‹ BruxellesChapitre 32 sur 46 · CCV · texte numérisé non relu

CCV

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national belge. Pour sa valeur, il faut tirer hors pair la tapisserie de la Légende de Notre-Dame du Sablon (v. p. 107 . On y voit représenté l'arrivée à Bruxelles de la statue de la Vierge ; la procession où cette image est portée par le futur Charles-Ouint et son frère, plus tard l'empereur P>rdinand : enfin, Marguerite d'Autriche avec Ferdinand et ses

nièces ao-enouillés devant la statue miraculcuse. Cette tapisserie, comme d'autres, a])])artenanl à la même tenture et que ne possède pas le Musée, fut confectionnée à Bruxelles en 15 18, commandée par PVançois de Tour et Taxis, maître général des postes de rEm]jire. On }' voit le ])ortrait du donateur. Ce remarquable morceau provient de la collection Spitzer. \ mentionner encore V Histoire de David, superble tapisserie ])ruxelloise (lu xvr siècle; un magnifique Baptême du Christ, de l'ancienne collection Erlanger; la Vierge, sainte Anne et V enfant Jésus (collection Spitzer), l'une et l'autre en laine, soie et or. Absolument hors ligne est la Descente de croix, la Descente aux limbes et la Mise au lonibeau. Celle-ci, d'une supérieure perfection de style et qui date du premier tiers du xvT siècle, porte, sur le chaperon d'un des personnages, le nom « Philiep », un maître non encore identifié, mais dont le nom se retrouve sur diverses tentures importantes et dans lequel certains archéologues ont voulu voir le frère de Bernard van Orley. Chose insoutenable à cause de l'âge qu'aurait eu à ce moment Philippe van Orley.

Ce qui mérite toutefois d'être signalé, est la circonstance que d'autres tapisseries du .Musée, et spécialement la Communion d^ Hcrtioibatd (Archambaud), ])araissant émaner de la même main, ont mis en relief un maître considérable du xvi'' siècle : Jean de Bruxelles (van Bruesselle), dit van Roome, c'est-à-dire de Rome. Ce nom, fut porté par un maître, signalé d'abord par l^inchart, et qui fut au service de Marguerite d'Autriche exécutant, pour cette princesse, des dessins destinés à son église de

CortVet byzantin de la collection Spitzer.

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Brou, également fpoLir Charles-Quint à son avènement. On lui demanda, entre autres, les dessins des statues qui décoraient les « Bailles de la Cour », et dont il a été fait mention déjà (p. 108). Nous nous bornons à signaler l'artiste à l'attention des curieux.

Le 31usée, il va de soi, ne possède point que des tapisseries aussi vénérables. L'institution en Italie, et notamment à Florence, de centres concurrents et. au XVlT siècle, la fondation des Gobelins. portèrent un coup fatal à l'industrie qui avait donné un lustre tout particulier à la Flandre et au Brabant.

Le travail perdit en perfection et si d'habiles artistes livrèrent encore aux tapissiers des cartons parfois agréables, les « Verdures » et les « Ténières » ne supportent aucune comparaison avec les œuvres précédentes. Le 3lusée, cependant, possède un morceau tout à fait supérieur du xvii*' siècle, représentant la bataille de Xieuport, gagnée par 3laurice de Xassau sur les Espagnols commandés par l'archiduc Albert. Dans la bordure, apparaissent les vues et les armoiries des principales villes des Pays-Bas. Xous ne saurions mentionner, pour notre part, aucune œuvre de pareille importance historique dans la longue série des tentures de la période. On lui attribue une origine hollandaise, ce qui paraît admissible; elle pourrait être également flamande, à la juger par la physionomie. De toute manière, c'est un morceau exceptionnel.

La section des ivoires, celle des orfèvreries, procurent à notre étude de véritables trésors. Dans la première, figure le fameux diptyque de Genoels-Elderen (Limbourg). du viii^-ix'' siècle. 11 représente le Christ, imberbe, entre deux anges, foulant aux pieds la 3Iort et le Péché ; puis l'Annonciatian et la Visitation. On le croit d'origine anglosaxonne. De la même époque, ou peut-être du ix" siècle, un cofi'ret

Châsse en ivoire ^xii*^ siècle).

byzantin, provenant de la collection Si)itzer, l'n(; pla([ue d'évangéliaire. ég'alement du IX° siècle, avec les épisodes du Nouveau Testament et les lîo-ures des évangélistes ; un oliphant, converti en reliquaire, et surtout une châsse du xiT' siècle, ayant la forme d'une église romane. Un lustre en défenses de morse avec monture en fer, trouvé dans la Meuse, près de

Bouvignes, dont l'intérêt se rehausse d'une remar(|uable gravure représentant une joute du xiiT siècle. Une Vierge assise, tenant l'enfant Jésus, œuvre sans doute française, du xiii" siècle, gardant des traces de polychromie. Parmi les pièces moins anciennes figure un superbe ])roc. travail allemand du xvir siècle, avec la A^ii/ssaiicc' de Vénus; un autre avec les lirais Grâces, dans le style de l<ul)ens; une magnifique tète de mort, accompagnée de divers animaux et reptiles délicatement exécutés; une figurine deCupidon, attribuée à Duquesnoy; une jolie Vierge immaculée; une délicieuse coupe, avec la Mctaniorpliosc d'Actéon; un petit modèle de frégate du XYlll*^ siècle; enfin, se rattachant quelque peu à la même catégorie d'objets, un précieux médaillon de cire, travail espagnol du xvr siècle, représentant D. Juana de Periiestan, un pur chef-d'œuvre; une chapelle, avec figurines en ivoire, dontune émouvante P/e/i7, groupe supposé italien. Lorft'vrci'ic, la ciscliirr rel igiciise et civile, trouvent au Cinquan tenaire une représentation très remarquable. En première ligne figure la cuve baptismale en cuivre, provenant de l'église Saint-Germain, à Tirlemont, morceau exceptionnel du Xli" siècle, dont le bassin est orné de quatorze arcades en plein cintre, portées par des colonnes torses, et sous chacune d'elles des groupes de figures en relief. C'est, avec les fonts de Saint-Barthélémy, à Liège (voir p. 142), l'unique monument du genre, de l'époque romane, existant en Belgique.

Parmi les pièces exceptionnelles, figure le chef du pape saint Alexandre, en argent repoussé et ciselé, avec émaux et cabochons, tra-

La Vierge de douleur, xvii'- siècle.

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vail du XII'' siècle. L'autel portatif venant, comme la pièce précédente, de l'abbaye de Stavelot, « est hors pair, pour son état de conservation et pour la beauté du travail ' . » L'abondance et la beauté des émaux font de cette pièce un admirable' échantillon de l'école .Mozane. De même provenance, un triptyque de la Vraie Croix, avec figures en argent repoussé et doré, des émaux et des nielles.

Remarquable, à tous égards, est la croix-reliquaire, à double tra- \ erse, œuvre du Frère Hugo, de Sainte-3laried'Oignies,travaild'une

surprenante délicatesse, que fit con-

Chef du pape saint Alexandre (xii'" siècle^ .^ , r

naître la fameuse exposition de l'art

ancien de i8(S8. La manière du pieux artiste, lequel signait ses œuvres, est caractérisée par de beaux filigranes disposés en rinceaux. Le connaisseur ne sera pas moins intéressé par les belles figures-reliquaires, pignons de châsse, ayant appartenu à l'église de Saint-Servais, à Maestricht, rehaussés d'émaux du xii" siècle, et d'autres.

a}'ant fait partie de la collection Solt\koff. Croix processionnelle de la même époque, œuvre de la meilleure qualité Une très intéressante couronne, du ix*" siècle, se composant de neuf bandes reliées par des charnières et surmontées de fleurs de lis. Bien qu'en cuivre doré, le morceau est des plus précieux. Quatre écuelles d'argent, du xiv^siècle,

^ J. Destrée : Anciennes industries d\irt ; guide du visiteur. Bruxelles, 1897. Nous remercions vivement M. Destrée des précieux éléments d'illustration qu'il a bien voulu nous communiquer.

Médaillon de cire, xvi'- siècle.

BRL'XELLES

aux arnu's de Flandre et de France, celles portées par Fouis de Crécy. Parmi les morceaux moins anciens, se signale un su[)('rl)e plat en

argent ciselé, marqué au poinçon dAugsbourg .

11 représente les Arts et les Sciences dans le Temjile de la (iloire.

Autre grand i)lat dit « d'Alexandre Farnèse », œuvre duii orfèvre brugeoisdu nom de Jacques van der Spée.

Fa ville de Bruges y est d'ailleurs figurée.

L'ne exquise statuette équestre en argent, représentant un général d'armée, figure de tra- Autel portatif de l'abbaye de Stavelot (xn" siècle). vailallemand. Très beau

coquillage de nautile.

monté en argent ciselé, gravé et doré, œuvre hollandaise du XVl'' siècle.

Reliquaire. Œuvre du Frère Hugo de Sainte-Marie-d"Oignies, face antérieure.

Reliquaire. Œuvre du Frère Hugo, de Sainte-Marie-d'Oignies, face postérieure.

Collier de chef doyen des arqueljusiers de Nivelles, chef-d'œuvre de ciselure, datant du xvi" siècle.

i.KS MUSEES ROYAUX

Insigne de corporation xve siècle).

Dans hi série des émaux, nous rencontrons un ])lat niagnififiuc de Pierre Raymond, daté de 1576, avec portrait d'Henri 11.

Un bel ensemble de montres anciennes provenant, en majeure partie, d'un legs du inar(4uis de Kodes. Dans le nombre, il }' en a une portant, sur le boîtier, le chiffre de Marie- .Vntoinette, en pierres dures.

Dans les Ijronzes et les dinanderies, un lot intéressant d'aquamaniles, de précieux mortiers et d'excellentes figurines, j)armi lesquelles une statuette que l'on dit avoir servi de modèle a la primitive fontaine du Manneken Piss, et qui vraiment est un morceau fort curieux.

Le Musée du Cinquantenaire est remarquablement riche en produits de la sculpture en bois. Le renom des artistes du moyen âge et de la Renaissance, livrés aux travaux de ce genre spécial, était considérable et leur trace se retrouve dans quantité de pays. Seuls, ou

associés aux peintres, les sculpteurs brabançons se virent appelés fréquemment à édifier des retables de la plus ingénieuse ordonnance. Et. certes, l'interprétation de la nature y porte beaucoup plus haut que l'échelle des figurines dont, pour la plupart, se composent les expressifs ensembles mentionnés.

A côté de fragments ou de figures isolées, souvent d'une valeur sérieuse de style et d'expression, dont plusieurs portent des marques bruxelloises, le 31usée s'enorgueillit de posséder des retables vraiment dignes de classer leurs auteurs au rang des grands artistes.

Citons les principaux.

En première ligne apparaît le fameux retable du Martyre de saint Georges.

merveille du genre, datée de 1493 et que

Cadre en bois sculpté (xvi"-' siècle).

BK UXKl.LES

Ton croil a\'oir été exéculée par le fameux ^eiilpieur l)ru\ell()is Jean l')()rman, pour Téo-lise de Notre-Dame-liors-des-.Murs, à Loux'ain. 11 est divisé en se]H e()in])arlinu'nts où se succèdent les épisodes du su])i)lice du l)ieidieureux confesseur de la foi.

Sous l'admirable ensemble, lantependium à ])eine moins ])récieux. (laie de la ])remière moitié du XVI'' siècle, ou y \'oit les armoiries, ajoulécN. (l'un cd)l)é de (irimberolic ayant o-ouverné ce couvent au W'H" siècle. ]-es maîtres Ijrotleurs y ont re])résenté en relief, en or (^t

Martvre de saint Georges, fin du xv'^' siècle. Œuvre bruxelloise.

en couleurs, les banc[uets de l'Evangile : N^occs de Caiia, le Christ Lhe:^ S/iiK^ii le Pha/'is/cn. les Disciples d\Hmiiuu'is. et la Cène des Apôtres,

X'iennent ensuite le retable d'Oplinter. polychrome et doré, avec les épisodes de la Passion, il porte la mar([ue d'Anvers. Un autre, plus petit, de la Passion, travail espagnol du XVI*" siècle. Un retable de 1530, provenant de Tabl^aye de Liessies, avec les martyres de sainte Barbe et de saint Léger. De l'église de Pailhe (prov. de Namur), procède le bel ensemble. ])eint et doré, avec l'Arbre de Jessé; de l'église d'Auderghem, près Bruxelles, une œuvre analogue avec la généalogie de la Vierge. Enfin, rapporté d'Italie, un magnifique ensemble de scènes de la Passion du Christ où, agenouillés, figurent les donateurs, Claude de Villa et Gentine vSolaro. sa femme. Œuvre bruxelloise, du reste.

A mentionner encore sont c^uatre hauts-reliefs en bois, polychrome et

LES MUSÉKS ROYAl'X

doré, prov^enanl de réo-lisc Sainl-l-'ierre. à Louvain, représentanl la Flagellation, le Christ parlant sa croix, la Descente de croix, r Ensevelissement du Christ', le oTandiose relief, f{ue nous reproduisons, le Père Eteriiel entouré d'anges, morceau capital faisant songer à van E\'ck, et, dans le domaine des sujets familiers, l'amusante enseigne de pharmacien (p. i59\ ayant tout à fait l'allure de certaines estampes du xv" siècle.

Retable de la Passion, avec les armoiries de Claude de Villa et de Gentine Solaro, sa femme.

Le visiteur verra avec intérêt l'ofiicine de ])harmacie. reconstituée au bout de la galerie surélevée contournant la grande salle. La garniture en est absolument ancienne.

Dans une des travées de cette même galerie se voient des meubles admirables, des orfèvreries, des peintures sur verre, un riche ensemble de clefs et de serrures de toutes les époques, surtout de la période gothique. Sous verre, un antique berceau longtemps désigné comme celui de Charles-Quint, mais dont la décoration, où apparaissent deux MM conjugués, les armoiries de Maximilien d'Autriche et sa devise bien

connue : Hnlt mass in cilhii Dingcn ^S()^s modéré en tout), suggère la très juste présomption que c'est aux enfants do .Marie de Bourgogne, donc à Philippe le Beau et à Marguerite d'Autriclu; qu'a servi ce précieux objet. Assurément c'est un des plus vénérables que possède le Musée en matière de souvenirs de l'histoire nationale.

i;(>space nous manque pour analyser d'une manière (piehiue peu suivie l'ensemble des richesses accumulées (hins le Cinquantenaire, où se refait d'une manière si vivante le passé. Bornons-nous à dire que toutes les branches de l'industrie ancienne y trouvent leur représentation, et c'est un objet de surprise d'y constater l'excellence de certains produits de la céramique : faïences de Bruxelles, avec de splendides pièces décoratives, peut-être les })lus décoratives du genre ; faïences d'Andenne et d'ailleurs; porcelaines et biscuits de Tournai, dignes d'être comparés aux Sèvres ; une magnifique fontaine de la fabrique fondée à Tervueren par Charles de Lorraine et réclamée pour Tournai par quelques auteurs. Elle est cependant signée P. C. [Caroliis Princeps?) C. C. C. Verres flamands « façon de Venise », un chapitre des plus curieux de l'histoire de la verrerie en Flandre ; grès de Bouffioulx ; meubles de Liège, etc., le tout rassemblé, plutôt conquis, par des conservateurs zélés et entendus. 11 suffira de la nomenclature pour faire apprécier au curieux non seulement la variété, mais l'intérêt du remarquable ensemble qu'il y a plaisir à ])<)u\()ir lui signaler.

Ajoutons qu'une très intéressante galerie de l'étage lui procure le moven. en quelque sorte, de reprendre la nation à ses origines, grâce au produit des fouilles opérées dans les diverses provinces belges. Au Parc Léopold nous rencontrions la pré-histoire : au Cinquantenaire, c'est l'histoire qui s'évoque depuis la période gallo-romaine, avec ses tumulus, ses ustensiles, ses armes et ses ornements de bronze. Ceci, toutefois, réserve faite de vases, d'objets de verre, de petits bronzes et de l)ij()ux particulièrement délicats, que nous trouverons, réunis à d'autres similaires, de l'antiquité grecque, étrusque ou gréco-romaine dans le pavillon sud.

La section des Arts décoratifs proprement dite et où se rencontrent en majeure partie des œuvres modernes, revendique une part sérieuse d'attention. Des copies ont été faites de certaines peintures murales particulièrement importantes, trouvées en divers endroits du pays. Dans le nombre nous signalons les belles figures d'anges décorant la voûte d'une chapelle de l'église Saint-Pierre, à Louvain, par certains connaisseurs assignées à Roger van der Weyden. Des fresques de l'Hôtel

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Busleyden, à Malines, fréquemment attribuées à iMabuse, d'autres encore. Il y a, en plus, ici, d'assez nomljreuses reproductions, par des artistes belges, de fresques italiennes. En fait d'originaux anciens, unebelleesquisse du plafond du Palais de Justice de Gênes, œuvre de Giorgio Defferari, et surtout les cartons des vitraux de la chapelle de la Vierge, à Sainte- Gudule (p. 46). Ces beaux ensembles, nous l'avons dit, sont de ïhéod. Van Thulden et de Jean de la Barre d'Anvers. -

Parmi les œuvres modernes, une part considérable est faite à l'art

Le Pcre ctcrnel entoure J anycs. Sculpture sur Duii uli \v'' siècle.)

français. P.-^". Galland a là des études magistrales pour le plafond de l'Hôtel Continental et pour les fresques du Panthéon, et aussi le projet de diplôme pour l'Exposition universelle de 1S89. De Puvis de Chavannes, nous avons les cartons des fresques grandioses d'x\miens, du Panthéon, etc.; de J.-P. Laurens, son portrait et de splendides études ])our le plafond du Théâtre de l'Odéon ; de G. Dubufe, l'esquisse pour la décoration du foyer au Théâtre-Français ; de H.-L. Lévy, Fraternité^ fragment de plafond destiné à la mairie du W" arrondissement de Paris. Du peintre allemand Geselschap, un vaste carton de la fresque exécutée à l'Arsenal impérial de Berlin.

Les artistes belges sont ici plus rares. On voitavec intérêt les beaux cartons qu'avait préparés Charles De Groux pour les peintures des Halles

158 ]U<rXKLLES

d"Ypresquclu mort l'empècluideréaliscr. 1 1 y u une s^raiidc Inilc en orisaille d'Alfr. Cliiysenaar, Les Cavaliers de f Apocalypse. ])uis des csciuisses de plafonds ])ar |os. Slallacrl, enfin de remarciuablcs figures décoratives d"Kd. Ao-neesens (ihî42-i885).

Aucun i);issao-o direct ne relie le pavillon sud au ])avillon nord duCinquantenair(v Ce dernier paraît sensiblement ])lus iV('-(|iicMité (|ue l'autre et, à vrai dire, les éléments en sont ])lus naturellement accessi])les à la compréhension des fouk^s. l.e ])avillon sud, affecté surtout à la haute antiquité, réclame de la part du visiteur quelque pré])aration. Pour tout dire, ce n'est pas uniquement l'intérêt de curiosité qui nous invite à en franchir le seuil.

Sans pouvoir naturellenKMit prétendre à une comparaison avec le Louvre, leBritish jMuseum, le jMusée de Berlin, le Cinquantenaire, grâce au zèle et à la compétence des savants préposés à sa direction, grâce surtout à la munificence de donateurs éclairés, grâce (MiHn à l'intervention de la Société des « Amis du Alusée ». a ])u. déjà. ])eu}jler ses salles d'ol)iets de très sérieuse^ \aleur. c( J,es antiquités égyptiennes proviennent en majeure ])artie. ]jour lancien fontls. des (nillections lîagemans et de Meester de Ravestein, dit la Notice de la section des aiit iijii ilés orientales, grecques et roniai nés, ])ul)liée en 1909. De])uis tlix ans. le .Musée s'est enrichi, grâce à des dons importants et grâce à la participation du Gouvernementaux fouilles exécutées en Egypte par les sociétés anglaises Egypt Exploration Fnnd et Egyptian ResearcJi Account. Le Musée participe également aux fouilles de l'Université de Liverpool. »

l*articulièrement riche, la secticHi d'égN'ptologie retient longuement le visiteur. Dès l'entrée, il se trouve en présence de la reconstitution de la nécropole de .Saqqarah, chambre funéraire provenant du tombeau de Nefer-Art-Nef, façade restaurée d'après les documents de la \'' dynastie ])ar les soins de M. (uiibell. insj^ecteur du s(^rvice des antiquités de riig\})te. C'est ensuite une chambre funéraire de Marou Bebi, avec la représentation du mobilier funéraire, des offrandes et des greniers du mort. Les noms des donateurs de ces précieux ensembles, le baron Lmpain cl .M"" J. I">rera. se relèvent fréquemment au cours de notre visite.

Les salles s<^nt numérotées et leur composition étant assez méthodique, l'on passe, sans grand effort, de l'une à l'autre des périodes qu'elles ont pour ol)jet de reconstituer.

\^oici tle précieux vases de pierre dure provenant des tombes royales

LES MUSEES ROYAUX 159

des trois premières dynasties. Plusieurs scjiit en rorlies rayant l'acier. L'un des vases est pourvu d'une inscription, l'une des j)lus loncrues de l'époque. — Dans la salle P). un mobilier funéraire où ti o-urent d(; charmantes barques à rameurs ; des fio-urines en bois illustrent de la manière la plus parfaite un certain nombre de métiers : une remarquable leçon de choses. Outre de beaux cercueils de momies, l'on voit l'ensemble des objets dont le mort était muni ])our son long vovage. l\!^-alement dignes d'attention, des sceptres, des armes, des ustensiles de bois. Puis ce sont des papyrus funéraires, des instruments en bronze parmi lesquels une petite plaque en relief, recueillie par un Belge ayant fait, avec Bonaparte, la campagne d'Egypte.

Enseigne de droguiste, xv siècle, sculpture flamande.

Encore des fresques et isalle C'. un beau bas-relief représentant une scène du couronnement de Séti I*"' de la XIX" dynastie, sculpture donnée au roi des Belges, Léopold II. par Tito Pacha Hekekian.

Dans cette même salle est exposé le délicieux buste en pierre pohchromée, tète d'un prince égyptien. Le lecteur en a la reproduction sous les 3'eux. Très curieuses, les caisses à statuettes funéraires des XX'' et XXII''d3masties .provenant de la trouvaille faite en 1891, à I)eir-el-BaIuiri. des momies des grands prêtres d'Amon. Ces oljjets proviennent d'un don du gcnivernement khédivial.

Ce sont ensuite de belles faïences émaillées. objets votifs, etc.. provenant des fouilles du professeur Flinders Pétrie, dans la ])éninsule du .Sinaï. en 1904 et 1905 [Egypt exploration Fi/nd).

Dans la salle 1) : tète roNale en porpliyre ; magnifi(|iu's l^ronzes de chats ; une curieuse momie de veau, provenant d'une nécropole d'animaux à Thèbes. de l'époque ptolémaïque. Xaos. ou chapelle au nom de

i6o lîRUXELT.KS

Psammétique II (XXVI'^ dynastie;, don fait au nn des lîeloes par Tito Pacha. Très importante la momie de femme dite « la brodeuse ». produit des fouilles opérées ])ar .M. (7a3'et à Antinoé, en iHqq-iqoo, avec le mobilier accompagnant cette momie et, dans (^et ensemble, une monnaie de Constantin le Grand, donnant une date précise à Tensevelissement ; un intéressant métier à petites lamelles à tisser, rapporté de la Thessalie, en igo8. par Al. Capart, et paraissant avoir été déjà en usage dans l'ancienne l*"o-\pte, l^ustcs et masques de momies, égalemert un ])()rtrait masculin de l'époque romaine, conforme au type aujourd'hui connu.

Avec la salle IV. nous pénétrons dans l'antiquité grecque. Au-dessus du portique de plusieurs de ces salles se lisent les mots : « Collection Ravestein. » Jl a' a ici, en effet, un nomljre énorme d'antiquités o-recques, étrusques et romaines réunies par M. de Meester de Ravestein, diplomate belge accrédité à Rome et données par lui aux collections nationales en 1874. Autour de ce précieux noyau de plus de quatre cents vases d'époque grecque et italique se sont groujjés une foule d'objets de même nature formant un ensemble digne des plus ridies musées. Déjà précédemment la Belgique avait pu acc[uérir à Rome soixante-trois vases de la collection Campana. de quoi expliquer, on le voit, non seulement ral)ondance. mais la sérieuse valeur des objets composant les vitrines des salles que nous parcourons.

Au noml)redes objets exposés dans la salle IV figure une jarre immense, ayant servi de sépulture et provenant d'une nécropole préhistorique à Gortan Kelembo en Mysie (Asie Mineure). Très intéressante tête de chien de l'époque mycénienne ; superbes et délicats lécithes funéraires ; une coupe signée Hégisiboiilos, V siècle avant J -C. ; une autre attribuée à Soladès: belle coupe, à fond noir, dans le goût de Brigos ; une autre attribuée à Euplironios et signée Kratcs. A citer également une autre coupe ^\gnèe Hieron \ une Scyphos, signée Pistoxeiios \ une grande am])hore ])anathénaïque, portant le nom de l'arclionte Polyzelos (367 av. J.-C), trouvée à Cyrénaïque. Du fond rouge se détache un(^ grande figure de Minerve dans l'attitude de l'Athéné Promachos et, sur l'autre face, un beau groupe de coureurs.

Stamnos avec la signature Polygnolcs. Une magnifique série de vases attiques à figures noires ; des vases ])éotiens (l(^s Vl'' et V' siècles avant J.-C; des vases attiques à figurc^s rouges, parmi lesquels figure une admirable coupe signée Doiiris et un canthare portant la signature de Smikros.

Dans la salle suivante se groupent des vases d'époque hellénistique.

LES MUSÉES ROYAUX

hydries et nuioiiifiques poteries étrusques noires, canope cinéraire roug-e; majestueuse amphore tarenthine : lampes antiques, rythons, vases puniques de provenance carthag'inoise et nombre de précieux objets en verre.

La salle Yl reconstitue la période romaine par un ensemble d'objets, en grande partie provenant des fouilles opérées en Belgique : tumulus d'Herstal Liège . fin du u^' ou commencement du II*" siècle avant J.-C. Un très remarquable bas-reliet du char du s(jleil, trouvé près d'Arlon ; strigiles, vases et patères , lanterne du tumulus de Frésin. duquel procède un précieux vase de verre de couleur pourprée, affectant la forme d'une grappe de raisins. Intéressante, surtout pour la Belgique, une sorte d'autel portatif dédié à la déesse Néhalennia avec, dans une niche, un bas-relief représentant la déesse ayant vaguement l'as pect d'une maraîchère flamande.

Pierre miliaire trouvée à Tongres. Dans une vitrine, un ensemble d'objets de verre et de statuette > de bronze, l'n pcird;oJi/iun, arme de parade des tribuns et officiers supérieurs des armées romaines, poignard d'ivoire trouvé dans un tumulus, à (Jmal.

La vaste salle n" ^'II rassemble la sculpture antique, proprement dite. Sans être frappantes par la quantité, les pièces formant la galerie s'imposent néanmoins à l'attention de l'archéologue et de l'artiste par leur valeur intrinsèque. Quelques fragments sont d'intérêt exceptionnel. A signaler, par exemple, un linteau de porte, provenant de Zebed, désert de la Syrie, morceau datant de 512 après J-C, offrant ceci de curieux qu'il porte une dédicace trilingue commémorant la fondation d'une église de Saint-Serge et dont une des inscriptions constitue le plus ancien monument connu de l'écriture arabe avant Mahomet.

Parmi les oeuvres artistiques proprement dites, plusieurs ont jadis fait partie de la collection de Somzée et, dans le nombre, un torse admirable

Tète de prince égvptien.

de la Vénus de Cnide et une tête de Barbare de l'école de Pergame. Toutefois l'attention principale du visiteur est sollicitée par une grande statue de bronzedeSeptime-Sévère. morceau inijjosant. exhumé à Romedesfossésdu château Saint-Ange et qui fut acquis en 1904 avec le concours de généreux

amis des arts. Un buste d'Hermès l'r()])\ laios. superbe scul])tured'Alcamène.don de Al R. Warocqué. intéressera l'artiste comme, non loin de là. un délicat bas-relief d'all)àtre, ])artie antérieure d'une urne cinéraire étrusque trouvée à A^olterre. De très curieux sarcoj^hages revêtus de plomb et datant du 111" siècle avant J.-C. recueillis à Sidon.

Nous parlions de la vSociété des ^Vmis des .Musées. A sa munificence est dû un buste-portrait d'homme.

]jrovenant de Carie, marbre admirable du lir-iv'^sièclederèrechrétienne, conservantdes traces de polychromie.

Envisagé au i)oint de vue de l'expression ou du style, le morceau mérite également l'attention des connaisseurs. Très particulier, surtout, est l'arrangement de la chevelure, arrangement dont, au surplus. Viollet-le- Duc fournit plus d'un exemple. Au sommet du crâne apparaissent des traces d'inscrijjtion.

La salle VIII se compose principalement d'antiquités étrusques : urnes cinéraires en forme de sarcophage, figurines votives, recueillies dans un sanctuaire graeco-phénicien, morceaux curieux, parmi lesquels nous signalons un cavalier rappelant les coursiers numides des sculptures romaines. Quelques beaux vases de verre, dont un bol bleu, à cotes, et de nombreuses figurines en terre cuite : 31yrina, Smyrne, Taneigra, ces dernières conformes au type connu.

Dans la salle IX, enfin, sont groui)és les petits bronzes romains, les miroirs gravés, dont quelques-uns de qualité supérieure ; des bijoux d'or.

Statue de Septime-Sévcre. trouvée dans les fossés du château Saint-Ange.

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étrusques et romains dune exquise tléliratesse et dune élég'ance dès longtemps établie pour quiconcfue s'est familiarisé quelque peu avec ce genre dobjets. Les bronzes comprennent de précieux ornements, des cachets doculiste. des instruments de chirurgie, des balances, des poids. Remarquable, surtout, est la vitrine où sont réunis des casques, des cnémides. des glaives d'un ])uissant intérêt archéologique et historique. A le considérer dans son ensemble, on voit que le pavillon des antiquités classiques concourt puissamment au relief des 31usées du Cinquantenaire, en même temps qu'il procure à la science un ensemble d'informations dignes d'être retenues. Aussi est-ce simple justice de rendre hommage au zèle apporté à l'enrichir par les savants préposés à sa direction. Plusieurs, au reste, jouissent en lùirope, dune considération légitime.

Piluto Neurdtin.

Constantin Meunier. Le cheval à l'abreuvoir.

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