrance.

Mais, par la trahison te ravir tes états !

A tant de lâcheté je ne descendrai p^. .

Si jamais ta puissance éveille mes alarmes.

Ces bords me reverront , j’y porterai mes armes;

Et , soit que la victoire illustre mes drapeaux.

Soit que mon bras s’épuise en stériles travaux,

Je saurai te combattre en rival magnanime.

Et tomber sans opprobre ou triompher sans crime. THIERRY. '

Quelle grande leçon pour les forfaits heureux î Maisj Clotaire, à demi ne sois pas généreux ;

Su^ends le châtiment que lui garde ta haine !

Malgré ses attentats, elle est femme, elle est reine I Elle est ma mère !... Oppose à sa férocité Du cœur d'un souverain le calme et la bonté;

D’un reproche étemel affranchis ta mémoire,

Et que le sang versé ne souille point ta gloire.

CLOTAIRE. '

Au moment où je parle elle a vécu.

THIERRY

' . Cirand Dieu!

CLOTAIRE

A peine elle a quitté ce redoutable lieu ,

Ce lieu qu’ensanglanta sa fureur criminelle.

Que mille bras vengeurs se sont levés sur elle.

Son sort est consommé, je pars; mais souviens-toî. Qu’un roi sans fermeté n’est pas long-tenls un roi.

Eu vain ton cœur est noble et ton bras intrépide;

Tu perds ton peuple et toi , si ton ame est twûde.

Dons les murs de Soissons Clotaire satisfait .

AOTE V, SCENE V.

Peut repanûtre , il vient d’accomplir son projet. L’ombre de Frédégonde a reçu sa vengeance,

Et le jour de la paix luit enfin »ir la France.

Adieu.

( Il sort avec lès siens. )

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