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L.i place du Grand-Sablon

de François I*"'', empereur d'Allemagne, et de. Marie-Thérèse, alors régnants.

Sous l'administration du duc d'Albe, le Sal)lon fut le théâtre de sanglantes exécutions ordonnées par le terrible proconsul. Le i"' juin 1568, l'échafaud fut dressé pour dix-huit gentilshommes appartenant aux meilleures familles du pays. Te Conseil des Trouilles assista en corps à leur supplice.

Le Petit-Sablon, ancien cimetière de la paroisse, est devenu, en 1888, un des ensembles décoratifs les plus réussis de la capitale. Te principe en est emprunté aux anciennes « bailles » de la Cour, la place Royale, avant sa transformation. Précédant le palais, cet enclos, délimité par une rampe de pierre ajourée, portait, sur des colonnettes élégantes, les

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figurines de cuivre, (euvres de Jaeriues de (iérinnes. de jjlusieurs princes de la maison d'Autriche. Sur la place du Petil-Sahlon s'alignent, reliées par un ori liage de fer ingénieusement travaillé au marteau, quarante-huit colonnettes de pierre dont le fût, ciselé dans le goût des anciens piliers de la Bourse d'Anvers, suj^porte autant de statues de bronze figurant les t3'pes des métiers de la capitale au XVI- siècle.

-Modelées par divers artistes, ces figurines, d'une jolie silhouette, ont été dessinées par 31. Xavier Mellery. La première, à gauche, retrace les traits de l'architecte créateur cle l'ensemble: Henri Beyaert.

Au sommet du square et, en quelque sorte, adossé à l'hôtel du duc d'Arenberg, le groupe des comtes d'Egmont et d'Hornes, par Fraikin . L'emplacement n'est pas sans être motivé.

Si les deux illustres victirhes du despotisme espagnol, dans les Pa}'s-Bas.

subirent leur supplice à la Grand'-Place, où s'éleva d'abord leur monument, l'hôtel d'Arenberg fut la demeure du comte d'I\gmont, La partie du palais où étaient situés ses a])])artements fut détruite par le feu, il y a quelques années.

Faisant escorte au monument, s'élèvent, autour ilu square, les statues de marbre de (ruillaume le Taciturne, par Y an der Stappen ; de Philippe de 31arix. par Paul De Aligne; d'Henri de Brederode, celui qui donna lecture du Compromis des nobles, par 1 \'an Rasbourgh ; de Jean de Locquenghien (1518-1574 , bourgmestre de liruxelles, par God. Vandenkerckhoven ; des géographes Gérard .Mercator, par Louis van Biesbroeck,

Pliutu iNeurUem.

La fontaine de lord Aylesburg à la place du Grand-Sablon.

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et Abraham Ortelins. par j. l.amlx'aux : de Rcmlx'rt Dodonéc. le botaniste, par A. de Toml)a\ : de Louis van liodeghem. Tarchitecte de l'église de Brou, par J. Cuypers. et de Corneille de Vriendt. le sculpteur, par Jules Pécher L'ensemble constitue, dès lors, une sorte de Panthéon aux o-loires politiques, scienlihiiues et artisli(|U('s du xvi'' siècle.

L'hôtel d'Arcnilîerg. fameux en Jùu-ope par sa superbe galerie de pointures, est à peu de chose près, une construction moderne. D'an-

Photo Neurdein.

Square du Petit-Sablon.

ciennes parties ont sul)sisté. notamment les appartements où logea Cliristine de Suède, en 1655. Toutefois, les Arenberg, en prenant possession de l'immeuble, au xvin" siècle, y ont apporté de considérables changements. L^ne partie vient d'être reconstruite.

Outre la reine Christine, l'histoire cite, comme ayant occupé temporairement l'ancien hôtel d'Kgmont. Louis X\', le maréchal de Saxe, le marquis de Prié, d'autres personnages, de rang moins élevé, Jean- Baptiste Rousseau, le maréchal Gérard, etc.

La galerie de tableaux, peu nombreuse, mais choisie, contient des spécimens de haute valeur des meilleurs peintres flamands et sutout

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hollandais ilu XVlT siècle. Plusieurs de ces œuvres, en majeure partie de petit format, sont de véritables jo}-au.\. Kubens est représenté par son propre portrait et celui de Jean Woverius un des « c^uatre philosophes «, du Tableau de Florence; Rembrandt, par VAui^i' prcnaiil congé de la famille de Tobic ; Paul Potter, par le Repos près de la Grange, une des dernières œuvres du maître.

« La galerie d'Arenberg- ne contient rien de plus précieux » a dit Fromentin ; Jean Steen, par les Noces de Cana, œuvre de qualité exceptionnelle; Vermeer de Delft y ligure avec une tète de jeune femme, signée; David Teniers ; Gérard Dou ; Frans Hais, le Joyeux buveur ; un Brouwer, célèbre, et exquis Intérieur de tabagie; un Craesbeeck également fameux, le Peintre dans son atelier, sans oublier un délicieux Van der Heyden. Vue d' Amsterdam, et un Watteau considérable, les Grandes noces ou la Signature du contrat, œ\x\-re pareille à une peinture du musée de .Madrid, s ajoutent à ce précieux ensemble.

La collection d'Arenberg est riche, d'autre part, en trésors de tout genre : tapisseries, sculptures, orfèvreries, manuscrits, dessins, estampes. Elle comprend un buste fameux du Laocoon, morceau admirable par son expression et que certains archéologues tiennent pour une interprétation de la renaissance, de 31ichel-Ange même, selon un tout récent travail de M. de 31ély\ Des antiquités romaines, franques, etc.

Le Laocoon d'Arenberg.

(Cliché de M. A. île ^Icly ubligeammont communiqué par l'auteur.)

'■ Fondation Eugène Piot, 1909.

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Contiguë à l'hôtel d'Arenberg- s "élève une monumentale caserne, sur l'ancien emplacement de l'hôtel de Culemliourg. rasé par ordre du duc d'Albe, au mois de mai 15O8. pour avoir servi a la réunion tameuse où fut résolue et signée la rc^quète connue dan^ l'histoire comme le « Coml)romis des nobles ». A sa i)lace fut dressée une « colonne d'intamie ». d'ailleurs renversée après le départ du duc d'Albe.

Inutile de rapjKder que c'est du mouvement des gentilshommes réu-

l'Iiotu AeurcJein.

Le Conservatoire royal.

nis à l'hôtel de Culembourg que prit naissance le nom de « gueux » dont se jiarèrent ses promoteurs. ( )n ccjnnait leur devise : E/i tout fidèle ail n\\\ Juscjiws à porter la besace !

Des auteurs avancent à tort que le duc d"All)e aurait eu sa résidence à l'hôtel ("ulembotirg et que là aurait eu lieu l'arrestation des comtes d'Egmont ('t de Hornes précédant à leur supplice.

Presque en face de l'hôtel d'Arenberg. rue aux Laines, n' 11, est installé, fort à l'étroit, malheureusemnt. le richissime musée instrumental du ("onservatoire de musiqu(^ Peu de collections bruxelloises méritent autant d'être connues. Toutes les contrées, toutes les époques, tous les genres d'instruments y trouvent leur représentation.. Le catalogue, rédigé par M. V. 3lahillon. conservateur, et. à vrai dire, le créateur du musée, est un monument d'érudition. L'auteurv donne l'histoiredes instruments et, dans

quelques illustrations ])ien faites, leur mode d'emploi. Les pièces d'intérêt historique y al)ondent. Instruments ayant ajjpartenu. non seulement aux grands artistes, Mozart par exemple, mais à des personnalités illustres de toutes les époques. Ajoutons que certains types nés du génie d'inventeurs, dont le nom appartient à l'histoire, sont représentés en exemplaires uniques. Par malheur, si le classement a été fait avec une remarquable entente, le peu d'espace dont dispose le musée, contraste lamentable-ment avec son importance.

A signaler tout particulièrement les instruments de l'ancienne collection Tolbecque, facteur célèbre sous la Restauration et la .Monarchie de juillet.

Ne pas manquer de voir, surtout, le merveilleux Coinpoiiiitin ayant pour auteur Théod. -Nicolas Trinkel, d'Amsterdam, en 1821. C'est, à proprement parler, l'instrument à composer. Le catalogue en donne une longue notice explicativ^e Tome I, page 449).

Le Conservatoire a son entrée rue de la Régence, à peine franchi le square du Sablon. C'est une des dernières créations de Cluysenaar (1876). A étage unique, sa façade est somptueusement décorée de sculptures ; frontons, cariatides, trophées auxquels s'attache le nom de quelques statuaires réputés, alors à leurs débuts, dont Paul de Vigne et Van der Stappen.

Plus loin la synagogue, œuvre de l'architecte Deke}ser, conçue en st3le roman, de peu de relief, mais non dépourvue d'élégance.

Le Palais de Justice.

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