‹ Bruxelles à travers les âgesChapitre 122 sur 192 · IX · texte numérisé non relu

IX

à l'hôtel de ville où, dans un cabinet dépendant du logement du concierge, s'était réfugié le baron Vanderfosse, gouverneur civil du Brabant méridional.

M. Pletinckx exposa avec énergie l'urgence de la formation immédiate d'une garde urbaine, à la tête de laquelle il importait de placer un chef à même d'exercer de l'influence sur les masses populaires. Plusieurs noms furent prononcés, entre autres ceux du duc d'Arenberg, du baron d'Hooghvorst, de M. Basse, chef d'un grand établissement industriel.

Mais, en attendant l'adhésion de ces sommités, il fallait prendre une décision ; c'est ce que fit le gouverneur du Brabant : il offrit à M. Pletinckx le commandement en second de la Garde bourgeoise de Bruxelles, en lui disant qu'il comptait sur son expérience militaire pour ce poste d'urgence et de confiance. En même temps, le gouverneur écrivit un ordre ainsi conçu :

Ville de Bruxelles.

Est nommé provisoirement, comme commandant en second de la Garde bourgeoise, M. Charles Pletinckx, officier pensionné.

Bruxelles, le 26 août i83o. Le Gouverneur,

Baron Vanderfosse.

Le duc d'Arenberg était absent, ainsi que le baron d'Hooghvorst; on ne pouvait, par conséquent, compter sur leur concours immédiat. Une députation se rendit alors chez M. Basse, pour lui offrir le commandement en chef de la garde bourgeoise de Bruxelles.

Cependant, M. Pletinckx, armé d'un vieux sabre de Damas, que l'on trouva à l'hôtel de ville, sortit en compagnie de M. l'échevin de Neufcourt, qu'avait délégué le gouverneur. Un tambour les précédait.

On parcourut ainsi la Grand'Place et plusieurs rues principales où, après un ban battu par le tambour, l'échevin délégué annonça à haute voix la formation d'une garde bourgeoise et la nomination de M. Pletinckx comme commandant en second de cette milice, chargée de veiller au maintien de l'ordre. Le quartier général fut établi dans le corps de garde attenant à l'hôtel de ville.

M. Basse y arriva bientôt; mais ayant appris que ses ateliers étaient menacés par un rassemblement tumultueux, il dit à M. Pletinckx :

* Ne comptez plus sur moi ; je dois me consacrer sans réserve à mes intérêts personnels. »

En parlant ainsi, il s'éloigna pour ne plus revenir.

M. Pletinckx restait donc seul, mais bien résolu à faire face à toutes les exigences de la situation. Pendant qu'il donnait des ordres et préparait toutes ses dispositions, il reçut la visite d'un de ses amis, d'un patriote éprouvé, M. Fleury-Duray, qui fut un des plus éminents généraux de l'armée belge. M. Pletinckx, qui connaissait son énergie, lui demanda son concours officieux, à titre d'ami, en attendant un mandat

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