SCÈNE IX
Les Précédents, Saubade, très- triste.
GEORGES, à part sur le devant de la scène. — Ail! ÇR, mais, je
vais, est-ce que ce serait sérieux ? Diable ! la rechute serait dangereuse avec une pareille coquetterie.
LÉONIE, allant à Saubade. — VOUS arrivez OU lie peut plus
à propos, Saubade... Avez- vous pensé à notre duo? nous devons le répéter ce soir, vous savez.
saubade, tristement. — Je suis désespérée. Madame, mais un peu souffrante depuis ce matin, je n’ai pu éludier ce morceau.
léonie. — En effet, vous avez l’air triste, mon enfant, mais il faut pourtant que je sache ce duo. Il s’agit de notre concert annuel pour les orphelines. ('Mouvement de saubade.) Je ne veux pas toujours répéter la même bergerie, comme madame deRethel, par exemple. Son chevreau noir a bien tantôt deux ans, et pour im chevreau... même noir.
Georges. — C’est un fort bel âge assurément.
léonie. — Cette grande tristesse n’a pas, d’ailleurs, un motif bien sérieux, je pense; un dessin perdu, un oiseau envolé...
saubade. — Non, Madame, cependant si vous le permettiez...
léonie. — Je n’exige rien, Mademoiselle, et du moment que cela ne vous plaît pas...
saubade. — Je suis prête à vous obéir, Madame. (a part.) Oh ! mon Dieu !
iéonie. — C’est bien, mon enfant, je vous attends. (Regardant Georges.)Ali ! Saubade, laites enlever ces fleurs, je vous prie, tout de suite, et qu’on ne les remplace
BBUNES ET BLONDES.
pas. — Les fleurs me déplaisent mortellement ce soir.
— (saluant Georges.) Monsieur d’Ervillers...
GEORGES, saluant. Madame... (llsort.)
LÉONIE, à Saubade en rentrant chez elle. — Je Compte SUT VOUS.
saubade. — Je vous suis, Madame.