LE MUSÉE ANCIEN
Revenus à la Place Royale, nous nous dirigeons, vers le sud. par la rue de la Kégenee, pour nous trouver Ijientôt adroite devant le Musée ancien dont le monumental portique fait face à l'entrée du palais de vS. A. R. la Comtesse de Elandre. Œuvre d'Alph. Balat 1870) le Musée paraît avoir été conçu pour être vu de profil. Comme au Taylor Institute d'(3xford. quatre puissantes colonnes d'ordre corinthien, en granit rouge d'Ecosse, avec chapiteaux et l)ases de bronze précèdent l'entrée. Elles ne portent point d'entablement et, sur l'architrave à ressauts s'alignent les statues de l'Architecture, de la Sculpture, de la Peinture et de la Musique, œuvres de De Groot, Samain, (ieorges Geefs et E. .Melot. Les bustes en bronze de Jean de Bologne,
de Ruljens el de Jean van Kuyshroeck. auteur, (^aprè^ la Iratlitittn, de la tour de 1 ll(")tel de ville, couronnent les |)()rtes d'entrée. Au-dessus des fenêtres, en style classique, complétant la façade, des bas-reliefs en marbre par T. Vinçotte (7^7 Musique] et Charles Brunin 1,'s Arts industriels dirigés par F/nspiratioii et la Poésie). Les deux avant-corps qui terminent la façade sont décorés de groupes allégoriques en bronze, à gauche. \'Ensei'jncnient de l'Art, par Van der Stappen . et à droite, le Triomphe de l'A/'t. l'œuvre maîtresse de Paul de Vigne 'i 843-1 goi).
Créé pour servir aux expositions périodiques de beaux arts et aux auditions musicales, l'édifice se ressent de cette destination.
C'est, à vrai dire, un palais de fêtes orné de peintures plutôt qu'une galerie de musée. Les escaliers, d'ailleurs spacieux et commodes, sont reportés en hors d'œuvre.
dans les angles nord et sud.
et à l'extrémité ouest cFu monument. Cette disposition, peu banale, mérite
d'être louée. Les escaliers sont décorés de sculptures, parmi les^iuelles un ba.s-relief par Vinçotte. perpétue la mémoire de l'auteur du monument. A. Balat, et un buste reproduit les traits de (t.-J.-J. Bosschaert. premier conservateur du 31usée. Ce marbre porte la date de 181 5. année de la mort du personnage. Tout le centre de l'édifice forme un vaste hall où sont groupées les sculptures et dont le pourtour, à hauteur de l'étage, est occupé par des galeries ouvertes d'où la vue embrasse la noble perspective de l'ensemble de leur prolongement. Si nous ajoutons que ces galeries, ont pour décoration les toiles des plus puissants coloristes de l'école fla-
Fholo .Ncuiocio.
Paul de Vigne. Le triomphe de l'art.
Qo BRUXELLES
mande, nousauronsdii l'impression saisissantequi se dégage du coup d'œil.
Intrinsèquement, le Musée ancien de Bruxelles ne se classe point au niveau des galeries de premier ordre. Paris. Dresde, Berlin, Madrid. Kn revanche, il appartient aux ])his imi)()rtantes pour l'étude de l'art aux Pays-Bas.
Nous n'v trouvons ni m tribune », ni « salon carré » ; les toiles sont distribuées principalement par époques. C'est ainsi qu'une très vaste salle est affectée, d'une manière intégrale, aux ])r()(luctions de la i)rimitive
Intérieur du palais des Beaux-Arts.
école néerlandaise, représentée ici d'une manière vraiment remarquable. Il n'est pas sans intérêt de consacrer quelques lignes à l'histoire de ce musée déjà d'im])ortance suffisante pour occuper, à juste titre, l'attention des connaisseurs. Les provinces belges, après avoir contribué, dans une mesure notable, à la splendeur du Louvre, se virent admises ensuite à bénéficier des envois faits par la République dans quinze départements de la France. Ces chefs-lieux, comme Bruxelles, allaient avoir leur musée. A côté des œuvres emportées par les commissaires de la République, un nombre assez considérable d'autres avaient été jugées devoir être mises à l'écart, comme de valeur insuffisante pour figurer au Louvre. Dans leur nombre se trouvèrent des peintures qu'un examen compétent permit d'attribuer au musée municipal en voie de création.
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De pressantes démarches avaient hcurcuscincnl fait comprendre dans l'envoi de Paris (juatre grandes pages de; J<ul)ens, décorant toujours les galeries tlu Palais des Beaux-Arts et, chose curieuse, dans leur nombre hgure un di-s cliefs-d'cruvre du maître, reproduit dans le présent ouvrage : le Miirlvrv de saiiil [Ji'viii. Cette grandiose production avait appartenu aux Jésuites de Gand, jusqu'au moment de la suppression de l'Ordre. Elle devint, par voie d'achat, la propriété du roi Louis XVI, en 1777.
Hhotu Neur.lein.
Q.uentin AIeis\-s. Généalogie de la Vierj^e (partie centrale).
Son retour en Pielgique enrichissait le musée de Bruxelles d'une de ses piiges capitales. Pes autres Rubens : le Coiirotincnient de la Vierge, proviennent des Récollets d'xVnvers; \W dorai ion des Mages, de Téglise des Capucins, à Tournai ; enfin, le Sailli François voulant prolêger le monde, des Récollets de Gand.
Deux ans plus tard, en i(Sii. les Bruxellois furent, de la part de ri^mpereur, l'objet tlun'e nouvelle lil)éralité. Le musée de Bruxelles entra ainsi en possession de plus de trente peintures, sans doute un peu disparates mais parmi lesquelles figurent de fort remarquables morceaux.
La chute de l'Iùnpire devait faire rentrer en Belgique quantité d'œuvres marquantes dont à peine se souvenaient les hommes d'âge mûr. Le
lîRUXEI-l.ES
musée de Bruxelles ne bénéficia toutefois que d'une partie minime de ces splendeurs; il n'était alors qu'une institution communale, .^lais il était fondé, il existait ; il appartenait au temps de l'enrichir. Kt vraiment, le siècle écoulé depuis sa création nous apparaît comme a}ant été fruc-
lueusement mis à j^rofit.
A l'exception, toutefois, de ses o'randes ])ages religieuses, provenant, ]X)ur la plupart, de couvents supprimés et des églises, le musée de Bruxelles, de création relativement récente, doit son origine aux envois du gouvernement français, en 1799 et en 181 1, s'ajoutant à quelques-unes des toiles <[u il fut possil)le de récupérer après 181 5 sur celles emportées par les commissaires de la République en 1794. Le conting(Mit ])rincipal a été obtenu par voie d'achat. Sa composition atteste donc un très loua1:)le effort, étant donné, surtout, ([ue le Musée n'a])partient à TKtat qu(; de})uis 1842.
La galerie des sculptures, aux parois t(mdues de riches tapisseries bruxelloises du xvr siècle, œuvres d'Ant. Leyniers, VH/stoirc de R011 in lu s, constitue une illustration très complète de la statuaire belge moderne. Les œuvres anciennes y sont rares et d'ailleurs d'ordre secondaire. De même, les productions étrangères se comptent : à citer, parmi ces dernières, un médaillon du peintre Le Prince, par Pajou (1782) ; le Berceau p/'/jii/I /t\ par Aug. de J^ay : la Statue en pied du sculpteur Drake. par Rauch; le Penseur, par Rodin. Parmi les maîtres indéterminés, figure un excellent buste en bronze de Philippe de Montmorency, comte de Hornes. Des belges du XYiii^^siècle. il faut mentionner Rysbrack, dont une statue en marbre de John Howard, le philanthrope anglais, décore la galerie et Grupello dont on admire un beau buste en marbre du Palatin Guillaume de Xeubourg. Le contingent du statuaire (iodecharle (1750-1835), met en relief une personnalité artistique fort intéressante et quelque peu oubliée,
l'li)ln .Neui.lein.
Pierre Aertsen. La cuisinière.