LES FINANCES DE BUCAREST
e 1830 à 1860, les revenus de la commune provenaient de l'octroi, des amendes, du loyer des compartiments des marchés, de la taxe sur les poids et mesures, des décimes et du revenu des cartes à jouer dont la mairie avait le monopole. La commune recevait en plus une subvention de l'Etat pour le pavage.
En 1863, le Parlement accorda à la ville le droit de fixer elle-même son budget.
Nous ne commencerons l'étude des budgets de la ville de Bucarest q'à partir de 1866.
En cette année, le maire était M. Dém. Bratianu et dans le conseil municipal figuraient MM. Sim. Mihaescu, B. Toncoviceanu, R. Buescu, C. Lapati, C. Panaiot, Gr. P. Serurie, Ant. Arion, D. Culoglu, V. Hernia, P.
Jatropol, Gr. I. Lahovary et B. P rO- Coin du jardin de
topopeSCU. l'Episcopie
De l'exposé des motifs qui précède le budget de 1866, il ressort que lorsque la nouvelle administration a pris, en mains les intérêts de la capitale, la dette de la corn-
mune s'élevait à 7.000.000 de piastres, soit 2.240.000 fr. dont 1.600.000 fr. de créances connues et le reste passé au compte des sommes non encaissées pendant les années précédentes. Pour les 2.240.000 fr., le mairie était incapable non seulement de les rembourser, mais encore d'en payer les intérêts. Il n'y avait dans la caisse de la commune que 1.805 fr. On ne pouvait donc même pas acquitter les appointements des fonctionnaires.
Hôtel du Boulevard.
Le nouveau conseil municipal réduisit d'abord les dépenses: elles étaient sous la précédente administration de 2.301.728 fr.; le conseilles ramena à 2.291 .700 fr. 48 o
Il créait en même temps quelques impôts nouveaux : une taxe sur les fiacres, un impôt de 4% sur le revenu annuel des propriétaires, une taxe supplémentaire sur les cales et sur les objets soumis à l'octroi, une taxe sur les billets de mariage, une autre sur les constructions, une autre encore sur la farine etlamidon importés de l'étranger.
Le budget de 1866 se pésentait ainsi:
Recettes .... 7. 161.564 piastres ou 2.291.700 fr. 48 c.
Dépenses . . . 6.828.266 „ „ 2.185.045 „ 12 „
Excédent . . 333.298 „ 106.655 fr. 36 c.
Calea Victoriei.
Malgré ces prévisions, l'année financière se clôtura par un déficit de 3.206.276 piastres, soit 1. 026.00B fr. 32 c.
Coin de faubourg.
Le budget de 1867 prévoyait aux recettes 4.268.706 piastres plus le déficit de l'exercice précèdent soit 3.206.276 piastres à recouvrir sur le produit des nouveaux impôts, et aux dépenses 7.474.982 piastres; celui de 1868 retour bait à 3.000.000 piastres aux recettes et 2.998.005 de piastres aux dépenses.
Le revenu des octrois figurait dans le budget pour la somme de 2.579.500 piastres soit 825.440 fr.
Place Pache Protopopescu et sa statue
Le budget de 1869 nous donne:
Recettes 3.474.703 fr. 23 c.
Dépenses 3.45 1. 575 „ 50 r
Excédent . . 23.127 fr. 73 c.
Le revenu des octrois, donnés en entreprise, avait été inscrit pour la somme de 1.900.000 fr.
L'allocation pour les écoles qui était de 1 60.000 fr. en I866, était portée, en 1869, à 205.100 fr.
Le budget de 1 870 s'équilibrait, comme les précédents, avec un excédent sur le papier:
Recettes 3,812.227 fr. 57 c.
Dépenses 3.4 1 9.352 „ 57 ..
Excédent . . 3,r>r,7-i lr. —
Le revenu des octrois ne figure plus ici que pour 1.700.000 fr.
Le déficit s'éleva à 1.147.500 fr.
En 1871, sous l'administration de M. Se. Kretzulescu, le budget fut établi ainsi:
Recettes 2.664.727 fr. A I c.
Dépenses 3.122.727 „ 41 „
Le revenu des octrois a encore baissé; il ne ligure que pour 1 .600.000 fr.
Maison aux confins de la ville.
L'année suivante (1872), sous le même maire, nous avons un budget mieux équilibré:
Recettes 4.756.529 fr. 65 c.
I ((' penses 4.6(>7.4<°>2 ,. — „
Excédent . . 59.047 fr. 65 c.
Le revenu de l'octroi fut inscrit pour 1.700.000 fr. Les budgets des années 1873 et 1874 se soldèrent avec un déficit assez considérable.
En 1875, sous l'administration du colonel G. Mano, le budget se présentait ainsi:
Recettes 4.845.725 fr. — c.
Dépenses 4.781.325 „ 24
Excédent . . 64.399 fr. 7b c.
En 1876, sous la même administration le budget fut porté à 6.742.515 fr. aux recettes et aux dépenses. Les maires qui succédèrent le portèrent en 1877 a 6.436.639 fr. 76 c, en 1878 à 6.773.307 fr. 76, en 1879 à 7.650.890 fr. 60, en 1880à 7.208.537 fr. 60 c.
En 1881, le budget voté par le conseil municipal s'élevait à:
Groupe de tzigani.
Recettes 7.788.916 fr. 60 c.
Dépenses 7.784 744 „ 60
Excédent . . 4.172 fr. — „
En réalité, l'excédent fut de 10.730 fr.
En 1882, le budget redescend à 6.276.360 fr. avec un budget supplémentaire de 3.093.445 fr. pour le service de la régie des octrois.
Le budget de 1883-84 est reporté à 7.135.924 fr. 50 c. c'est le dernier de l'administration de M. D. Cariagdi.
Celui de 1884—85, qui porte la signature de M. N. Fleva, s'éléva à 8.504.910 fr.
Pour l'exercice 1885—86, le budget redescend à 7.660.3I2 lr., et pour l'exercice 1886—1887 il remonte à 7.807.820 fr.
Pour l'exercice 1887 — 1888, M. J. Câmpineanu, ramène le budget à 7.539.920 fr. Tannée suivante, 1888-1889, il est fixé à 7.889.350 fr.
M. Protopopescu-Pake établit le budget pour l'exercice 1889—90 et le porte à 9.755.000 fr. ; l'année suivante 1890-91, à 9.625.464 fr. 35 et, en 1891-92, à 1 0.479.431 -fr. 68.
En 1 892-93, M. Gr. Triandafil fixe son budget à 10.51 1.014 fr. 80 c.
En 1893-94, M. X. Filipescu porte le sien à 12.203.050 fr., en 1 894-95 à 12.515.313 francs. 40 cent, et en 1895-96 à 1 2.546.059 fr. 37 c.
Intérieur de l'hôtel particulier du Mr. G. Assan.
Le budget de M. C. F. Robesco en 1896-97 s'élève à 13.528.843 fr. 45 c, celui de 1897—98 à 13.528.343 fr. 45 c. et celui de 1898-99 à 15.458.313 fr. 83 c.
Le budget de l'exercice 1899—1900 redescend à 13.949.027 fr. 10 c,
Celui de l'exercice 1900—1901, sous l'administration de M. B. Delavrancea, remonte à 14.621.065 fr. 29 c.
Mais relui de M. J. Procopie-Dumitrescu, pour l'e-
xercice 1902-1903, retombe à 12.550.550 fr. 50 c. et celui pour l'exercice 1903-1904 à 11.776.975 fr. 38 c.
Le budget pour l'exercice 1905-1906 est établi par M. Michail G. Cantacuzino qui le fixe à 12.100.867 ir. 88 c; celui pour l'exercice 1906-1907 a été fixé à 12.619.428 fr. 20 c.
Les [revenus directs de 1888 à 1900 n'ont guère varié: ils étaient de 1.096.700 fr. en 1888-89 de 1.241.220
Maison de charron au faubourg.
fr. en 1895-96, de 1.438.300 fr. en 1900-1901; ils ont atteint 2.907.500 fr. en 1903-1904, puis 3.012.100 fr. en 1905-1906 et enfin 3.148.600 fr. en 1906-1907.
Les revenus indirects (octrois) qui n'étaient que de 4.002.200 fr. en 1888—89 et de 4.800.000 en 1892—93, se sont élevés en I893 — 94 à 7.464.500 fr., pour atteindre 8.497.743 fr. en 1896-1897.
Voici, du reste, les recettes provenant des octrois
depuis 1894-95 jusqu'au 1902-1903, époque à laquelle les octrois ont été supprimés:
Années
Revenu des octrois
. 6.621.929 fr.
Intérieur de l'hôtel G. Assan.
la salle de billard.
Nous avons donc, pour ces huit années, une moyenne de 7.461.522 fr.
En 1903, les octrois ont été supprimés et remplacés par le fonds communal dont le produit est sensiblement inférieur.
Le tableau suivant nous indique les différents chapitres dont étaient composés les recettes des octrois.
Liquides
Combustibles
Matériaux
Fourrages
Objets divers
Entrée en ville
Vente des bestiaux . . .
Allumettes et jeux de cartes.
Taxe sur les matières premiè-
res et le combustible destiné
aux fabrications ainsi qu'à
l'exportation
Confiscations
Cntrebande
Ancienne maison de Bucarest existant en 1906.
Le budget de l'exercice 1906-1907 se présente ainsi: