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AVIS

Le marquis du Chasteler, autorisé par le commandant en chef de la garde bourgeoise de Bruxelles, de former un bataillon de chasseurs volontaires bourgeois, invite tous les jeunes gens de Bruxelles à venir prendre connaissance du règlement établi, et à se faire inscrire pour faire partie de ce corps. Le lieu de réunion est place de la Monnaie, tous les jours, à midi précis.

Bruxelles, le 2 octobre i83o. Le commandant en chef,

du Chasteler.

Fac-similé d'un autographe de Juan Van Halen. (Voir page 33g.)

Un grand nombre de jeunes gens répondirent avec un égal enthousiasme à cet appel (1) et insensiblement ce corps prit, dans le public, le nom de Chasseurs de Chasteler.

Quelques jours après que le marquis eut accepté le commandement du nouveau

(1) Parmi ces jeunes gens figuraient MM. J. Van Schoor, B. Hanssens et J. Verheyden, qui ont siégé ensemble au Sénat; M. Ed. Ducpetiaux et Eugène Verboeckhoven. M. Pletinckx s'y engagea comme caporal, bien qu'il eût obtenu du gouvernement provisoire un brevet de colonel.

corps, Mme du Chasteler, s'associant à l'ardeur patriotique de son époux, offrit aux volontaires un drapeau tricolore en soie, dont les bandes avaient été cousues par elle et par la comtesse Delannoy et adaptées à une lance enlevée à un soldat hollandais dans une récente rencontre.

Une particularité qui aura échappé à beaucoup de monde, c'est la disposition adoptée pour le placement des couleurs : elles sont horizontales dans le drapeau offert aux chasseurs, alors que les indications officielles prescrivaient leur placement dans le sens vertical. Le drapeau portait pour première inscription les mots : Chasseurs volontaires bourgeois, et ce ne fut que sous les murs d'Anvers, sur l'objection que ce drapeau ne désignait pas la commune à laquelle appartenait le corps, qu'un jeune peintre du nom de Brias, qui faisait partie de la compagnie, fut chargé d'y ajouter : de Bruxelles.

Les chasseurs Chasteler firent leurs premières armes à Malines (1). On connaît leur conduite héroïque à Waelhem, où l'un d'eux, le jeune Emile Lebceuf, planta l'étendard national à la tête du pont, sous le feu des Hollandais.

- Lebœuf, dit M. Vandersypen, eut sa blouse déchirée par la mitraille et le drapeau, qui déployait pour la première fois ses plis devant l'ennemi, fut percé de plusieurs balles. Il resta exposé pendant une grande partie de la journée, et c'est au

(1) Ils s'y rendirent dans des voitures à quatre chevaux qu'un des leurs, M. Lefèvre. maitre des postes, avait mis à leur disposition. Ils partirent du café Suisse, place de la Monnaie.

Drapeau des chasseurs Chasteler.

milieu du feu le plus vif que Lebœuf, accompagné cette fois de ses camarades Edouard et Auguste Michaux, J.-B. Demoor, Lucien Leclercq et Auguste Baeckx, alla le reprendre (i). «

C'est à l'ombre de ce glorieux drapeau que succomba, à Berchem, le brave Frédéric

de Mérode, dont le cénotaphe, dû au ciseau de Guillaume Geefs, orne, depuis 1837, la chapelle de la Vierge à la collégiale de Sainte- Gudule.

L'uniforme primitif que les chasseurs volontaires de Bruxelles avaient adopté, lorsque, vers la fin de septembre i83o, ils étaient de garde à la Bourse, place de la Monnaie, se composait : d'un bonnet en peau noire, la partie supérieure en drap vert-pomme avec floches aux couleurs nationales retombant du côté droit, et sur le devant un cornet brodé en argent surmonté de la cocarde, — d'un col noir, — d'une blouse bleue bordée de lisérés verts, — de cordons et floches en laine vert clair, — d'une ceinture en cuir laqué noir, — d'une giberne en cuir laqué ornée d'un cornet en argent (dans le principe et pendant la campagne, plusieurs chasseurs avaient suppléé à la giberne par une gibecière), — d'un pantalon de drap marengo noir avec bande en drap vert clair, —

Uniforme primitif des chasseurs Chasteler. D'après une eau-forte de Faber communiquée par M. Th. Hippert.

de gants noirs.

Pour la tenue d'été, pantalon blanc, guêtres blanches.

Le 14 novembre i83o, sur la proposition de leur commandant, le général du Chasteler, et de plusieurs autres membres du corps, les chasseurs ajoutèrent à cet uniforme, mais uniquement comme petite tenue, la redingote-veste, en drap vert, croisée sur la poitrine, et le chapeau tyrolien.

(1) Le souvenir de cet épisode historique a été perpétué par un tableau, dû au pinceau de C. Payen, qui orne la salle des réunions du conseil communal de Waelhem.

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