‹ Brutus et Cassius, ou La bataille de Philippes, suite de "La Mort de César", tragédie en vers et en 2 actes, imitée de l'anglais de ShakespearChapitre 3 sur 14 · SCÈNE PREMIERS · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERS

B RU T tr S , L U € 1 ï I U t.

sein de l'amitié verra - t - on Cassius S'empresser de venir satisfaire Brurns, D’un outrage sanglant réparer l’injustice, € BRUTUS ÆT CASSIUS, Et d* ses passions modérer ie caprine ?

N’en doute point, ton frère (*) ardent à nousservir* Est près de re rejoindre au gré de ton désir ; JDeSardis, à ma voix, il a quitté les plaines Et dirigé vers nous ses légions romaines :

Fuisse la Liberté, vous ayant réunis , Combattre dans nos rangs contrejfgjf ennemi»!

Elle n’a plus que nous pour prendre sa défense ; I/’univers de long-trmi' v-a perdre sa présence , Si nous sommes vaincus. Dans Rome ses autels Sont déjà renversés par de lâches mortels , Esclaves tour - à - toar du tyran qui menace Et se« accusateurs quand il n’a plus d’audace. L’esprit public n’est plus qu’un mélange odieux De plaintes , de regrets, de cris séditieux ; Antoine a comprimé le sentiment sublime En montrant la verttt,sou* les aspects du crime. Octave, Lépidu» , tous doux chefs d’assassins , Aux mânes de César immolent les Romains ; Nous sommes en horreur parmi ces homicides Qui s’excusent ainsi de leurs noirs parricides. Nos fidèles amis , errxns , infortunés , Maudissant tous le jour sons lequel ils sont nés , Pour ne pas compléter d’horribles hécatombes-, vVivans, morts, ou proscrits descendent .dans les

tombes , Et, comble de disgrâce en cts tems malheureux, jBrutus et Cjassius sont divises entr’eux 1

(* ) L’amitié avait fait de Brute* et caisiu» deux frère» par use adoption mutuelle et voiontzire, et il* s’es donnaient je sein cotante s’ils fussent «ortii du même sein.

L U C I L IÜS.

Il* ne 1« aèrent plua, pour sauver !a patrie , Quand tout-le» en conjure et lea réconcilié»

Comment t’a - t - il reçu ?

Dana les plut hauts transport* D'une vive amitié.

Brut u s.

Trop vulgaires efforts D’un cœur qui s’attiédit \

Lucilzus.

Ne lui ft.ii pu l’injure De croire que son cœur recèle l’imposture.

Je n’en ai paa besoin dans mes cuisans fhagrin»,' ■

Le soupçon n’est pas fait pour le» républicains , Livre - toi sans contrainte à la juare assurance Que l’un de l’autre est digne et vaut la confiance» ;

( Une marche se fait entendre au loin. )

Il approche, offrons - nous au devant de set pas;

( Cassius parait avec ses soldats à l'entrée du

samp ; il fait faire halte tt vient embrasser

Mrutus. ) «

$ RUT US ÆT CASS JUS; . -:rSi

JCÉNE II.

J1RUTUS, CA SS I US, LUC IL 1US, svit*,

O Mon frère 1 ô Rrutus 1 serre- moi dan* tes bra* , 3’y vien* tnsev«i:r une sensible offense 1

• S R U T U S , avec sang - froid.

Que le ciel sur rçsa têt# épuise a* vengeance , Si par moi Cass lin fut jamais offensé !

J’aurai* bien plu* ce droit d’accuser le passé.

Cette itoïcité que ton anse déploie Mc rendrait aux tourmen* auxquels je fus en proie.

B R U X U S , toujours avec calme.

Je peux bien supporter te* excè* furieux.

Mais de l’armée ap moins n’en blesse? pas les yeux ; Feions la retirer, et psisons dans tente.

( Ils donnent chacun les ordres à leurs lieutt-

narts d'éloigner les troupes de la tente de

jBrutus et sortent "ensemble, )

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