CHAPITRE PREMIER
' APERÇU GÉNÉRAL
Population. — Vestiges de la première enceinte. — Les boulevards intérieurs. — Le monument Anspach. — Quartiers du centre. — Le bombardement de 1695 et ses conséciuences. — Caractère particulier de l'architecture bruxelloise ancienne. — La Grand'place et ses environs. — L'église Saint-Nicolas.
Xi le chiffre de sa population, ni l'étendue de son territoire ne font de la capitale de la Belgique un des grands centres européens ; elle comjite. en re\'anche. parmi les cités les plus riantes et les plus fréquentées. A une situation avantageuse, elle joint l'attrait de belles ])romenades, de majestueux édifices, de précieuses collections artisticj^ues et scientifiques, titres d'ailleurs reconnus à la faveur des étrangers, que charme surtout son éléo'ance.
BRUXKLLES
On l'a définie, non sans exactitude, comme « une petite ville prisonnière d'une grande. » Et cela est. ma foi.
Knserrée de toutes parts dans ses poi)uleux faubourg-s, dont aucune limite ai^ixarente ne la sépare. liruxelles forme, avec eux. une agglomération de quelque 600 .000 âmes. Comme ville, pro- I)rement dite, elle en compte moins de 200.000.
Anomalie d'autant plus singulière que, depuis ])lus de cent ans, déjà, elle a vu niveler ses reml)arts et que s'il lui reste une porte, . c'est à titre ]Hirement décoratif. La Porte de Hal, limite de la ville vers le midi est, à proprement parler, le dernier vestige de l'enceinte de 1379. suivie d'une manière très précise, dans son tracé actuel , par la ligne des boulevards de ceinture, décrétée par Napoléon, en 18 10
De la primitive enceinte, celle du xr siècle, de 1040, exactement, des restes curieux ont survécu. Perdus dans le fouillis des constructions parasites, ils se signalent, de loin en loin, à la faveur de quelque démolition. C'est ainsi notam-ment que se révéla l'ancienne « Tour Noire », dans le voisinage de la première église Sainte-Catherine. Type intéressant d'architecture militaire du moyen âge, restaurée aux frais de la ville en 1895, la vénérable construction est à deux étages, pourvus de créneaux et sommée d'un toit conique. Elle mérite l'attention des archéologues.
Faisant partie, toujours, delà même ligne de défense, subsiste, au fond
La (t Tour noire », vestige de la première enceinte.
APERÇL' GENERAL 5
d'une cour de la rue Steenpoorte n" 6. et dans un état de conservation très remarquable, le plus complet des témoins de cette période reculée. C"est une tour, plus exactement un donjon ayant, jusqu'au milieu du XViii'' siècle, pu servir de geôle. Il y a peu de temps, elle était encore occupée par de nombreux ménages. La prodigieuse épaisseur de ses murs en explique la survivance. C'est là. prétend la tradition, que fut incarcéré, en 171Q, le doyen de corporation François Anneesens. tribun popidaire c[ui. sous
Tour de k première enceinte. Rue Steenpoorte n'" 6.
le régime autrichien, expia sur l'échafaud son énergique revendication du privilège des métiers. Les fenêtres ogivales, éclairant la vieille con.struction. offrent cet intérêt particulier d'être, suivant les archéologues, les plus anciens échantillons du style exiscant en Belgique.
L'agrandissement de Bruxelles au xiv- siècle, eut pour conséquence de receler la limite de la ville jusqu'à la Porte de Hal. c'est-à-dire d'étendre le territoire urbain vers le sud. de tout le rayon de l'actuelle rue Haute, la plus populeuse des artères de la capitale. Sous Charles-Ouint. il fut question, un moment, de le restreindre dans un intérêt stratégique».
^ La superficie de Bruxelles, au moyen âge. était d'un peu plus de 877 hectares; les dernières extensions la portent à 1071 hectares, à peine.