‹ Brunes et blondesChapitre 16 sur 42 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Joseph seul, arrangeant les vases.

Qu’est-ce qu’ils ont donc tous, contre mes pauvres fleurs? et ceci, et cela, ils m’ahurissaient. — (n s’asseoit.) Éreintez-vous donc... ils veulent que ce soit Madame, ça m’est égal. — Tout ça, parce que Mademoiselle ne les aime pas. (se levant.) Oh ! celle-là, je la déteste tant que je finirai par la prendre en grippe, bien sûr. — Et dans tous le pays, c’est Mamzelle par ci, c’est Mamzelle par là. — Quelle hypocrite ! Si je voulais, moi aussi on m’aimerait, mais comme mon caractère est de bougonner, je bougonne, et on me déteste. Voilà où conduit la franchise. — Ça me donne des envies de tout... (il prend un vase. ) Oh! si ça ne se cassait pas, comme je te le briserais ! (il repose le vase tranquillement et le remplit de fleurs. ) Là!

est-ce que ça n’est pas plus gentil comme ça? Un vase sans fleurs, c’est comme un pâté sans truffes. (Regarda^

u porte.) Ah! ça mais, est-ce que je vas rester là ?

Tiens, tiens, les pigeons à Mamzelle Saubade qui grat-

■ Dytiinfuy Goo

CHARITÉ BIEN ORDONNÉE. 273

lent mes plants d’œillets; elle les aura dressés à ça pour me vexer Ali ! les brigands ! voyez un peu s’ils bou-

geront... (Voulant les effrayer avec son mouchoir.) Pcbllt! pcbut ! je t’en moque... (prenant le fusil.) On dit que les corbeaux sentent la poudre d’une lieue, les pigeons n’ont pas le nez si fin à ce qu’il paraît, alors faut que j’y aille.

(Eu roulant baisser le fusil le coup part.) Allons bon ! voilà le fusil , qui part tout seul. (Regardant.) Tiens, il a visé tout seul aussi... deux pigeons de morts. — (sortant.) Si je ne les cache pas dans mon pot, je suis perdu...

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