CHAPITRE IX
26 mai 1806 par M. Beyts, inspecteur général du ressort. L'école de droit de Bruxelles, que le décret d'organisation de l'université de France transforma plus tard en faculté de droit de l'Académie de Bruxelles, fut supprimée en même temps que les facultés des sciences et des lettres de la même Académie par arrêté royal du 19 avril 1817. En même temps que le préfet des Deux-Nèthes fondait à Anvers une école primaire de médecine à l'hôpital Sainte-Elisabeth, le préfet de la Dyle,
Le marchand de chansons.
Fuc-simile d'une lithographie de J . Madou.
M. Chabant, organisait à Bruxelles une école de médecine, de chirurgie et d'accouchement, qui eut pour professeurs titulaires MM. Caroly jeune, Curtet, Fournier et Terrade; pour professeurs honoraires MM. Carpentier, Dupont, Ferrât, Lambert, Mormaux et V.erdeyen, et pour prosecteur M. Ponte (1). L'école de médecine de Bruxelles exista jusqu'au moment de l'érection de l'université libre, dans laquelle elle se fondit.
L'université impériale comprenait autant d'académies qu'il y avait de ressorts de cours d'appel. Bruxelles ayant une cour d'appel devint en conséquence le chef-lieu d'une Académie, qui comprenait les départements de la Dyle, de l'Escaut, de
(1) L école de médecine de Bruxelles n'étant destinée qu'à l'instruction des officiers de santé, les Belges qui voulaient acquérir le grade de docteur en médecine ou en chirurgie devaient aller puiser leurs connaissances et subir leurs examens dans des établissements situés hors du territoire de la Belgique.
Jemmapes, de la Lys et des Deux-Nèthes (les provinces de Brabant, de la Flandre orientale, de Hainaut, de la Flandre occidentale et d'Anvers). L'Académie de Liège ayant été supprimée, celle de Bruxelles s'enrichit de la plus grande partie de son ressort. Le chef-lieu de la Dyle eut en outre un lycée, auprès duquel furent organisées des facultés des sciences et des lettres.
Une faculté de droit, une faculté des sciences et une faculté des lettres, des cours de médecine, plus des cours de médecine incomplets, tels sont les établissements d'enseignement supérieur que le régime français, en 1814, léguait à l'administration qui allait lui succéder. Après avoir établi trois universités à Leyde, à Groningue et à Utrecht, le gouvernement des Pays-Bas nomma, le 8 novembre i8i5, une commission chargée de préparer l'organisation du haut enseignement dans les provinces méridionales. Cette commission fut composée de MM. de la Hamaide, avocat général près la cour supérieure de justice de Bruxelles, le baron de Broeck, le chanoine de Bast, les professeurs Sentelet, Lesbroussart père et Rouillé. La commission fit son rapport en 1816 et le roi Guillaume, l'ayant approuvé, le rendit exécutoire le 25 septembre de la même année, sous la dénomination de Règlement sur l' organisation de l' enseignement supérieur dans les provinces méridionales du royaume des Pays-Bas. Comme suite à cette mesure, l'ancienne université de Louvain fut rétablie, deux autres étant fondées à Gand et à Liège. Bruxelles perdit ainsi l'espoir de conserver ses établissements d'instruction supérieure, mais il obtint des compensations. En vertu de l'article 3 du règlement, des cours publics de sciences pouvaient être adjoints à chacun des athénées, surtout dans les provinces où il n'y avait pas d'université. Au commencement de 1827, on appliqua cette disposition à la capitale, par la création du Musée des sciences et belles-lettres de Bruxelles. On y organisa des cours publics et gratuits d'histoire nationale, d'histoire générale, de littérature ancienne, d'astronomie, de physique, de chimie, d'histoire de l'architecture et de littérature hollandaise. Les professeurs auxquels le gouvernement confia ces cours furent : MM. Dewez, secrétaire de l'Académie royale des sciences et des belles-lettres de Bruxelles, inspecteur des athénées et collèges dans les provinces méridionales du royaume (histoire nationale); Ph. Lesbroussart, professeur de rhétorique à l'athénée royal de Bruxelles (histoire générale); Baron, ancien professeur de grec à l'école normale de France (littérature ancienne et moderne); Van de Weyer, avocat et bibliothécaire de la ville de Bruxelles (histoire de la philosophie); Kickx, membre de l'Académie royale des sciences et des belles-lettres de Bruxelles (botanique) ; Vanderlinden, membre de la même Académie (histoire naturelle); Quetelet, membre de la même Académie et professeur de mathématiques transcendantes à l'athénée royal de Bruxelles (physique et astronomie); Drapiez, secrétaire de la commission du musée de Bruxelles, remplacé plus tard par M. Ch. Guillery; Roget, architecte de la ville de Bruxelles (histoire de l'architecture), et Lauts, professeur de hollandais à l'athénée royal de Bruxelles (littérature hollandaise). On y ajouta plus tard des