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LES MUSEES ROYAUX DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIELS DU CINQUANTENAIRE

Une galerie en hémicycle raccorde à la monumentale arcade du fond deux pavillons trapus, survivance de LExposition nationale de 1880, et où sont installés les .AUisées des Arts décoratifs et industriels. Ces constructions sont l'œuvre de Tarchitecte G. Bordiau 1831-1Q04).

Dans le corps de Ixitiment formant l'aile droite, c'est-cà-dire vers le nord, est établi le Musée des Échanges ou de Sculpture comparée, ensemble déjà très riche de moulages de créations de toutes les époques et de tous les pays etau centre desquels domine le prodigieux tabernacle de Léau, une des réalisations les plus extraordinaires de la sculi^ture brabançonne, au xvr^ siècle. Haut de cent pieds et chargé de centaines de figurines de pierre représentant des sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament, cette merveilleuse conception est l'œuvre de Corneille Floris d'Anvers et mérite d'être considérée comme le triomphe de la Renaissance aux Pay.s-Bas.

Nous ne pouvons ntnis arrêter à un examen détaillé des types de sculpture offerts à l'étude du visiteur. 11 suffira de dire le vif intérêt présenté par les moulages des principaux monuments funéraires de la

grande époque de la sculpture flamande existant encor*; dans les églises de Belgique, parfois très éloignées du rentre et d'accès passablement difficile : llooclistrali'n. liai. 1 Icrcnlhals. les mausolées célèbres de Charles le Téméraire, les tombeaux de sa femme, à Anvers, de sa fille, à Bruges. On v voit aussi des bronzes de tout genre ; bref, c'est pour l'histoire de la scul])ture en P)elgique et même dans les Pays-Bas, une source d'information de ])remière im])ortance.

L'attention (lu visiteur doit ètr(^ attirée jjarticulièrement sur le moulage de la cuve t)a])tismale deléglisede Saint-P)arthélemy à Piège, l^ronze du XlT' siècle, pièce célèbre connue de tous les archéologues. Pongtemps assigné à « Lambert Patras », d'après la chronifiue de Jean cLOutremeuse, artiste autrement inconnu, donné comme originaire de Dinant. l'œuvre, d'a])rès des sources ])lus dignes de foi. émanerait de Renier de LIu}'\ auteur également du ta.meux encensoir du Muséi^ de Lille'.

Mais ce point d'attribution laissé à l'écart, un autre très important a été soulevé par un des conservateurs du .^\u^ée. M. 11. Rousseau. La cuve baptismale est i)ortée ])ar dix bœufs. (Jr. le texte latin gravé sur la cuve même, parle de </(»//;(' Ixeufs. I{t comme il est prouvé par des com])tes de Tannée 1S04 ((u'un cliaudronnier connu fut. à cette époque, chargé de la réj^aréition de l'a-uvre et tout ])articulièrement des Ijœufs, y\ Rousseau en conclut à 1 enlè\"ement ])rol)a])le de deux de ces figures d'animaux et à leur replacement exigé à la l)ase de hi mer d'airain. Il démontre la jiossibilité de pareille restitution ]jar un moulage opposé à celui de l'œ^uvre dans son état actuel.

L)e la salle des moulages, le visiteur passe dans le Musée ]jroprement dit. Tout d'al)ord. il rencontre la salle des Tissus anciens. Ici sont exhibées (h^s oeuvres d'exceptionnelle importance, non seulement celles ajjpartenant au .NI usée même, mais d'autres de la collection de deux dames l)ru\elloises. .M""' .Montefiore etM""^ Isabelle Prrera. celle-ci l'auteur du catalogue de l'ensemble. Aux premières. a]j])artient une chape des xilT- XIV' siècles, provenant de l'église d'Ilarlebeke, en Flandre, et dont les orfrois, supposés d'origine française, par le catalogue, sont désignés comme flamands par M de Parcy. Oue cela soit ou non. l'œuvre est de valeur ])remière et trouve peu d'analogues. Toutes les époques sont d'ailleurs représentées dans la collection, (jue. malheureusement, une exposition peu avantageuse fait moins valoir qu'il ne faudrait.

^ G. Kurth : Renier de Hny, etc. Bruxelles, J903.

- J. Destrée : Renier de Hiiy, auteur des fonts baptisniaux de Saint-Barthélémy à Liège et de l'encensoir du Musée de Lille. Bru.xelles, iqo4.

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Nous ne songeons pas, liien entendu, à faire défiler sous les yeux du lecteur les échantillons infinis de l'art textile ni de la broderie rassemblés au ( inijuantenaire. Il importe cepcMidant de lui en signaler les princi])aux.

Voici, par exemple, un antependium. ou parement d'autel, en soie rouge, brodé d'or et d'argent, ensemble admiraljle des Xll-Xiir' siècles, provenant de l'abbaye de Saint-Benoît à Rupertsberg, près de Bingen. œuvre entrée au Musée en 1896:

envisagée purement au point de vue de l'art, l'œuvre est d'importance hors ligne. De magnifiques bandes de chape du XIV siècle ,n"' i (S et 19 du catalogue), de la collection Errera, morceaux de très haute qualité artistique, également. La partie centrale d'un antependium du XV' siècle, reproduite par 31. de Farcy et d'autres, ]jrovenant de l'église Saint-3lartin , à Liège, représentant les épisodes de la vie du saint. — Les magnifiques chapes, en satin vert, n" 25.

semée de figures d'anges et d'aigles de l'Empire et dont le chaperon est décoré d'une figure de Dieu le Père, assis ; et en velours rouge n" 26. du XV siècle, comme la précédente;, et qu'on pourrait croire de provenance espagnole, une imposante figure de Saint Pierre

BRUXHLLK S

(n"3i7 coll. .^lontefiore). travail du X\"^ siècle, selon le catalogue ^plus probablement du xvr). l.'Antependium flamand du xvi" siècle (n° 34) oii fiourent. sur les l)andes et sous des arcalures gothiques, des figures de saints et de saintes, dessinées certaiiieincnl ])ar un grand artiste, comme

Échantillon du point de Bruxelles, lin du xvi'" siècle.

d'ailleurs les orfrois 38, 42. La très belle croix brodée du XVI° siècle, avec scènes de la Passion [n" 65 , ensemble exquis du genre, ainsi que Tantependium n° 65, d'un travail espagnol, portant les armoiries d'Alvarez de Tolède, cardinal de Burgos, oncle du duc d'Albe ; les deux bandes du XVl" siècle, provenant de l'église de Saint-Martin, à Liège avec, dans de magnifiques cartouches, la mention : Dono D. Eraclil Lcoiidioi Epi., œuvre du xvr siècle; enfin, le curieux antependium, travail du XVU' siècle, prove-

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liant, dit le catalogue, du palais Contarini à Venise, représentant la Pcche miraculeuse, brodée d'une manière remarquable et que l'on croirait de travail oriental. A observer que ce curieux parement est placé dans une des petites salles du pourtour, où il accompag-ne un retable sculpté. La section des tissus comprend des échantillons précieux du haut

Tenture de la Déposition de la Croix. Carton attribué à « maître Philippe », premier quart

du xvi'" siècle.

moyen âge et notamment un panneau d'étoffe de soie byzantine, avec un quadrige trouvé dans une ancienne châsse appartenant à l'église de iMunsterbilsen, dans le Limbourg. Les plus importants de ces spécimens sont réunis dans des vitrines et protégés contre la lumière trop vive, comme le sont également les tapisseries, ce qui. forcément, n'est pas pour rehausser la beauté du coup d'œil des salles.

La Belgique est fière à juste titre de ses dentelles et de ses hautes

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lisses. Le Musée leur a fait une part importante dans le choix de ses collections. Pour ce qui est des premières, la g-énérosité de quelques donateurs, M"" Montefiore, particulièrement, lui a constitué un noxau d'exceptionnel attrait. VA, à ra]Ji)ui de^ écliantillons. se oTou])ent. en un ensemble tout particulièrement digne d'intérêt, des photographies, portraits de

Tapisserie de la mort d Herkeiibald. Dessin de Jaii van Roome; carton de maître Philippe. Bruxelles, premier quart du xvi'' siècle.

personnages de toutes les épocjucs montrant. ])ourrait-on dire. <■ la dentelle en action ».

i.a collection iMontefiore forme ])lusieurs centaines de numércjs, et Ton peut dire que les centres dentelliers non seulement de Belg'ique, mais de partout, y trouvent leur représentation à un degré à peine moins brillant qu'à Lyon et à Saint-Gall. Le rapprochement de ces types est d'autant plus instructif (|ue, même en Belgique, la fabrication des dentelles a perdu de son importance avec stjn originalité. C'est ainsi, par exemple.

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que le point de 3lalines a, en quelque sorte, cessé d'exister et que, Bruxelles pour garder sa suprématie, ne l'emporte point en perfection sur le travail de ses ouvrières d'antan. 11 y a, par exemi)l('. au Musée, un couvre-lit offert aux archiducs Albert et Isabelle, en 1599, à l'occasion de leur avènement, travaillé entièrement au fuseau, merveille de l'industrie dentellière n'ayant sans doute ses pareils nulle part. On ne se lasse point d'en admirer les cent vingt sujets empruntés en majeure partie à l'histoire nationale et aux é]jisodes de la grande procession de Sainte- Gudule, Y Oniuicganck prérappelé.

Dentelles de Belgique, de France :

Cluny, Alençon. Lille. Arras, Valenciennes, Sedan. Argentan ; d'Italie :

Gênes, Milan. Venise, de toute destination; d'Espagne. d'Allemagne, de Russie, de Norvège. d'Autriche, de Hollande, de l'Amérique du Sud, sont toutes ici représentées en spécimens admirables.

Puis, un ensemble des plus intéressantes de coiffures féminines de divers pays, appuA'ées de photographies d'après nature, elles-mêmes des plus curieuses (Don de la maison van 3ligem , d'Anvers

Pariie d'un diptyque de Genoels- Elderen.

La représentation de la tapisserie rivalise, au .Musée, avec la place importante revendiquée par la dentelle. Et ceci est remarquable aussi, tout à l'honneur de l'institution, laquelle n'a trouvé dans ses vieux fonds aucune pièce de provenance ancienne à mettre sous les yeux du public. Plusieurs des spécimens réunis au Musée sont d'excellence proclamée par les auteurs, tant sous le rapport du style que de l'éclat de leurs colorations et de la perfection matérielle de leur travail. Les plus anciennes datent du XIV^ siècle. Au xv= appartient la Bataille de Roncevaux, i)eut-ètre de provenance brugeoise. pouvant être aussi de Tournai. De la même époque, la Présentation au Temple, que l'on put voir à Paris en 1876 et 1889, et dans laquelle certaines autorités virent un produit du tameux atelier parisien de Nicolas Bataille, que cependant, aussi, on pourrait rapporter à Arras. C'est la plus ancienne tenture possédée par le Musée

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