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RÉSIDENCES ROYALES

La Cour royale ne passe au Palais de la calea Victoriei que les mois d'hiver, de novembre à juin. Ce palais en fer à cheval se compose de trois corps de bâtiments: I" à gauche, en arrivant, une ancienne maison boyarde, qui

a déjà servi de résidence aux princes Alex. Ghyka et Couza et qui actuellement renferme, à l'étage, les appartements du Roi et de la Reine, avec leurs bibliothèques, leurs salons et leurs cabinets de travail respectifs; au rez-de-chaussée, la chancellerie et les pièces de réception des maisons civile et militaire; 2° au centre, une construction nouvelle renfermant les grandes salles pour les fêtes; au rez-dechaussée, la salle à manger avec les pièces de dégagement; à l'étage, que l'on gagne par un superbe escalier de marbre,

Le Palais princier de Cotroceni.

la salle des fêtes et la salle du trône; 3° l'aile droite, de date plus récente encore, sert de corps de garde et contient à l'étage de riches appartements pour les hôtes princiers. C'est là qu'on logea, lors de leurs dernières visites, l'empereur François-Joseph et le roi Alexandre de Serbie.

Composé ainsi de constructions juxtaposées, le palais manque assurément d'homogénéité à l'extérieur et il n'en impose point par ses grandes lignes. A l'intérieur, en revanche, le souverain et la souveraine se sont plu à le

meubler avec un goût et un luxe vraiment royal, et à l'enrichir de tableaux et d'objets d'art qui en font une résidence tout-à-fait digne du jeune royaume qu'ils ont fondé.

Parmi les pièces les plus remarquables il convient de citer la bibliothèque de S. M. le Roi, pour ses belles boiseries et la richesse de son contenu en ouvrages d'art, d'histoire militaire, d'histoire, de littérature; puis le salon de musique de S, M. la Reine, pour les belles peintures, les perles de la galerie royale qui s'y trouvent; l'escalier d'honneur par son aspect monumental, avec, au-dessus de la colonnade, un beau plafond du peintre viennois Veitts, le vestibule de la salle des fêtes, pour la magnificence de ses portes de bronze et de marbre, pour sa couverture vitrée en style moderne et pour les ouvrages d'art qui s'y trouvent: un groupe du sculpteur Starck représentant la reine Elisabeth donnant des soins à un blessé, deux excellents bustes du Roi et de la Reine par Hegel, et deux portraits officiels du Roi et de la Reine par Jean Lecomte du Nouy, ainsi que la revue de Cotrocéni en septembre 1896, peinte avec beaucoup de soin par le peintre Adjukiewicz, en souvenir du défilé de l'armée roumaine devant l'empereur d'Autriche François-Joseph.

Le palais de Cotrocéni, situé à l'extrémité ouest de la ville, au bout des grands boulevards, est un ancien monastère transformé, qui a jadis servi de résidence de printemps et d'automne au Roi et à la Reine. Reconstruit à neuf en ces dernières années, il est devenu la résidence de LL. AA. RR. le prince et la princesse de Roumanie, et il se distingue autant par le pittoresque des façades extérieures que par l'arrangement artistique des appartements intérieurs, dû surtout au goût merveilleux et au talent décoratif de la Princesse Marie de Roumanie.

Dans le parc qui entoure le château se trouve le mausolée de la petite princesse Marie, morte à l'âge de 4 ans, l'unique enfant qu'ait eu le couple royal de Roumanie.

La cour passe l'été au château de Pélesh, à Sinaïa, non loin de la frontière de Prédéal.

Cette résidence, construite en style renaissance allemande, œuvre d'un architecte viennois, est fort heureusement adaptée au site montagneux et aux grands bois qui l'environnent. L'intérieur, meublé avec une richesse et un goût exquis, fait de ce château une des merveilles de l'architecture moderne.

Commencée en 1871, la construction interrompue pendant a Guerre de l'Indépendance, a été achevée en 1883, après bien des difficultés vaincues, résultant surtout des

Vue de l'un des domaines de la Couronne.

mouvements du sol provoqués par des sources qui minaient le terrain et qui, aujourd'hui captées et canalisées, se déversent dans le torrent au bord duquel, sur une large esplanade, s'élève, féérique comme une demeure enchantée, la résidence nouvelle, avec ses tours, ses galeries et ses clochetons. A l'entour, dans la vallée du Pélesh, les dépendances, corps de garde, communs, écuries, et plus au fond de la vallée, le nouveau palais qu'habite la famille princière, le Foïshor, où l'on retrouve dans l'ameublement et l'aménagement intérieur, la fantaisie aimable et surprenante de A. vS. R. la Princesse Marie de Roumanie.

La construction de Castel Pélesh ayant servi, dans cette région, de mode à l'aristocratie roumaine, il n'a pas tardé à se former, non loin du château royal, toute une ville de villas, avec des hôtels et de gracieux cottages. C'est là que la société élégante de Bucarest aime à passer la saison chaude.

Avant la construction du château royal, le Roi et la Reine prenaient leurs quartiers d'été au couvent de Sinaïa, dans lequel on avait aménagé quelques pièces pour les recevoir. C'est ce monastère, élevé par Michel Cantacuzène, au milieu du XVII siècle et baptisé du nom de Sinaïa, en souvenir d'un voyage en Terre-Sainte, entrepris par le fondateur, qui a donné son nom à la ville, et celle-ci prospère et se développe chaque année davantage et forme déjà une des plus belles stations mondaines de l'Europe. Ajoutons qu'il est question d'y bâtir un grand casino et un chemin de fer électrique, reliant Sinaïa aux autres stations d'été de la vallée, Boushténi, Azouga et Prédéal.

Maisons civiles et militaire royales et princière et domaines de la Couronne.

Le maison civile du roi se compose d'un administrateur des domaines de la Couronne qui, depuis 1884, est M. Kalindéro, éminent administrateur, doublé en même temps d'un savant et d'un écrivain très distingué, d'un maréchal de la Cour, d'un secrétaire, d'un directeur des résidences royales, d'un caissier, d'un bibliothécaire, d'un comptable et d'un comptable-adjoint.

La maison militaire est formée d'un général de brigade, chef de la maison militaire et de six aides de camp.

La maison de S. M. la Reine est constituée par une grands maitresse de la Cour, deux dames d'honneur et un secrétaire des commandements.

La maison de LL. AA. RR. le Prince et le Princesse de Roumanie est formée par un général maître de

la Cour, une dame d'honneur, une gouvernante des Enfants de Roumanie, et un gouverneur civil de S. A. R. le prince Carol.

Quelques mots enfin sur les domaines de la Couronne: Les domaines de la Couronne méritent d'être cités à part; leur sage et admirable administration, sous la direction de M. S. Kalindéro, ayant fait de ces domaines des

S. A. R. le prince Carol.

modèles de culture intensive et d'industrie pratiques, qui ont servi aux grands comme aux petits propriétaires et ont exercé la meilleure influence sur le pays.

Ces domaines ont été institués par la loi de 1884, qui fit don à la Couronne de douze terres d'une étendue totale de 130.000 hectares environ, et dont elle a l'usufruit aussi bien du sol que du sous-sol. Elle peut les exploiter

directement ou les affermer sans que, dans ce dernier cas, le terme d'affermage puisse dépasser 10 ans.

Elle peut de même exploiter les forêts qui s'y trouvent, en se conformant aux prescriptions du code forestier.

Ces propriétés sont exemptes d'impôts envers l'Etat, mais non envers les communes.

*pjm S. M. le roi a organisé pour

Wm ses domaines une administration

spéciale, confiée à M. Kalindéro, et qui tend à développer sur chacune de ces terres la culture la plus intensive et la plus rationnelle, afin que par ses résultats satisfaisants elle inspire les autres propriétaires et contribue plus efficacement à une rapide amélioration du système de culture du pays.

On y pratique la culture intensive avec assolements et engrais et en soumettant les différentes cultures à la rotation la mieux appropriée. L'élevage du bétail est également développé et, en dehors des petits industries du beurre, laitage, fruits séchés, brosses, chapeaux de paille, nattes en jonc, poteries, il s'y est formé de grandes industries de corderie, de soieries, de meubles ordinaires et de luxe, de tissus de laine et de chanvre, etc.

Kalindéro.

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