CHAPITRE X
sans défense. De l'artillerie fut envoyée dans la direction prise par les patriotes. Les Hollandais avaient déjà fait usage de la leur.
Pendant que tant de braves versaient leur sang pour la défense de la patrie, des individus se plaisaient à répandre des bruits alarmants. Les volontaires sont battus à Dieghem, disait l'un; ils ont tons été massacrés . — A Monplaisir, ajoutait l'autre, tous les bourgeois ont été cernés ou sabrés. — La ville est entourée ! criait un troisième, personne ne
Attaque contre les troupes hollandaises hors de la porte de Flandre le mercredi 22 septembre iS3o. Fac-similé d'un dessin de Th. Fourmois, communique par M. Th. llippert
pourra plus sortir, et on va nous bombarder. — Les troupes entreront, poursuivait un autre, et il ne sera pas tiré un coup de fusil...
Ces bruits divers jetaient une certaine irrésolution dans les esprits; on s'attendait pour le lendemain matin à une attaque générale. Aucun plan de défense n'était organisé; le désordre qui avait régné les jours précédents n'avait pas permis de se concerter. Beaucoup de bourgeois se proposaient de se retirer dans leur maison et d'attendre que l'on vint les forcer à se défendre. Les principaux citoyens sur lesquels l'attention publique s'était portée depuis les événements d'août, voyant leur sûreté compromise et ne sachant si on les défendrait, prirent le parti de se réfugier aux frontières ou de se cacher : chacun craignait d'énoncer un avis, on ignorait si un cri de guerre aurait trouvé beaucoup d'écho.
Dans la soirée du mercredi 22, la Gazette des Pays-Bas publia la proclamation suivante :