‹ Brunes et blondesChapitre 35 sur 42 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

Les Pbécédbnts, madame de Rbthel et Georges

qu'elle retient.

MADAME DE BETHEL, à Georges. — Du tout, VOUS resterez. Il nous faut un parrain pour Marguerite, et à défaut de monsieur de Vaudrey.

geobges. — Mais, Madame, je vous jure qu’il m’est impossible...

MADAME DE BBAISNE, bas à madame de Rethel. — VOUS VOUS

trompiez, c’était lui.

madame de bethel. — Cependant...

madame de braisne. — J’en suis sûre.

madame de bethel. — Mais retenez donc notre présidente, Mesdames.

CHABITÉ BIEN OBDONNÉE.

geobges. — Je donne ma démission.

léonie. — Vous ne pouvez refuser de conduire la rosière.

geobges. — J’abdique les grandeurs.

léonie. — Et depuis quand. Monsieur, cet excès de modestie ?

geobges. — Depuis que je fais de la morale, (n lui

baise la main.)

léonie. — La morale, en ce cas, vous ordonne de rester.

madame de bbaisne. — Monsieur a, sans doute, quelque rendez-vous.

geobges. — Précisément, Madame, et comme l’exactitude est une vertu...

léonie. — La politesse, pour cela, n’est pas un vice. madame de bethel. — Plaignez- vous donc? conduire une jeune fille choisie entre toutes.

GEOBGEÊ. — Hélas !

léonie. — Marcher, pompiers en tête, au bruit d’une symphonie guerrière!

GEOBGES. — Et quelle musique! (on entend quelques tambours.) La voilà qui s’accorde.

madame de bbaisne. — On sait que Monsieur préfère les nocturnes.

madame de betiiel, à Léonie. — N’est-cc pas aussi du goût de mademoiselle Saubade?

léonie, naïvement. — Oli! Saubade est comme moi, elle déteste les romances.

madame de bbaisne. — La romance est solitaire, mais les duos...

léonie. — Les duos?

madame de bbaisne. — Avec accompagnement de SOUpirS. (a madame de Betbel.) N’est-Ce pas Cela?

BRUNES BT BLONDES.

- madame de re FiiEL. — Oui, et c’est d’un 'effet piquant, la nuit.

léonib. à Georges. — Comprenez-vous, Monsieur?

GEORGES, troublé et la regardant avec attention. — Non, Madame.

madame de braisne. — Ah! eh bien! ma chère, puisqu’il faut tout vous dire; sachez que mademoiselle Saubade... La timide Saubade...

léonie. — Eh bien?

madame de BETHEL. — Oh! une entrevue bien innocente, et sans le mystère qu’on en a fait, ce tète-àtète nocturne...

madame de braisne. — Dites ce rendez-vous, car c’en était un.

léonie. — Saubade?

GEORGES, regardant Léonie. — C’est Une errCUT SailS

doute.

madame de braisne. — Vous croyez! alors il est fâcheux que Madame ait surpris ce scandale.

GEORGES, à part. — Ah! c’est elle.

LÉONIE, à madame de Rethcl. — Et VOUS êtes Certaine ?

MADAME DE RETHEL. Oll ! pOUT Cela...

GEOEGES, regardant toujours Léonie. — Mais avant d'QCCU-

ser... et madame de Vaudrcy pense ainsi, j’en suis sûr... (Regardant Léonie à part.) Eh bien! rien, elle ne dit rien!

léonie, piquée. — Je pense que la chaleur avec laquelle vous défendez Saubade, est d’une belle âme.

Georges, étonné à part. — Elle aussi ! oh ! c’est mal.

madame de braisne. — Du reste, ma chère, vous méritez bien cette leçon — secourir les malheureux, c’est fort bien, mais l’on n’admet pas pareilles gens chez soi.

Bigitizeé by^j0Ogle

CHARITÉ BIEN ORDONNÉE

madame de rethel, riant. — Comment donc ! une comtesse ! y Mendoza, y Centellas, y Gambao, y quoi encore ?

léonie. •— Non, une Yillarès tout simplement. georges, fivement. — La fille du comte, Saubade ! léonie. — Elle-même.

georges. — Parbleu! je disais aussi...

madame de BRAisNE. — Monsieur serait un ancien ami de mademoiselle Saubade?

georges. — Son père a été longtemps mon hôte, et je suis heureux de le dire.

madame de betjiel. — Il faut avouer que voilà une reconnaissance...

madame de BRAisNE. — D’un à propos merveilleux. madame de rethel. — La mémoire de monsieur Georges a fort bon goût.

georges. — Si toutes ces plaisanteries font partie de votre bienfaisance, j’en suis désespéré, vos bonnes intentions sont entièrement perdues.

madame de braisne. — Vous croyez?

georges. — Mon Dieu! oui. Vos insinuations charitables n’ont aucune valeur pour madame de Vaudrey. Elle ne soupçonnera pas celle dont elle connaît le cœur et la naïveté... et cela... parce que, mieux que personne... Madame est convaincue de l’innocence de tout ceci.

léonib. Vous me permettrez bien d’attendre encore, pour partager votre éloquente conviction.

georges, bas à Léonie. Comment, Madame, vous! madame de braisne. — On ne nous pardonne pas de garder nos soupçons ?

georges. — Oh! vous, ma tante, c’est différent. — Gardez vos soupçons, gardez vos bontés, gardez votre

fille, gardez tout, c’est la seule chose que je vous demande.

madame de BRATSNE. — Monsieur !

Georges. — Ma foi. Mesdames, si c’est ainsi que vous faites le bien, — parole d’honneur, pour faire le mal, on ne s’y prendrait pas mieux.

joseph, entrant avec Saubade, — Mademoiselle Marguerite vient d’arriver.

saubadb. — Oui, et si ces dames...

MADAMB DE BETHEL, à Georges. — Oll! ne VOUS fâchez

pas, Monsieur, de protecteur à protégée, nous n’interviendrons pas. (Les dames saluent cérémonieusement Saubade et se retirent.)

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