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CHAPITRE VIII

LE MUSÉE MODERNE

Lancienne chapelle royale. - Cabinet des Estampes. - La construction dépendances. — Les Galeries du Musée.

et ses

locaux de' :,:„: '^^^ '" '""''' ^"^ ''°" P^-'- d-- les

locaux de .. 1 Ancienne cour », où sont logées les collections du Musée

de pe,nture moderne, les Archives de l'État et qu'enfin Ion accède au Cab.net des Estampes, occupant, nous lavons dit, le premier a.e de a B.bhot eque royale au-dessus de la section des Manuscrits dSan comme elle, de Tancien palais de Charles de Lorraine La salle de lecture des manuscrits a conservé comme boiseries meuW dLe part.e des collections du Gouverneur „énéral

du U ,'" "^ P^^^^''':"-" -'8- po.^ un palais. l'entrée en hémicvcle du .M see moderne, du haut de la place, forme un corps d'archite u e agréable. Décorée de pilastres et de bas-reliefs, couronnée de tlphéel et dune statue de femme représentant, dit-on, Marie-Théré e, e^le

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en réalité, grand air. Sur la droite, une des quatre portes de la façade curviligne, donne accès à l'ancienne chapelle royale, aujourd'hui affectée au culte protestant. Bâtie en 1760 — la première pierre en fut posée par Charles de Lorraine — c'est, à une échelle fort réduite, on l'a observé déjà, la disposition de la chapelle de Versailles.

Sa haute voûte en berceau décorée d'une peinture de Ileilbrouck, ses galeries à colonnes, ses belles décorations en stuc en font un ensemble très élégant, une vraie chapelle princière du XVIII" siècle.

La porte principale franchie, le caractère autrichien de la construction s'accuse avec une évidence complète. Le vestibule, en rotonde, à voûte extraordinairement surbaissée que ne supportent point les colonnes doriques appuyées au mur, est un morceau de surprenante hardiesse. On assure qu'au moment où allaient être enlevés les étançons, des doutes surgirent sur la solidité de l'œuvre. L'architecte alors se serait placé au centre même de la rotonde, prouvant ainsi sa foi dans la résistance de sa construction. Et. vraiment, elle a triomphé de bien des épreuves plus rudes depuis plus de cent cinquante ans qu'elle existe.

L'escalier de marbre blanc, large de 2'". 45, est d'aspect grandiose. Une statue colossale en marbre. d'Hercule, œuvre de Laurent Delvaux (1770), sert d'appui à la rampe. Le demi-dieu est debout ; à ses pieds le sanglier de Calydon enchaîné et l'hydre vaincue. La croix de Lorraine, deux fois répétée, et l'insigne de l'Ordre teutonique dont le prince Charles était grand maître, ornent la massue d'Hercule.

La rampe de bronze mérite l'attention. Elle est décorée d'une série de bas-reliefs, les Travaux cV Hercule, par l'excellent statuaire liégeois E. 31ignon (1847-1898). La décoration des parois de la cage constitue un ensemble exquis. Un artiste inconnu, italien, dit-on, mais certes habile homme, y a représenté eh stuc les Eléments. La coupole très élégante de ligne, est décorée d'une jolie peinture : les Saisons, par Joseph Stallaert. de Bruxelles (i 825-1 903).

La rotonde majestueuse où aboutit l'escalier et où huit portes alternent avec des fenêtres grandioses, aux embrasures richement décorées et deux superbes cheminées de marbre, constitue certainement le plus beau morceau du genre que possède la Belgique. La voûte superbe a pour centre une peinture, peu remarquable, de Verschoot : un guerrier, Charles de Lorraine sans doute, reçu au temple de la gloire.

Le pavement est curieux. Du centre rayonnent vingt-huit échantillons nuancés de marbre du pays. Les noms des carrières sont gravés sur les rayons de cette étoile d'un genre particulier.

C'est par la rotonde que l'on pénètre dans les salles du cabinet des estampes ou dans les galeries de peinture. Autrefois occupées par l'Académie ro3"ale de Beloique. les premières attestent, par la richesse de

leur décoration, la no- Ijlesse de leur origine.

Elles servirent, en effet, d'appartement privé au prince Charles de Lorraine; l'iùnpereur luimême y logea durant son mémorable séjour en P>elgique. en 1781.

Les ])lafon(ls et les trumeaux en stuc sont d'élégance exceptionnelle.

Le Cabinet des Estampes, créé seulement en 1856 et ouvert au public en 1858. jouit en Europe d'une réputation j ustifiée par l'abondance de ses éléments d'intérêt national. En tête de ses richesses figure la fameuse planche, gravée sur l)ois, peut-être tailléeen métal enrelief, au millésime de 141 8.

Eaut-il faire observer que, par le fait, elle précède de cinq ans la plus ancienne pièce datée, estampe faisant partie de la bibliothèque R}lands, à Manchester et représentant un S aiiit-Cliristophc. L'impression de Bruxelles représente la Vierge environnée de saintes et cV anges, composition qui se répète, identique, dans une autre gravure sur bois appartenant à la bibliothèque de Saint-Gall, en Suisse.

Longtemps et âprement contestée, la validité de la date de Bruxelles

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Les grandes armoiries de Charles le Téméraire. Cabinet des Estampes de I.i Bibliothèque royale.

La Vierae de 1418. Cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale.

est aujourdluii reconnue par la majorité des connaisseurs à même de la vérifier. J.es arguments produits contre elle ont été surtout tirés du style de l'œuvre, de l'abondance et de la cassure des plis, etc.

Nous avons fait observer ailleurs la présence de ces caractères dans d'autres ])roductions certainement contemporaines de l'estampe litigieuse, sinon i)lus anciennes encore.

Bicn'ciue trouvée en Belgique, dans un vieux coffre, à Malines, celle-ci

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G. Wappers : Les journées de la Révolution.

ne doit jxis nécessairement être envisagée comme d'origine néerlandaise, aucun témoignage matériel ne démontrant une provenance indigène. Une autre estampe, actuellement unique aussi, possédée également l)ar la Bibliothèc^ue royale, est la gravure sur cuivre des Grandes armoiries de Charles le Téiiu'raij'e^ morceau d'exceptionnelle importance. (3n peut le dater de 1467 ou 1468. Son auteur, selon le l)"" J.ehrs, de Dresde, qui a fait de l'artiste une étude spéciale, serait le maître au

monogramme W A . graveur néerlandais employé par la cour de Bourgogne, chose ressortant d(* l'ensemble de' ses productions.

Les pièces exposées au Cabinet des Estampes — et il en est.de fort curieuses — sont pourvues d'étiquettes ; le visiteur peut ainsi se rendre

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compte de leur portée. Beaucouj) sont non seulement rares, mais ao-réables à regarder, en un mot, constituent un enseml)le d'intérêt sérieux.

Le 3Iusée de peinture, dans sa distribution actuelle, ne garde de l'ancien palais que l'emplacement. La cour, à peine, oifre, dans quelques parties, l'aspect de certaines dépendances de l'Hôtel de Nassau, réputé pour sa splendeur. Albert Durer le visita durant son séjour à

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