SCENE VII et DERNIERE
La scène représente une autre partie de la plaine.
Au milieu est un rocher ; la nuit est tombée,, la
lune éclaire.
SR U T V S s'avance tt monte pAstemint sur le rocher, suivi
Je O'A R D A N l Uï , Cf I T PS, S T R A TO B,
£ Util U S., qui sont accablés de lassitude.
» Brutus.
V*n er, derniers témoins de mon destin terrible. Arrêter près de moi votre course pénible.
( Brutus s’assied sur la pierreil est plonge
dans ses pensées , le coude appuyé sur ses
genoux et la te te sur ses ma tus. Approche - toi.CUtus, Straton, Dardaniu», Volumnius, Varrort, cî roi bon Lucius,...
De César , par deux fois, au milieu de* ténèbre* , L’ombre m’est apparue, et, par se* cri* funèbres. Elle a glacé mes sens et m'a prédit mon sort. 3c lui résiste en vain, cédons lui par la mort. Eh , que m’importe, hclas 1 de rester à la. vie Quand, sruî, je ne puis plus défendre ma patrie, Quand de lâches Romains , causes de nos revers. Attendent les tyrans pour' rentrer dans les fers j Quand le peuple égaré sur notre renommés Abjure ses soutiens, abandonne l’armée, En ne secondant pas ses efforts généreux , Et se livre lui - même en son délire affreux. ( Il se lève et scs serviteurs l’imitent ; il donne son
épée a Lucius.
Lucius, tiens ce fer, que je m’y précipite*.
Lucius, épouvanté, et se retirant avec
les autres.
Que me proposez - vous 1 Seigneur, je -vous évite.
B R U T U S, vivement.
Vous me délaissez - tous au comble du malheur I
Lucius.
Qui pourrait s’empêcher de reculer d’horreur , A des ordres pareils ?
( Le bruit des alarmes redouble. )
UES V O ï X j qui crient en s'approchant.
Fuyons en diligence.
( en trayersant la scène. ) Fuyez , Romains, fuyez le vainqueur qui s’avance >’ B R U Tl" S h? CASS 2 US,
Luc i u j , resté seul avec Bru tu s.
Mon maître, sauvons - nous.
B R U T U s , avec une sombre fureur.
Oui, mai* dans le tombeau.
Ouvre - le sous mes pas, ou je suis ton bourreau.
Lucius.
Plût aux dieux qu’au vainqueur mon sang pût sa-
t sfaire, .
£t m’épargner l'horreur d’un cruel ministère!...
( Une alarme. Une retraite, Des cris de
vicioirt. -— On apporte de tous côtes des
torches 'allumées. ) >
En tremblant.
Mais, Brutus, je vous sers, tout me fait un devoir D’obéir sans répliqué a votre désespoir.
( Il lui prend la main , y colle ses lèvres ; il tient
ermite son épée et détourne fs yeux. )
B U U T U S se précipite sur son épée' et expire
' i 'ii prononçant ces dernières paroles.
Je me meurs Ainsi donc tout passe et se con-
somme!...
Abusive Vertu, tu n’étais qu'un fantôme !
Les croupes ôCj^ntoine et. d Octave commencent
a. remplir h théâtn ; Tar toile Combe.
t»c i’in o. éc ohambcNj rue de» Gra*tb Augustins,