‹ Brutus et Cassius, ou La bataille de Philippes, suite de "La Mort de César", tragédie en vers et en 2 actes, imitée de l'anglais de ShakespearChapitre 5 sur 14 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

TIT.TNIVS, MESSAJÙA , LVCÏIIV 1 et autres chefs paraissent. J3R u Tu S, c AS S lus.

UHRR .'ERS qui,partagez notre même fortune, Venez dei itérer pour la cause çommuue • Titioe-, Messala ( .imber , Luciüus , Aidez de vos conseils Brutus et Cassius.

În'ous touchons au moment funeste ou favorable D ! assurer zuxRomains un sort moins variable : Vainqueurs, nous leur rendons gloire , célébrité, Amour de la patrie , élans, sublimité ; Vaincus, nous leur laissons la honte et l’esclavage - Où déjà les tyrans enchaînent leur courage.

Grands Dieux, ne souffrez pas que qos concitoyens, Si libres et si fiers, reprennent des liens 1 Malheur aux êtres vils, scélérats , ou stupides, Qui ne t’émeuvent point aux coups liberticidesi Quant à nous que tout porte à garder l'étendard Levé contre an parti qui regrette César , Sachonsmpurir poxrRome ou vaincre pour sa gloide; En tont perdant , au moins, saurons notre mémoire.

C A S 5 X U S , rêvant en lui - même.

Forcia , tu n’es pius 1

Écarte ce penser....

L’ennemi sur Philippe a paru s’avancer ; Devons-nous en ces lieux attendre qu’il arrive, Qa voler au devant de sa marche tardive ?

TRAGEDIE. . r$

Je croi* qu'il faut l'attendre.

Et pour quelle raison ?

G a s i i u s., Pour le faire sortir de sa position , Le fatiguer du route, éteindre son courage»

Troubler son eafiipement à notre voisinage-; Alors, bien reposés, nous lui livrons combat Et u’exposons pas tant le salut de l’état.

Je ne me range point à l’avis de mon frère; J’erribrasse, à cet légat d , un sentiment contraire , . Et je pense obtenir un succès plus certain En cherchant l’ennemi pçar l’attaquer soudain. Entre Philippe et nous des peuples indociles Cultivent à regret des campagnes fertiles , Ils «Craignent de fournir à nos besoins divèrs, Et gardent tout pour ceux qui leur rendront des fer si Métrons derrière nous cette indigne contrée ; Antoine n’y pourra' recruter son armée , Elle est faible de nombre, et nous sommes complets. Abandonnons au sort nos plus grands intérêts ; Avançons sur irhüippe ; il est dans la nature Une maturité constante et toujours sûre , Après laquelle ii faut nécéssairsment choir Et suivre son déclin qui finit sans espoir ; Nous sommes dans ce cas salutaire à nos armes , Sachons en profiter et sonnons les alarmes.

Tous.

Oui, partons pour Philippe • «6 BRUT Us S T CAS S 1U si

Allons, braves amie,'

puisque yous adhérez à mon dernier avis ,

Soyons prêt* à marcher demain avaat l’auror».

La nuit est descendue, aile* jouir encore

D'un moment de repo*. A demain Cassius.

C A s * I U S , avec affection.

' Demain avant le jour j'embrasserai Brutus :

Adieu; daigne 1* ciel exauçant ma prière,

Verser un doux sommeil sur ta triste paupière

( ils s'embrassent.)

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