‹ Brunes et blondesChapitre 36 sur 42 · SCÈNE XY · texte numérisé non relu

SCÈNE XY

Saubade, Georges.

saubade, surprise. — Que signifie?... hier presque gracieuses, aujourd’hui... que leur ai-je donc fait?

Georges. — Oh ! rien, je pense. — Mais vous. Mademoiselle! pourquoi ne m’avoir pas dit... Oui, maintenant, plus je vous admire et plus je retrouve la jeune compagne de mon exil...

SAUBADE, lui donnant la main. — VOUS Voulez donc bien

me reconnaître à présent?

georges. — Pardonnez-moi, car en vous voyant, je n’ai d’autres souvenirs que ceux de ces temps heureux. Vous si jeune et pourtant si sérieuse !

Saubade. — Je prévoyais le malheur... {eiic pleure.)

georges. — Oui, je sais... mais enfin, si le hasard ne m’avait pas appris votre nom, ne m’auriez-vous donc rien dit ?

— -BigmetraHicfogle,

CHARITÉ BIEN ORDONNÉE. 303

s aubade. — Monsieur de Vaudrey m’avait donné ce conseil.

GEORGES, à part. — Ail le traître.! (Haut.) Et vous avez obéi sans regret?

saubade. — N’est-il pas presque un frère pour moi? georges, emphatiquement. — Certainement — oui, oui, oui. (a part.) Quelle candeur!

saubade. — Mais ces dames ! ces dames! pourquoi Cet éloignement?

georges. — Oh! une simple calomnie... écoutez donc, on n’est pas dame patronesse pour rien.

saubade. — Ainsi, c’était vrai, mais parlez donc. Monsieur.

geobges. — A quoi bon? elles parlent d’une entrevue secrète... ici... la nuit dernière.

saubade. — Et c’est moi qu’on accuse...

georges. — Qu’on voudrait soupçonner — mais, par des raisons que... des raisons à moi... enfin... vous me diriez cela est, je vous répondrais, non.

saubade. — Vous me trouveriez donc bien coupable? georges. — Comme c’est imposiblc...

saubade. — Cependant, Monsieur, si le bonheur d’une personne qui m’est chère dépendait de cette entrevue et qu’un hasard m’eût appris son péril. Si voulant en appeler à votre délicatesse, j’avais profité d’une erreur?

georges. — Comment... là... hier... c’était... saubade. — Oui, Monsieur.

georges, à part. — Cette fantasmagorie devient fastidieuse. (Haut.) Puisqu’il en est ainsi, Mademoiselle, veuillez excuser quelques expressions d’une poütesse un peu vive... qui, du reste, ne signifie... saubade. — J’ai tout oublié... maintenant, simon

inexpérience m’a trompée, je l’ignore, mais ma conscience ne me reproche rien.

Georges, Yivemeut. — Oui, oui, Saubade, oui, vous avez raison, vous êtes un ange... Mais moi, la cause de tout ceci... ne pouvoir vous défendre ; car, à présent, dire la vérité. . .

saubade. — Je le sais, mais rassurez-vous. Je ne subirai plus, ici, ni dédain, ni pitié, seulement laissez- .moi croire au repos de la comtesse. Au nom de votre honneur, je vous en supplie.

Georges. — Oh! oui, je vous le jure, si une femme m’est chère maintenant, ce n’est pas... Mais combien je suis coupable! Moi qui devais vous défendre, c’est moi qui vous üvre à ces absurdes soupçons.

saubade. — Ne vous reprochez rien, Monsieur; quant au sort qui m’est réservé, Dieu me donnera la force de le supporter sans me plaindre. — Adieu, monsieur Georges.

georges. — Vous partiriez ainsi, sans un regret pour l’aflfection la plus sincère, pour l’amitié la plus tendre... oh!

saubade. — Non, non, mais je le dois.

Georges. — Quand, près de vous je me sens moins incrédule. du bonheur... Vous n’aurez pas ce courage.

saubade. — Si, le devoir me l’ordonne; et au lieu de me retenir, vous l’ami de mon père... mais je ne dois plus vous entendre... Adieu, Monsieur, adieu.

(Elle s’éloigne précipitamment.)

georges, la suivant des yeux. Si jeune, si charmante, et malheureuse par ma faute ! Non, cela ne sera pas, la comtesse saura tout...

•••gitjitftedby Céogle

ClIABITli BIEN ORDONNÉE.

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