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CHAPITRE XI

L'église de Notrc-Danu'-du-SaljlDn. — Les places du Grand et du Petit-Sablon. — Le palais d'Arenberg et ses collections. — Le Conservatoire royal de musique et son musée instrumental. — ]-a Svnagogue.

L'église de Xotre-L)ame-du-Sablon. que nous troiuons à notre droite et qu'on a ])ris coutume de surnommer d'ailleurs, à tort « Notre-Dame-des- A'ictoires ». occujjc le sommet de la colline dont elle emprunte le nom : Sabuliim . Vncn que de fondation très ancienne, cette église appartient en fait aux XV et XVI'^ siècles. Elle eut alors une grande importance et donna lieu à l'institution du célèbre Onuiicganck, la « pérégrination w, cortège, dont la sortie, le dimanche avant la Pentecôte, devant, par la suite, la fête communale. 11 existe, au musée de Bruxelles, dans d'autres galeries également, des ])eintures de ce cortège où. à la façon espagnole, les épisodes profanes se mêlaient i\ la représentation des mystères sacrés. Les gildes en armes faisaient partie du grou])ement. Les souverains et les gouverneurs généraux faisaient escorte au Saint-Sacrement.

VERS I.E SUD 105

Dans une tapisserie a(hniral)l(\ de Taneienne collection Spitzer, au musée des Arts décoratifs, on voit iioairer la tante de Charles-Ouint, .^Larguerite d'Autriche, et les jeunes i)rinces. ses neveux, portant la statue de la .^ladone dans l'annuelle procession.

L'image miraculeuse de la Vierge aurait, selon la légende, été apportée d'Anvers, où elle était en grande vénération, comme « Xotre-Dame-au- Pilier » On;c Lievc Vronic op't Stackskcn , sur l'ordre même de la Sainte Vierge, apparue en songe à Béatrice Soetkens, voyage accompli au moyen d'une nacelle. On en voit le simulacre à l'extrémité sud du transept, au-dessus de l'entrée de l'église.

Le Sablon devint ainsi le sanctuaire le plus somptueusement orné du Brabant. La munificence des princes de la maison d'Autriche y prodigua les verrières du plus grand prix, malheureusement détruites par la tempête de l'année 15 13. De celles qui. par la suite, les remplacèrent, aucune n'a subsisté. Les vitraux actuels sont donc nKjdernes. comme le sont, aussi, les peintures murales, figures de saints et de saintes, au nombre de vingt-huit, décorant son pourtour entier. On avait découvert au Sablon, en 1859. ^^l^s fresques anciennes.

L'église, dans son ensemble, présente de la majesté et. sans conteste, peut être citée, après vSainte-Gudule. comme la plus imposante de la capitale. Le vaisseau, long de 05 mètres, large de 2O mètres dans les nefs, mesure 57 mètres aux transepts. Originairement à cinq nefs, il n'en a plus que trois, les autres avant été converties en chapelles. Les colonnes cylindriques de la grande nef sont à bases octogones. Elles ont des chapiteaux à choux frisés, revêtus de couleurs et de dorures. Les statues d'apôtres, appliquées aux parois, sont sans valeur. Dans les Ikis côtés, les colonnes sont en faisceaux prismatiques. Le triforium. qui règne aux deux côtés de la nef centrale, est curieusement éclairé d'en haut, par l'extérieur. Le fene.strage. en gothique flamboyant, est de grande richesse. Le chœur, éclairé à profusion par onze fenêtres lancéolées, se divise en autant de travées étendant leurs nervures jusqu'à la voûte où leur convergence s'opère en trois clefs. On a donné à celles-ci et aux sommets des nervures qui les rejoignent la polychromie ancienne.

Le chœur, sans déambulatoire, se complète d'une petite chapelle absidale octogone, couronnée d'un dôme, intérieurement et extérieurement de grande richesse ornementale. Construite en hors-d'œuvre. cette chapelle, d'un dessin élégant, se voit dans son ensemble par la rue Bodenbroeck.

Dans le transept, latéralement au chœur, s'élèvent deux gracieuses

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chapelles élevées par les princes de la Tour et Taxis, dont Thôtel. faisant face à l'église, vers le sud. a disparu. De ces édicules profusénient ornés de marl^re blanc et noir. l'un, celui de gauche, est. à ])roprement parler, la çlia]Hdle tomljale de la famille des fondateurs. Celle-ci fit appel, en 1(1151. au slatuairc-arcliitec^te nialinois Iaic fayd'lierlie. élève de Rubens. 3ï.athieu van Beveren y exécuta. ]j1us tard, en lOycS. le mausolée de Lamoral de la Tour et Taxis. L'artiste \- a rei)résenté la A'ertu victorieuse des efforts du Temps, tandis ([ue la Renommée proclame la gloire du défunt. ]/ensem]:)le mérite l'éloge.

En face, s'élève le monument dWnne-Françoise de Hornes, épouse du précédent seigneur, et. au fond de la chapelle, une figure de sainte Ursule, i^ur Jérôme Duquesnow Tout autour, sur la corniche, se voient des génies, œuvres, dit-on, du même statuaire. Latéralement, des figures d'enfants représentent la \'ie et la .Mort. Elles sont dues au ciseau de Quellin et de (irupello. auteur, aussi, des figures delà Foi et de l'Espérance, complétant le tout.

Ce somptueux ensemble a été restauré en 1844, aux frais de la famille de Tour et Taxis.

La chapelle de droite est consacrée à saint 3Iarcou et décorée de magnifiques sculptures en bois.

A signaler, dans le transept nord, une figurine en fer polychrome, frap])ant les heures à l'aide tfun marteau. C'est l'unique spécimen de ces automates désignés sous le nom de jaquemarts, existant encore à Bruxelles.

Pour compléter cet inventaire de la parure artistique de l'église, nous ne saurions omettre de mentionner une charmante épitaphe d'albâtre à la mémoire de Flaminius Garnier. secrétaire d'Alexandre Farnèse, mort en 1592. C'est dans le collatéral nord, non loin de l'entrée principale, que se voit ce joli spécimen de la renaissance en Belgique.

A ne point laisser inaperçue l'épitaphe de J.-B. Rousseau, mort à Bruxelles en 1741. et que le duc d'Arenlserg érigea à la mémoire du poète, peu sympathique à Voltaire.

Les diverses peintures anciennes de quelque valeur ayant décoré l'église appartiennent maintenant au musée.

Extérieurement, des restaurations, poursuivies depuis plusieurs années, ont presque achevé de réparer les outrages dont le Sablon eut à souffrir au cours des ans. La façade sud et son portail dans Taxe de la grande nef ont été refaits avec goût ; leur décoration est de orrande richesse. La galerie longeant le toît a été refaite aussi.

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Quant aux bas côtés et au chevet, ils sont, à l'heure présente, encore, masqués ])ar des constructions parasites.

A l'église, l'une à l'est, l'autre à l'ouest, confinent lo i)iaces du Petit et du Grand-Sablon. Cette dernière, dans l'histoire de Bruxelles, eut une

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oranile importance, sous le nom de \larché-au\-Chevaux. V.Wc est restée un point très animé de P)ru.\elles. Au centre s'élève une fontaine de marbre blanc érigée, cliose assez curieuse. ]xir un grand seigneur anglais, lord Thomas Bruce, comte (rA\-lesl)urg. Ce pair d'Angleterre résida à l>ruxelles durant plus de ijua.ra.nte a.nnées. Voulant rei-onnaitrc". i)ar son testament, rhos])italité revue, il lit don à la ville d'une fontaine, portant les armes des Bruce. CEuvre du scul])teur Jacc[ues .P>ergé, le meilleur du t(Mn]w. à Bruxelles, elle dat(> de ijsi. .Minerve y tient les médaillons

Plioto .Neui'Uein.

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