CHAPITRE V
LA COLLÉGIALE DES SAINTS MICHEL ET GUDULE
Palais du la Bamiuf Nationale.
La Colonne du Conçrrès.
Originaireinent à rextrémité de Bruxelles et ]:)resque adossée à ses remparts — dont une partie intéressante subsiste dans les jardins mêmes des maisons dominant le chevet de la collégiale — celle-ci s'élève à lun des points culminants de l'agglomération : la colline de Saint-3lichel. On se rend compte de l'escarpement par le fait ciue trente-cinq degrés conduisent au portail principal, alors qu'on accède par dix-sept marches au ])ortail nord, qu'enfin par le portail sud on pénètre de plain pied.
Commencée vers 1220. Sainte-Gudule fut en construction trois siècles durant et, dit Schayes ', « dansées diverses parties, elle présente un spé-
'■ Histoire de l'Arcliitecture en Belgique, t. II, p. 145.
LA COLLÉGIALE D F. S SAINTS MICIIKL ET GUDULE
cimen complet des styles (rarrhiteeture ([ui se succédèrent durant ce long espace de temps, » Parmi les architectes associés à la construction.
La Collégiale des Saints Michel et Gudule.
on cite Jean Van Ruysbroeck. l'auteur de la flèche de l'Hôtel de Ville.
L'ensemble est empreint de majesté. L'impression produite par ses tours massives de 68 mètres de haut est saisissante. Il est visible, d'autre
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part, qu'on ^esi montré soucieux, par des adjonctions successives, de rehausser l'effet du décor.
Isolée conii)lèlenient. précédée d'une rue large et droite et d'un ])arvis de création récente également, surélevée en quelque sorte par un escalier en terrasses, enrichie de sculptures (modernes), bordée de ram])es d'acc>s aux candélabres multiples, la Collégiale façonnée, mise en valeur ])ar des ouvriers habiles, se présente, baignée de lumière, comme un i()\au serti avec art. Peut-être son cadre, rendu troj) s])acieux. affaiblitil plutôt qu'il ne renforce l'aspect de sa grandeur. C'est le cas très fréquent des églises qu'on dégage. ■^■- ' " " "' "i"'-^- <*;''-,
Chose non douteuse, les époques et les styles successifs ont laissé leur trai-es dans son architecture. Le cliunir et la croisée datent du XIlI^ siècle; les tours du xix'*-' siècle, sinon du suivant; les chapelles latérales
sont, l'une du xvi" siècle, l'autre du xvir' siècle, et la chapelle absidale,
, ég"alement en hors d'œuvre. ne remonte qu'à l'année 1673. Restaurée de
■ ^" 1848 à 1856 par Suys père, ornée d'un jjcrron en 1861. on l'a complétée,
\^ récemment, en Hjcx). i)ar une nouvelle sacristie. I )e 1)eaux arcs-boutants
superposés soutiennent les murs de la net centrale C(nironnée d'une rampe ajourée dont le motif ornemental affecte plus ou moins la forme d'un K. Ce qui. au gré de Schayes. ferait dater cette partie de la construction du règne de Cliarles de Bourgogne ou de Charles d'. Autriche. Cela nous paraît quelque i)eu cherché. Les porches latéraux sont des ajoutés ])urement modernes.
J, 'immensité de l'édifice est frapjîante et c'est chose à peine compréhensible que l'on se soit montré soucieux, au début du Xlll'-' siècle, de doter d \\\\ tenqjle de cette importance une ville d'aussi faible étendue que l'était alors Bruxelles. L'intérieur désarme la critique. Peu d'églises laissent une impression plus profonde. L'appareil complètement déroché imprime au coup d'œil une sévérité que ne troublent point le.s surcharges décoratives.
'rA^*^ A'u (h' la grande nef, longue de 108 mètres, le chœur, avec ses colonnes
CAdindriques, ornées de bouquets de feuillages supportant de belles et puissantes ogives en gothique primaire, couronnées d'un merveilleux triforium "J) aux arcs multiples et ingénieusement raccordés, les quatre magnifiques ^. -^^ verrières jetant sur le tout leur note à la fois riche et mystérieuse, présente un ensemble de splendçur peu fréquemment réalisé. / , Les vitraux du sanctuaire sont anciens ; on a cru pouvoir les attribuer / (à Rogier Van der Wej'den, L'erreur se réfute d'elle-même, attendu que les personnages qu'on y voit figurés sont ^laximilien d'Autriche et 3Larie de Bourgogne ; Philippe le Beau et Jeanne de Castille ; Charles-Quint et
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P'erdinand. son frère ; enfin Philippe II et .Marie de Purtuo-al, sa première femme, tous postérieurs à la mort du grand maître.
Plus près de la vérité est que l'illustre peintre semble avoir trouvé dans -^ le chœur de'Sainte-tTudule le motif du fond de son précieux triptyque des Sept Sacrements, créé pour la cathédrale de Tournai et aujourd'hui au musée d'Anvers,,;,',,
Jean II. duc de Brabant , mort en 13 12 ; MaroLierite d'York, sa femme; Antoine de Bourgogne, fils de Philippe le Bon. mort en 1 43 1 ; Ernest d'Autriche, gouverneur des Pays- Bas, d'autres princes et princesses, dont un fils de Louis XI. et le prince héritier. Louis. iDremier né du roi Léopold I*"', mort en bas âge. en 1834, sont iiih unies dans le choeur. Le mausolée de Jean II. surmonté d'un lion de cuivre, et celui de l'archiduc Ernest, mort en 1595.
qu'on voit dans le chœur à gauche et à droite, furent érigés aux frais de l'archiduc Albert.
La figure tombale, en marbre, de l'archiduc Ernest, en armure et couronné, la tète appu3'ée sur la main, est l'œ^uvre du fameux sculpteur anversois Robert de Xole, travaillant, à ce qu'il semljle, d'après le dessin d'un peintre. Josse de Beckberge.
Quant au lion de cuivre doré, pesant trois mille kilos, du monument de Jean II, il n'est pas, comme on peut le lire dans la majorité des guides, l'œuvre d'un sculpteur du nom de Jérôme de Montfort, lequel n a
lu .NL'urdeiu.
Sainte-Gudule. Le portail sud.
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BRUXELT.KS
pas existé mais dr T^an dv .Monttorl dont il porte la signature avecla date : iGio. Jean de Monttort est un artiste eonnu. H fut ehambellan de la cour dr. anhiducs. ami <le Kubens et de van Dyek. lequel a
Sainte-Gudule. La nef principale.
t'ii'jto Neurdeia.
laissé de lui un admircd)le portrait, aujourd'hui au musée de Vienne. Les stalles du chœur proviennent de l'abbaye de P\)rest. La chapelle du Saint-Sacrement, latérale, du côté de TEvangile (à gauche), fut érigée -en 1539, pour glorifier les hosties miraculeuses qui, profanées, rendirent du sang. Elle leur doit sa parure principale : quatre immenses verrières, dessinées par Bernard van Orley et .Michel Coxcie, peintes par Jean Haeck,
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LA COLLK(iIALE DES SAINTS MICHEL ET (.UDL'LE
sur les cartons retraçant les divers épisodes de eet événement fameux dans l'histoire de Bruxelles. Ces o-randioses moreeaux. jdaeés de 154O à 1547, furent exécutés aux frais de . Charles-Quint, de Ferdinand, roi des Romains, son frère, de PVançois 1''', de .Alarie de Ilono-rie. de Jean 1 II de Portugal, tous parents de l'Empereur.
A la partie inférieure des verrières se voient les portraits des princes précités et de leurs épouses, de Marie de Hongrie et du roi Louis, son é])oux. L'n cinquième vitrail, moderne, (euvre de Jean-Baptiste Capronnier, occupe le fond de la chapelle. Il représente l'exal-
^ tation du vSaint-Sacrement et complète
remarquablement cette splendide décoration.
L'autel en bois sculpté, également moderne, que domine cette dernière pièce de la série, est fouillé avec un J remarquable talent. 11 est l'œuvre des 'frères Goyers, de Louvain. C'est dans le chœur de cette chapelle que sont déposés les restes des archiducs Albert ^ et Isabelle. du]:)rince Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas, sans c|u"aucun monument soit consacré à leur mémoire.
En revanche, il }' a de somptueux mausolées du Président Roose. du Conseil privé, mort en lôj;, . tle son petit-fils Pierre, etc.
A signaler encore les épitaphes de Lucrèce de Grobbendonck 1570-1617 mathématicienne célèbre et de la famille de Schotte ou Schotti que surmontait le portrait d'une dame de la famille, par van Dyck. une des toiles envoyées d'Angleterre à TExposition des œnivres du maître, organisée à Anvers en 189g.
Appliquées aux ])arois. de charmantes figures de saints, sous des l)'ildaquins délicatement ouvrés, méritent de compter parmi les j)lus jolies productions de leur genre, en Belgique.
La chapelle latérale sud dont l'autel a été décoré d'une statue de Xotre-
Vitrail de Sainte-Gudiile.
Marie de Hongrie et son Epoux.
Dame de Lourdes ino-énieusem(uit éclairée par une comljinaison de lumières latérales, est. avons-nous dit. du XN'lT' siècle, (1649-1653^, Consacrée à Notre-Dame de la Délivrance, elle, aussi, est décorée de vitraux du ])lus merveilleux coloris. Ces belles verrières furent exécutées en
1656 ])ar Jean de la Inirre, d'Anvers. <ra])rès les cartons de Th. van Thulden. un .brillant élève de Ru- IxMis. Ces cartons existent toujours au .Musée des ^Vrts décoratifs.
l,es vitraux oi^i apparaissent les ])()rtraits des iVrchiducs Albert et Isabelle, de l'archiduc Léopold Guillaume, de l'emioereur Ferdinand III et de l'im])ératrice Eléonore, sa femme, de l'empereur Léopold I" sont, peut-on dire, les plus beaux que Ion connaisse de leur temps.
Aussi cette chapelle a-t-elle fait, de la part de quantité d'artistes, l'objet d'intéressantes peintures.
C'est le matin, surtout, qu'il faut la voir. Les vitraux, alors puissamment éclairés, atteignent leur maximum d'effet décoratif.
Plusieurs monuments de sérieuse valeur sont érigés dans la chapelle de Notre-Dame de la Délivrance. On y voit notamment les
mausolées du comte Frédéric de
Vitrail de Sainte-Gudule. ,, , , n r
Charles Quint et Isabelle dePortugal. iMerode. mortellement frappe pen-
;', j ;-,,., pli) dant les combats de la Révolution
belge, œuvre très remarqual:)le du ciseau de Guillaume Geefs. et de Félix de 31érode, frère du précédent, homme d'Ltat. mort en 1857. par Ch.-A. Fraikin.
L"ne toile importante de F. J. Navez. élève de David et, peut-on dire, le propagateur le ])lus fervent de son style en Belgique, décore la même chapelle. Elle représente V Assomption de la Mcrgc et mérite de compter parmi les meilleures toiles de son auteur.
S'il n'est pas d'église belge dont la parure soit comi3arable à celle de
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Sainte-Gudule. pour ce qui concerne les vitraux, lacollégiale, en revanche est aujourcriiui extrêmement pauvre en peintures.
Deux vastes triptyques de .Michel Coxcie, peintre estimé du xvi' siècle et que Pliilippe II chargea de copier pour lui V Adorât io)i de V Agneau de van Evck. sont exposés dans le transept. L'un de ces ensembles représente le Criitifiemeiit, l'autre la légende de la patronne de Téglise. Elles furent créées quand le peintre avait atteint sa quatre-vingt-douzième année !
La chapelle absidale en hors-d'œuvre. dédiée à sainte ^larie-.^Lld('-
Guillaume Geefs. Mausolée du comte Frédéric de Mérode frappé pendant la Révolution.
Sainte-Gudule.
leine, est décorée d'un magnifique autel de marbre Vjlanc. provenant de la chapelle de l'abbaye de la Camijre.
L'attention du visiteur est surtout attirée par deux immenses verrières ^ décorant le transept et où. dans une ornementation d'extrême richesse, sont représentés Charles-Ouint et Isabelle de Portugal ; 3larie sa sœur, et son époux, le roi Louis de Hongrie, tué à la bataille de -Mohacz.
Le vitrail du Jugement dernier, surmontant le jubé est l'œuvre de Jacques Floris. donnée par l'évèque de Liège Krard de la 3Iarck. dont on y voit les armoiries et le portrait. Les créations conservées du peintre verrier Jacques Floris. frère du célèbre peintre Frans Floris. sont des plus rares. Celle-ci est datée de 1528.
]]]< r.\i:i.LKS
Le vaisseau est à trois nefs. I )ans le collatéral siul le ])r('niier vitrail en quittant le transei)t. a été consacré par le roi l.éo])ol<l I"' à la mémoire (le la reine Louise d'Orléans, son épouse, morte en 1.S50.
Immédiatement sous «-e vitrail se trouv(" le l^eau monument en mar-
l'hulo Neui-iiein.
Chaire de Sainte-( ludule.
bre, œuvre du sculpteur Lug-, Simonis, érigé en 1846 àTabbé L.-J. Triest, fondateur et bienfaiteur d'écoles d'enfants pauvres. C'est un morceau de très grande distinction.
Fameuse est la chaire de vérité de Sainte-(Tudule, créée en i6gg par le sculpteur Henri N'erbrugghen pour l'église des Jésuites de Louvain. L'impératrice ,^larie-Thérèse la fit transférer à la collégiale de Bruxelles, au moment de la sui)pressionde la Compagnie, par Clément XIV, en 1776.
LA COLMCGIALE DES SAINTS MICHEL ET G U D U L E
Verbrug-gen. sculpteur habile, mais imbu de tous les défauts d'une époque de décadence a représenté Adûui et Eve cliassés du Paradis Terrestre. Son œuvre est un prodige de réalisation matérielle et, à cet
l'UijlJ -NouriKm
La Colonne du Congres.
égard, mérite la célébrité dont elle jouit. Au-dessus de l'arbre de Science, la Vierge et l'enfant Jésus. Les haies qui enclosent le motif principal, n'appartenaient pas à la création primitive. Elles furent ajoutées en 17S0 par un sculpteur du nom de van der Haeghen, et sont d'ailleurs des plus remarquables.
Comme dans beaucoup d'églises flamandes, d'immenses statues d'apôtres s'alignent aux piliers de la grande nef. Chacune représente le don de quelque paroissien généreux, chose faite pour expliquer l'importance
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excessive que revêtent ces pesants morceaux de sculpture. A remarquer (pi'ils émanent des sculpteurs les plus réputés du temps : Jérôme Duquesn()\ . Jaic Fa\(riier])e. Jean van .Mildert, contemporains de Rubens dont ils trahissent riiitlucnce.
Chose très curieuse, les collatéraux de Sainte-Gudule sont dissemblables. 'J'andis que le l)as côté sud a ])our supporter la voûte des piliers de plan rectangulaire, ceux du l^as côté nord sont en faisceaux prismatiques, ce qui ne laisse ])oint d'offusquer un peu Toeil si. se i)laçant sur les degrés du cho'ur, on porte le regard vers la grande nef.
ISainte-Gudule n'en est pas moins une création empreinte de haute majesté et. nonobstant des adjonctions ])arasites,^ offrant, dans ses diverses parties, des 1)eautés de premier ordre. Le chœur,)tout particulièrement, avec son ])ourtour, est un morceau (Tarchitecture accompli.
La collégiale possède un trésor de grande richesse, où figure un immense ostensoir donné par la famille dWrenberg en 1837. 1^ '^ pour aut(Hir un orfèvre de T^rague et coûta plus de 25.000 francs. On y voit, à la partie su})éri(Hire. une ])etite barque en or et en diamants, donnée en 1843 par la duchesse d'Arenberg jiour remplacer le petit bateau qu'avaient offert autrefois des matelots en exécution d'un vœu et qui fut dérobée.
Les objets (Tune grande valeur artistique ou archéologique, en revanche, n'abondent ])oint dans le trésor, Lxceptionnel, est un reliquaire de la vraie Crmx, légué à Sainte-(Tudule par les archiducs Albert et Isabelle. Il est cruciforme et porte, en caractères anglo-saxons, une inscription destinée à faire connaître que le reliquaire. prol):il;)lement du X*^ ou du Xl"^ siècle, fut consacré ])ar Aethlmer et son frère Athelwold à la gloire du Christ ])our l'âme d'Aelfric. leur frère. A la partie postérieure, on lit l'équivalent de : « Draliinalinr in\i fait »', A tous égards, la pièce est fort intéressante. On \- distingue, au revers, les emblèmes gravés des quatre.' évangélistes.
Le trésor de Sainte-Gudule conserve aussi la croix de diamants qui entourait les hosties miraculeuses.
Il détient en outre des lampes en vermeil, entourant lj;iutel du Saint- J .Sacrement, les jours de grandes fêtes; de splendides vêtements sacerdotaux, le tout relativement moderne.
' H. Logeman : Le reliquaire de la Vraie Croix au trésor de l'église des Saints Michel et Gudule, à Bruxelles {Mémoires de VAcaJ. royale de Belgique, t. XLV, 1891).
PALAIS DR LA BAXQL'L XATIOXALI- 51
Sortant de la collégiale par le portail nord, un imp(jsant édifice nous fait face : le ])alais de la Banque Nationale, une des j^remières sinon la première des nombreuses constructions en st^•le Louis XVI très répandues ensuite à Bruxelles. 11 a pour auteurs MM. IL Beyaert et
La Colonne du Congrès, vue de la place du Marché du Parc.
Winand Janssens ; les détails en sont d'une somptuosité et d"un goût remarquables, les proportions colossales, encore que la façade soit à étage unique. Xous avons parlé de Lornementation. Confiée à deux artistes français de grande valeur. .^L^L Plongeon et Houtstont. le premier enlevé par la mort avant l'achèvement de l'œuvre, le second fixé ensuite à Bruxelles où il a créé une légion d'ornemanistes comptant parmi les meilleurs du pays. La Banque Nationale date de 1865. Sa
façade fui la i^remière où l'on .sculpta sur place la pierre blanche, chose alors inconnue en Belgique.
La distribution intérieure, extrêmement l)ien conçue, inaugura le système des grands JuiUs rassemblant les guichets, séparés du public par des cUnsons vitrées.
Le chevet de Sainte-Gudule a été récemment complété par Tadjonction d'une nouvelle sacristie. Plusieurs des maisons qui lui font face, apparaissent déjà dans les vues du XVIT siècle. L'ancienne cure, sur le même alio-nement. s'adosse à la ])remière enceinte, dont, au fond du jardin. subsistent des parties fort intéressantes. Sainte-dudule en formait un des points extrêmes.
Par la rue de Ligne, rue que tra\'erse la montagne de l'Oratoire — à A-oir. en passant, bien conservée, une» intéressante façade du XVll'^ siècle — , nous atteignons la Place du Congrès bordant la rue Royale. Décrivant un rectangle de go mètres sur 50. la place s'y raccorde par deux rampes et un escalier. Une balustrade semi-circulaire, ornée de candélabres, contourne le plateau orné de végétations, où s'élève la colonne commémorative du Congrès national et de la Constitution belge de 1831. son œuvre. Cn panorama merveilleux se déroule d'ici aux regards du promeneur.
La disposition générale de la ])lace et de ses abords fut tracée par Cluysenaar 1811-18801 ; les grands hôtels latéraux, ainsi que la colonne elle-même, sont de J . Poelaert 11816-1879) dont le nom devait bientôt s'attacher à l'une des conceptions architectoniques les plus considérables du XIX'' siècle, le Palais de Justice de Bruxelles.
Issue d'un concours ouvert en 1850, la colonne du Congrès, dont la première pierre; fut ]3osée le 14 septembre 1850 par Léopold I"'', fut inaugurée ])ar le même souverain le 25 septembre 1859. Deux architectes : J. Dens d'Anvers et J. Poelaert, de Bruxelles, avaient partagé les suffrages du jury: le projet de Poelaert fut adopté. Haut de 46 mètres, portant à son sommet limage en bronze du j)remier roi des Belges, par (luillaume Geefs ,1806-1883 . It' monument est décoré à sa base de quatre figures de bronze s3'mbolisant les grandes libertés inscrites dans la Constitution : liberté des Cultes, liberté d'Association, liljerté d'Enseignement et liberté de la Presse. Ces quatre- statues sont respectivement de Simonis. de Fraikin et de Joseph Geefs. L. vSimonis est. en outre, fauteur du haut-relief, les Provinces belges unies par le génie de la Belgique, également des beaux lions en bronze gardiens de la colonne. A la base de celle-ci on peut lire, gravés dans le marl)re. les noms des membres du Gouvernement pro-
LA COLON XK DU CONCRKS
visoire. le texte de la Constitution, et les noms de ses auteurs. Ensemble à la fois intellig-emment conçu et remarquablement réalisé.
Du haut de la colonne, dans une sérieuse mesure, déjà, de la place du Congrès, la vue embrasse de très vastes horizons : la masse verdoyante du parc royal de Laeken. où se dresse le monument élevé à Léopold I" par
Plioto Nf^urdein.
L'colise Sainte-Marie.
la reconnaissance publique : la nappe étincelante du canal de Willebroeck; la voie ferrée se perdant dans les lointains brumeux, les prairies arrosées par la Senne, et là-bas, là-bas, vers le nord, une tour massive, celle de Saint-Rombaut, à .^lalines. 31ème par les temps clairs, on peut voir se dessiner la flèche de Xotre-Dame d"Anvers !
Sur le ciel, dans la direction de l'ouest, se découpe un arbre désigné dans la langue populaire comme « Tarbre-ballon » dont la couronne a effectivement une forme parfaitement sphérique. Les érudits le nomment « l'arbre de Ferraris », le fameux ingénieur autrichien !i726-i8i4i en
51 BRUXKI^T.KS
avant fait une des l)ase.s de sa triano-ulation pour la levée du plan des environs de Bruxelles.
A^ers Test, c'est la rue Koxale où. sur de beaux liori/.ons. se détache u-randiosement. le dôme de Sainte-Marie et. ])lus ])rès. la lio-ne vraiment très noble des serres du jardin l)ot;ini(|ue tan(bs (|ue. vers le sud. dans le ])rolon<4-ement des somptueux hôtels de la brillante artère formée par la rue Rovale, se dresse, colosse de ^lierre, le babylonien Palais de Justice. Tableau vraiment grandiose d'une (Mté florissante, donnant l'évidence de sa richesse, entretenue ])ar sa sur])renante ac^tivité. Nous sommes d'iiilleurs ici à l'iui des sommets les ])lus élevés de l'ag-o-lomération. La ]jlace du Congrès sur])lomlje de ])lus de i 2 mètres la j^lace dite du iMarché du Parc, vers laquelle descend un escalier monumental de 82 marches, divisé en sei)t ram])es inégales, sur une largeur de }o mètres.
Ce l)el ensemlde. ])artie intégrante du plan d aménagement de la place, en 1850. ne répond à sa destination (j^ue dune manière imparfaite. Les quartiers qu'il est a])])elé à desservir sont médiocrement en rapport jusqu'ici a\"ec son im])ortance.
La rue de la Loi.