LA SALUBRITÉ ET LA SANTÉ PUBLIQUE
i par une belle matinée d'été, alors que l'air est encore pur, on jette les yeux du haut du foiçor (tour de feu) sur la ville qui s'étend à vos pieds, i on est certainement surpris par les innombrables taches de verdure que forment de tous côtés les jardins particuliers et les jardins publics; peu de villes au monde jouissent de cet immense avantage qui devrait assurer à Bucarest une place privilégiée parmi les capitales et en faire une des plus saines. Malheureusement l'étendue démesurée de la ville et l'insouciance ou l'ignorance de la population faubourienne, qui forme à chaque instant des dépots d'immondices sur les terrains vagues si répandus vers la périphérie, rendent la tâche de la commune dificile et, si Ton ne prenait d'énergiques mesures, constitueraient un perpétuel danger d'épidémies, par les fortes chaleurs d'été où l'on voit le thermomètre monter jusqu'à 50° centigrades.
Le service municipal de salubrité tend tous ces efforts à faire disparaître ces causes d'infections et de maladies, en adoptant et en appliquant les mesures les plus aptes à supprimer ces dangers.
Le facteur le plus important dans la question de salubrité, est incontestablement la qualité de l'eau potable et le débit dont dispose l'édilité. Nous avons déjà examiné à
propos de la Dîmbovitza, et de sa canalisation, la qualité et la quantité d'eau sur la quelle peut compter aujourd'hui la capitale et fait ressortir combien l'influence de l'eau avait été ressentie par la population, dont la mortalité encore de 16.75 pour 10.000 habitants, avant la canalisation
Section traetereologique à l'exposition.
de la Dîmbovitza et l'introduction des eaux de Bacu et de Bragadier, tombe en 1905 à 0.57 pour 10.000 habitants.
Sauf qulques égouts anciens qui existent dans quelques rues, principalement ealea Victoriei et calea Mosilor. le réseau d'égouts qui existe aujourd'hui a été entièrement construit d'après les types modernes.
Toutefois le système du tout à l'égout dans les mai-
sons est encore rare et introduit seulement dans les constructions récentes.
Ces canaux ont coûté à la commune 7.200.000 frcs. et sont absolument insuffisants.
Le débit total d'eau n'étant que de 19.145.583 mètres cubes, qui doivent servir tant à l'alimentation des habitants, qu'aux besoins de l'entretien de la ville, il est impossible de Javelles égouts comme il serait nécessaire et de satisfaire en été à l'arrosage d'une superficie telle que celle de Bucarest; c'est pourquoi en été on perçoit, en passant près des bouches d'égouts, une forte exhalaison et on voit au moindre vent se soulever des nuages de poussière. Il s'écoulera
encore bien des années avant Mr. ie docteur ooreja
j • n r/^ directeur du service sanitaire.
quon puisse avoir 1 eau suffisante pour remédier à ces inconvénients. Quant aux ordures, la question est plus aisée à résoudre et le service se fait par abonnement; la mairie, envoie chaque joun aux abonnés, ses 63 voitures systématiques, fait transporter les ordures au dépôt de Tunari et de la à l'aide de 30 fourgons, les envoie à la fosse aux ordures, située à côté de la fabrique de briques de Maximilien Tonolla et comble de la sorte petit à petit, l'immense trou que l'enlèvement du sable à briques avait formé. Les fourgons circulant sur les voies des tramways qui sont toutes reliées entre elles, le transport des ordures a lieu la nuit, alors que la circulation des tramways est suspendue.
Une partie des ordures se brûle au crématoire1) de
l) Le crématoire de Tunari a coûté 48.175 frs et celui de Negru-Vodâ /2.770 frs; leur entretien annuel revient à 4.270 francs.
Tunari et de Negru-Voda et une autre employée à remplir encore d'anciennes carrières de sable, vers les cimetières de Bel lu et de Sfànta Vineri.
Les latrines sont vidées avec des pompes ou par tonneaux; ce dernier système tend de plus en plus à disparaître, et les matières fécales sont jetées dans la Dâmbovitza, en aval, à une petite distance de la ville.
Bucarest laisse encore beaucoup à désirer en ce qui concerne les chalets de nécessité et les vespasiennes; leur nombre est restreint et leur système en général primitif. Il faut toutefois reconnaître que chaque année, nos édiles cherchent à les améliorer et à les multiplier. Les dernières
construites sont en effet du modèle de celles de Vienne. Actuellement Bucarest possède 50 vespasiennes, 10 latrines et 5 chalets de nécessité.
L'arrosage des rues se fait à l'aide de 33 grands tonnaux d'arrosage, de différents systèmes et a lieu deux fois par jour en été.
Pour ces différents services, compris le balayage des rues, la mairie emploie 380 balayeurs, 15 balayeuses mécaniques, 120traineaux pour la neige, 150 tombereaux à mains et 200 cochers. L'entretien de ces services lui coûte 180.000 frs. par an. Elle en dépense autant pour l'entretien des chevaux nécessaires.
Le service de la salubrité comprend en plus un ingénieur, un architecte et un réviseur dont le rôle est de constater l'état hygiénique des constructions.
En dehors de toutes ces mesures préventives, la commune a un service sanitaire, parfaitement organisé, placé sous la direction d'un médecin secondé par un personnel qui compte 17 médecins, 4 chimistes, I I vétérinaires.
Mendiant.
Mi
1 bactéréologue, 1 0 sage-femmes, 1 pharmacien, 10 vaccinateurs, 13 aide-ehirurgiens, 3 commissaires de santé, 3 réviseurs et un externe. Le budget du service sanitaire présente 327.348 frs. de traitements et 328.313 frs. de matériel ou frais.
La santé publique a toujours beaucoup préoccupé la municipalité, mais malheureusement les ressources restreintes de la commune, l'ont empêchée d'appliquer toutes les mesures que la situation et les conditions de îa capitale reclamaient. 11 a fallu beaucoup de patience et de persévérance pour réaliser une partie des travaux nécessaires et organiser les secours. La masse de la population est pauvre et l'assistance publique ne peut encore suffire à toutes les indigences, mais les remarquables résultats obtenus dans ces dernières années, font entrevoir, à bref délai, la récompense de ces nobles efforts, par l'excédent remarquable qu'accusent les naissances sur les décès.
Les causes de décès sont très diverses, mais pour la population de Bucarest, les maladies infectieuses tiennent une large place dans la causalité de
La tuberculose fait chaque année de nombreuses victimes, et semble même en progression croissante sur les années précédentes, malgré toutes les mesures prises pour com battre ce véritable fléau.
Si, en 1904, on a compté 1.231 décès causés par la tuberculose, c'est-à-dire 42,3 décès pour 10.000 habitants, cette proportion, — de 38,2 pour 10.000 en 1903, — n'était cependant que de 35,0 pour 10.000 habitants en 1899.
Mendiant.
a mortalité.
Bucarest, pour la mortalité due à la tuberculose, occupe malheureusement le premier rang parmi les grandes villes, laissant bien derrière lui Paris (38,4%oo), Saint-Pétersbourg (36,0%oo), Budapest (3959%oo), Vienne (31,4%oo), etc.. alors que la mortalité par la tuberculose n'est que de 16,6 %oo à Londres, 15 °/ooo à Bruxelles, et moins de 10%oo dans un grand nombre de villes d'Allemagne, où les conditions de vie sont cependant moins bonnes qu'à Bucarest, au point de vue de l'hygiène.
La fièvre scarlatine et la diphtérie élèvent aussi le taux de la mortalité, mais ces deux affections portent sur les enfants et contribuent avec les maladies de l'appareil respiratoire, les maladies de l'appareil digestif et de la débilité congénitale, à former la forte proportion des cas qui donnent le coefficient élevé de la mortalité infantile que nous avons signalée.
La fièvre typhoïde entre aussi, relativement pour une grande part, dans le nombre des décès annuels. Avec 53 décès en 1904, cette affection porta la mortalité dûe à cette cause à Bucarest à pourcentage élevé par rapport à la plupart des grandes villes — exception faite pour Athènes (10,5 %oo), Saint-Pétersbourg (5,9 %oo), Florence, Le Havre, Nice f2^™1).
Enfin les décès attribués au cancer, placent Bucarest parmi les grandes villes où cette mortalité est la plus accusée, car notre ville n'est dépassée à ce point de vue que par Dresde, Lyon, Vienne et Londres (o.12 à 0.10 °/oo).
Toutes ces maladies décroissent rapidement, à mesure que les conditions de l'hygiène et de l'alimentation se perfectionnent à Bucarest; ainsi en 1875 la proportion des décès produits par la fièvre typhoïde est de 16.6 par 10.000 habitants; elle atteint le chiffre de 45 en 1877, décroît en 1881, quand ont commencé les travaux de canalisation de la Dimbovitza, tombe à 5,5 en 1889, quand on commence à boire; à Bucarest l'eau de Bâcu, monte à 8,4 en 18(>7. par suite de la rupture d'une grande conduite
d'eau, pour retomber à 2,5 en 1901, quand ont été perfectionnées les installations d'Arcuda. On voit, d'après ces chiffres, quelle influence énorme a Teau potable sur la mortalité des villes.
Les principaux ravages de maladies infectieuses ont été causées par les épidémies de variole de 1879, 1885 et 1889; d'angine diphtérique de 1874, 1879 et 1880; de fièvre typhoïde de 1874, 1878, 1879 et 1880. En général la mortalité causée par les maladies infectieuses atteint son maximum en 1879 où la proportion des décès est de 18,75 pour
Sale a menger de l'hôtellerie populaire.
I.000 habitants et son minimum en 1905 où elle n'est plus que de 0,57.
La direction du service sanitaire de la commune a dressé plusieuis tableaux, montrant les progrès de l'assistance médicale à Bucarest et le soin que prend la mairie d'augmenter sans cesse sa sphère d'action.
En 1874 les môdècins communaux ont visité à domicile 2.415 malades, 960 malades ont été soignés au dispensaire et 62 femmes enceintes ont reçu des soins gratuits.
En 1905, 7.474 malades ont été soignés à domicile, 29.870 au dispensaire et 617 femmes enceintes allégées.
L'assistance publique compte encore parmi ses institutions:
L'hôpital Zerlendi, situé aux confins de la ville sur la hauteur de Filaret (Voie Sherban-Vodâ). L'emplacement et la bâtisse ont été légués à la ville, en 1899, pour devenir un hôpital communal, par le banquier Christofor Zerlenti et c'est en mémoire du défunt que l'on a conservé à l'hôpital le nom du donateur. Cet hôpital, destiné aux infirmes, a été ouvert en 1892 avec 40 lits, en 1904 il comptait déjà 120 lits, servant à 78 infirmes hommes et 40 infirmes femmes.
L'asile Domnitza Balasa pour 76 femmes infirmes; Proiopopnl Tador pour 24 femmes infirmes; Hôtsch pour 25 infirmes; „ Elena Djiwara pour 2 infirmes; „ Slâtineanca pour 7 infirmes; ., Elisabetheul (israelite) avec 19 lits; Elisabeta pour 101 femmes âgées.
La commune possède encore sur le quai de la Dimbovitza un asile de nuit où les malheureux qui n'ont pas d'endroit pour dormir, trouvent un lit et une soupe chaude. En 1905 on y a logé 6.443 hommes et 3.584 femmes, soit 10.027 personnes au total.
A côté de l'asile de nuit se trouve l'hôtellerie populaire, entretenue également par la ville et où l'un sert moyennant 0.25 cts pour la 1ère classe, et 0.60 cts pour la 2e classe, des repas substantiels aux indigents. Le menu de la 1ère classe se compose d'un quart de pain (V2 livre), une soupe et un plat, préparé toujours avec viande et légumes; le menu de la 2(' classe est le même, augmente d'un rôti et de vin, en outre les tables sont recouvertes de nappes et on y donne des serviettes. Cette hôtellerie a été inaugurée en I889, elle a été fondée avec le produit de fêtes populaires et a fourni en I905, 5505 repas de r "' classe et 63.261 de 2e soit 68.766 au total.
En I895 la mairie a construit des bains populaires
pour lesquels on a dépensé 145.000 frs; le bain y coûte 0.10 centimes, aussi l'établissement est-il très fréquenté, surtout pendant les chaleurs de l'été. Ces bains sont situés sur le quai Bibescu-Vodâ.
La création de l'Orphelinat date de 1775, il fut l'œuvre du prince Alexandre Ipsilante et s'alimentait des offrandes publiques; aujourd'hui l'Orphelinat, toujours sur le même emplacement de l'ancien monastère Negru-Vodâ, est entretenu par la commune. On y comptait en 1905, 484 enfants tant orphelins que trouvés, dont 250 garçons et 234 filles.
Enfin la mairie a en vue de bâtir un hospice communal poulies prostituées qui actuellement sont soignées à l'hôpital de Colentina, dépendant de l'Ephoriedes hôpitaux et pour lesquelles, la commune sert annuellement une subvention de 20.000 frs à l'Ephorie. ïl existe bien
le dispensaire, mais On Cusiène de rhotellerie communale.
n'y soigne pas à demeure. Ce dispensaire a été fréquente en 1905 par 477 prostituées; chaque prostituée est pourvue d'un livret qu'elle doit présenter au moins une fois par semaine à la visite médicale et qui lui sert de sauf conduit. Le service de la prostitution est placé sous la direction d'un médecin et 3 commissaires sanitaires et sous la surveillance directe de la police. Comme dans toute grande ville, la prostitution clandestine est très répandue à Bucarest et rend la surveillance délicate et difficile.
L'Ephorie des hôpitaux
Si Bucarest à une institution propre que l'étranger peut lui envier à juste titre, c'est bien TEphorie des hôpitaux civils. Nous empruntons à Mr Alexandre Gâlâsescu, chef du service des hôpitaux et du personnel de l'éphorie, quelques précieux renseignements relatifs à cette institution.
En 1706 le prince Michel Cantacuzène fonde à Bucarest le 1er hôpital qui occupait les ailes de droite et de
gauche de la vieille tour de feu Coltea, aujourd'hui disparue. En même temps ce prince dota sa fondation de biens administrés par des éphores.
En 1735 le prince Grigoire Ghica fonde l'hôpital Pantelimon et en 1 750 un second hôpital, JSSéÊÊk^ < [ 1 1 ■ i 1 dota également de diffe-
JmfàKËt rentes terres.
JÊ Vers 1815 ces fondations
ne pouvant suffire aux nombre toujours croissant de malades qui venaient chercher un allégement à leurs maux, les boyards, les négociants et diverses personnes charitables, se cotisèrent et l'hôpital Filantropie (amour du prochain) fut construit.
Jusqu'en 1832 chacun de ces hôpitaux avait son administration propre, dont faisaient plutôt partie les membres de la famille du fondateur. En 1832 ces différentes administrations constituèrent une éphorie centrale qui contrôlait la gestion des éphories spéciales de chaque hôpital, nommait le personnel subalterne et prenait des dispositions générales concernant les hôpitaux. Les éphores centraux étaient pris parmi les membres des familles fondatrices.
Le General Davila docteur.
En 1847 le prince Georges D. Bibesco supprime l'Éphorie, ainsi que les éphories particulières, institue une éphorie de tous les hôpitaux existants, ordonne que les terres en soient affermées aux enchères, et que les revenus encaissés par l'Etat, seraient servis à l'éphorie au fur et à mesure des besoins d'après un budget arrêté, approuvé par le prince et les comptes soumis au contrôlé. Durant
Palais de l'Ephorie des hôpitaux civils.
les années 1856 à 1859 on en sépara l'éphorie de l'hôpital Panteleimon qui redevint indépendante.
En 1859 on réunit de nouveau toutes ces administrations et l'éphorie centrale passa sous la direction du service saintaire du Ministère de l'intérieur.
L'état déplorable dans lequel étaient arrivés les hôpitaux sous l'administration de l'Etat, fit qu'en 1854 le grand homme d'état roumain Michel Kogàlniceanu proposa au prince Alexandre Couza de rendre à l'éphorie ses biens et d'en faire une administration distincte de celle de l'Etat.
C'est à dater de cette époque que commença pour l'éphorie l'activité propre et bienfaisante dont la prospérité toujours croissante gagna la confiance de toutes les âmes charitables et généreuses qui augmentèrent par leurs dons, les revenus de l'institution et lui permirent le développement de son œuvre admirable.
Ce qui caractérise tout particulièrement cette institution et en fait une grande œuvre humanitaire c'est que tout malade y est soigné gratuitement et sans distinction de nntionnalité on de confession.
Les revenus de l'Éphorie s'élevaient en 1830 à 70.000
frs, ils sont actuellement de 5.073.415 frs.
L'administration est indépendante de l'Etat, sous le seul contrôle de la chambre des députés pour le budget et de la Cour des comptes pour la vérification de la gestion, car la loi de la contabilité publique s'applique également à l'éphorie, qui en revanche poursuit ses rentrées d'après la loi des poursuites pour les revenus de l'Etat. C'est aussi la loi des pensions de l'Etat que régit les pensionnaires de l'Ephorie. L'administration compte six services:
a) Des hôpitaux, de l'économat et du personnel, avec 2 inspecteurs, un pour les hôpitaux et un pour les pharmacies ;
b) Sylvico-dommenial, avec un ingénieur arpenteur et des sylviculteurs, chefs de circonscriptions;
c) Du contencieux; ri ) De la contabilité;
Maison de Mr. le Dr. Mirinescu
e) De la caisse;
f) Technique divisé en service des architectes et service des ingénieurs.
Ces services sont dirigés par trois éphores et un directeur.
Les éphores sont pris l'un parmi les membres de la famille fondatrice Cantacuzino, un autre parmi les membres de la famille fondatrice Ghica et le troisième parmi les docteurs en médecines qui ne sont pas médecins des hôpitaux. Les éphores sont nommés par décret royal sur la proposition du ministre de l'intérieur, et reçoivent un traitement pris sur les revenus de l'institution.
Le personnel médical se recrute par voie de concours, ses médecins sont pour la plupart les premiers de la Capitale et les professeurs de la faculté de médecine ont pour clinique les salles de ses hôpitaux.
L'éphorie possède en outre pour le service de ses hôpitaux, un dépôt central de matériel et un de médicaments, auquel est annexé un laboratoire de pharmacie et de chimie, pourvu de tous les appareils nécessaires aux analyses de quelque genre que ce soit.
Il existe également un atelier pour la confection et la réparation de la lingerie et des effets des malades.
Chaque'hôpital compte:
Un médecin primaire;
Un médecin secondaire par section:
Des internes;
Des externes;
Des surveillantes prises parmi les sœurs de charité et les sages femmes;
Mr. C. Professeur Dr. General Teodori.
Des infirmières et des aides, une pour chaque 10 lits. ; Des hommes de service.
Les médecins, les internes et les externes sont nommés, par décret royal et à la suite d'un concours; le médecin primaire est nommé à vie, les secondaires pour 4 ans, conformément à la loi sanitaire qui tend par cette mesure à former le plus grand nombre possible de mé-
L'hôpital Coltea.
decins, les internes pour quatre ans et les externes pour trois.
L'entretien d'un malade revient en moyenne à 1 fr. 50 c. par jour.
L'hôpital Coltea
Situé rue I. C. Bratiano (ancienne rue Col^ei), c'est une immense construction toute moderne, répondant à toutes les exigences de la science, éclairée à l'électricité et qui à remplacé le vieil hôpital d'autrefois dont on a con-
serve seulement la petite église de style bizantin et la statue du fondateur Michel Cantacuzino.
Il contient 306 lits, divisés en six sections de 50 lits chaque:
La section médicale, du professeur1) C. Stoicescu. La 1-ère section chirurgicale du professeur C. Severeanu.
La 2-e section chirurgicale du professeur Toma Ionescu.
La section de dermatologie et syphilis du docteur M. Petrini Galatzi.
La section d'ophtalmologie du professeur N. Manolescu.
Ces sections servent également comme cliniques aux professeurs de la faculté de médecine enfin :
La section des maladies des voies urinaires du docteur P. Herescu.
L'hôpital contient trois amphithéâtres, des musées, bibliothèques et laboratoires.
Attenant à l'hôpital se trouve le dépôt général du matériel nécessaire à tous les hôpitaux et l'atelier de confection, ainsi que le dépôt des médicaments et le laboratoire de pharmacie et de chimie.
M. le professeur Dr. V. Babes.
L'hôpital Filantropia
Cet hôpital date de 1815, il est diï a l'initiative du docteur Caracach, du prince Grégorie Balleanu et encore à quelques particuliers.
l) Le titre de professeur indique les professeurs de la faculté de médecine de Bucarest.
Il contenait au début 40 lits, aujord'hui il en compte 235.
L'hôpital est situé sur la chaussée du même nom.
Il comprend les services suivants:
La 1-ère section médicale du professeur N. Maldarescu, doyen de la faculté de médecine;
La 2-ème section médicale du docteur Jean Nanu Muscel ;
La 1-ère section chirurgicale du docteur Georges Nanu ;
La 2-ème section chirurgicale du professeur C. Angelescu ;
La section Gynécologique du docteur I. Kiriac.
Les quatre premières ont chacune 50 lits et la dernière qui occupe un pavillon à part, 35 lits.
L'hôpital est éclairé à l'électricité, possède un laboratoire, un amphithéâtre, salles de bains, pharmacie, salle d'autopsie et une chapelle.
C'est dans la cour de cet hôpital que sont installées la blanchisserie mécanique et la fabrique de glace artificielle servant à tous les hôpitaux.
L'hôpital de la Maternité
Fondé en 1839 par le prince Michail Ghica, avait au début 12 lits, en possède aujourd'hui 80.
L'hôpital est attenant à celui de la Filantropie; il est dirigé par le professeur Draghiescu. On y reçoit seulement les femmes qui sont sur le point d'accoucher. C'est à cet hôpital que se fait la clinique obstétricale de la faculté de médecine et qu'est installée toujours sous la direction du Dr. Draghiescu l'école des sages femmes.
Le service intérieur de l'hôpital est fait par des sages femmes diplômées, des sages femmes élèves, reçues internes et de simple élèves sages-femmes qui y font la pratique nécessaire.
L'hôpital des enfants
Fondé par l'éphorie en I857, avait 40 lits au début, en compte actuellement 1 30 ; est situé sur la chaussée Bonaparte et rue Clopotarii-Noui.
On n'y admet que les enfants jusqu'à l'âge de 14 ans. Par exception on y interne aussi les mères, quand il est imposible aux enfants de s'en séparer.
Il y a trois sections:
La section médicale du professeur Tomescu;
La section chirurgicale du professeur Romniceanu;
La section des maladies contagieuses du docteur Mirinescu et qui occupe trois pavillons séparés et disposés de telle sorte que chaque pavillon peut servir en même temps pour deux maladies contagieuses différentes.
L'hôpital compte en plus un service spécial de consultations gratuites desservi par le docteur P. Vladoianu.
Pavillon de l'hôpital Colentina.
L'hôpital Colentina
Elevé en 1864 par l'éphorie sur la chaussée Etienne le Grand, a débuté par 100 lits, en possède 243 actuellement.
Il y a 4 sections:
La section médicale du docteur Urlâteanu; La section chirurgicale du docteur Racoviceanu-Pitesti ; La section des maladies vénériennes du docteur Anghelovici ;
La section des maladies contagieuses pour les adultes du docteur Grozovici.
Chaque section a 50 lits, sauf celle des maladies vénériennes qui en possède 100 et les 2 pavillons séparés pour les maladies contagieuses qui ont ordinairement 43 lits, mais dont le nombre au besoin peut être considérablement augmenté. Les pavillons ont la même disposition qu'à l'hôpital des enfants, et l'hôpital possède encore des pavillons séparé et spéciaux pour les cas d'épidémie.
L'hôpital Pantelimon
Fondé en 1735 par le prince Grégorie Ghica, comptait 12 lits au début, en a 250 aujourd'hui; il est situe aux portes de Bucarest et sert aux maladies incurables ou nerveuses.
Il comprend deux services:
La section des maladies chroniques et incurables du docteur E. Tulbure, avec 150 lits;
La section des maladies nerveuses du docteur G. Marinescu, avec 100 lits. Ici se fait la clinique des maladies nerveuses de la faculté de médecine.
Dans la cour de l'hôpital se trouve l'église élevée par le fondateur et qui renferme le monument sépulcral du prince Alexandre Ghica et des reliques de valeur.
L'hospice des fous de Marcoutza
Il est situé près de Bucarest et contient 700 aliénés. C'est la propriété de l'Etat, i'éphôrie n'en a que l'administration, l'Etat, le district, la commune et les particuliers subventionnent l'éphorie pour l'entretien des malades. La
subvention est de 1 frs. 37 pour les malades tenus en commun, et de 2 frs. 66 pour ceux en pension.
Jusqu'en 1837 les fous n'étaient pas soignés, on les isolait ou on les internait dans un des monastères du pays, aujourd'hui on les traite selon les méthodes les plus scientifiques, il est vrai que l'hospice actuel n'est pas aménagé à cet effet, mais les plans sont prêts pour un grand et bel hospice avec tout les perfectionnements connus qui pourra contenir 1 .000 aliénés et que l'Etat va fait construire sur le plateau de Vacaresti.
Il y a deux sections.
La section commune et des pensionnés, ayant pour médecin le professeur Obregea, directeur du service sanitaire au ministère de l'intérieur.
La section clinicomentale, du professeur Soutso. C'est ici que se fait la clinique de la faculté de médecine pour les affections mentales.
Les aliénés sont internés par l'autorisation du parquet et à la suite
, , Tzigan montreur d'ours.
d un rapport dresse par des expert médico-légaux
L'hospice renferme des ateliers de menuiserie, de cordonnerie, de lingerie et autres dans lesquels on emploie les aliénés tranquilles et capables d'un travail de ce genre; il y a même de vastes terrains qui sont cultivés par eux et rien de ce qui peut ammener à la longue une guérison ou même une amélioration n'est négligé.
Cet hôpital ainsi du reste que tous les hôpitaux de Bucarest est entouré d'un vaste jardin, ombreux et fleuri, d'un effet très heureux en général sur les malades, et qui
met sa note fraîche et calme dans ce milieu de souffrances ; il faut ajouter que l'administration met une certaine coquetterie même à rendre ses jardins dignes d'admiration.
Pour mieux faire saisir l'activité de l'éphorie voici quelques données statistiques sur le mouvement des hôpitaux en 1904, dernière année pour laquelle les calculs ont été faits:
Hommes Femmes Garçons Filles Nouveaux nés
Sont entrés. 23.929 malad. dont: 8.982 9.542 2.843 2.562 2.001 Sont sortis . 22.838 „ „ —
Guéris . . 16.101 notamment: 5.068 6.758 2-264 2.081
Améliorés . 4.882 , 2.242 I.950 389 300
Non guéris 1.855 „ 842 775 135 103
mort- nés
Morts . 1.09 1 „ 426 288 295 122 115
Sont restés en
traitement. 1.3 i 4 malad. dont: 702 -74 72 66
Ces malades ont été répartis comme suit:
A l'hôpital Coltza 5.134 malades
Filantropia 5.340
„ „ Colentina .... ...... 4.469 „
des enfants 2.910
., „ Pantelimon .... 711 „
femmes enceintes ou supposés enc. 2.214 Avortements . . 202 Nouveaux nés . 2.01 I Marcoutza (aliénés) 938
de la Maternité
D'après les services il y a eu de traités:
Dans les sections médicales 11.970
„ „ de chirurgie 51413
„ „ « spéciales . . 5.546
D'après la nationalité ces malades étaient:
Mou mains 19.848
Austro-hongrois 2.141
Allemands 352
Bulgares 205
Turcs 102
Italiens 87
Grecs 84
Serbes . > 39
Français 26
Russes 14
Divers 11
D'après leur religion il y avait:
Chrétiens-ortodoxes 18.974
Autres rites chrétiens 3 262
Mahométans 57
Israélites 1.635
Maison de M-me Econome
rue Batishtei.
La proportion des guéris et des morts pour chacun des hôpitaux est la suivante:
Hôpital Coltza . . .
„ Filantropia „ Colentina des enfants Pantelimon
Maternité
Marcoutza
Accouchements Avortements .
Nouveaux nos
Guéris
Morts