SCÈNE XIV
Georges, Horace.
GEORGES, sans voir Horace et cherchant son billet à terre. — Ou diable l’ai-je laissé tomber? (voyant Horace.) Tiens ! je ne te voyais pas.
horace. — En regardant comme ça, ce n’est pas étonnant. (Feignant de chercher aveo lui.) Est-ce que tu aurais perdu quelque chose ?
GEORGES. — Non, rien, je réfléchissais, (a part regardant les vases vides.) C’était sérieux.
horace, riant. — Ce n’ étaient pas alors des réflexions bien élevées.
GEORGES, jouant l'indifférent. — Ab ! à propos, VHS-tu CC soir à Paris?
horace. — Heu! heu ! si tu venais avec moi, cela me déciderait peut-être.
Georges. — Tu sais bien que je suis condamné à admirer, ici, tous les défauts d’agrément de ma chère cousine.
BHliNES ET BLONDES.
Horace, avec bouhomie. — Après cela , si mou départ pouvait te servir.
Georges, un peu troublé. — Au contraire, je suis enchanté de ta présence.
horace. — Alors, cela se trouve bien, car si je reste, c’est pour réparer certaine conduite un peu légère, à laquelle tu n’es pas totalement étranger.
Georges. — Comment! j’aurais déjà mérité le blâme de ta vertu?
horace. — Oh! tu n’es pas le plus coupable , car enfin tu l’avais à peine vue, toi, n’cst-ce pas ?
Georges. — Ah ça ! de qui ou de quoi parles-tu?
horace. — Mais de cette personne que tu ne connaissais pas.
Georges, très-troublé. — Ah! tu veux parler de...
horace. — De Saubade, allons donc...
Georges, rassuré. — Non, je ne la connaissais pas, après?
HORACE, lui serrant la main. — D’honneur, mon cher, je ne te croyais pas de cette force. L’Afrique t’a parfaitement réussi.
GEORGES, ne comprenant rien — Mais, OUÎ, tu Vois.
horace. — Et si tu ne laissais pas voir quelquefois tou jeu, j’hésiterais à famé ta partie.
Georges. — Oh ! c’est un avantage que je crois pouvoir te faire.
horace. — Ah ! mon cher, c’est trop de générosité.
Georges. — Envers un si loyal protecteur de la beauté, trop de courtoisie est impossible.
horace. — Oh ! si je suis loyal, c’est autant par calcul que par vertu. Les mystérieux sont souvent si maladroits.
CUAB1TÉ BIEN ORDONNÉE. 271
Georges, impatienté . — Ta charade est pout-ètre charmante, mais comme je n’y comprends rieq... horace. — Vraiment, tu ne devines pas du tout ï Georges, raillant. — Dam! je soupçonne, qu’à défaut de la comtesse, tu accepterais volontiers la charmante tutelle que sa main abandonnerait.
horace. — A ta place, j’avouerais franchement que la partie me fatigue déjà. *
Georges. Comment ! est-elle donc entrain? horace. — Certainement, et je suis même assez content de mon jeu.
Georges. Ah ! bah!
horace. — Oui, et toi ?