C. A. Rosetti
Le gouvernement, au début de l'année 1906, était formé par le ministère conservateur suivant :
M. Georges Cantacuzène, président du Conseil et ministre de l'Intérieur.
M. Le gai. Jacques Lahovar}^, ministre des Affaires étrangères; „ Take Ionesco, ministre des Finances; „ Gl. Georges Mano, „ de la Guerre; „ Jean Lahovary, „ des Domaines, de TAgricul-
[ture et du Commerce.
„ M. Vladesco, „ de l'Instruction publique et
[des Cultes ; „ Badarau, „ de la Justice ;
„ Jean Gradishtéano, „ des Travaux publics.
Au mois de février, une nouvelle douloureuse vient surprendre et affliger tous ceux qui avaient connu et apprécié le général Jacques Lahovary. Le ministre des Affaires étrangères venait de succomber à une courte maladie. Ce département fut occupé par le frère du défunt, M. Jean
Lahovary, ministre des Domaines. Quelques mois plus tard, un changement survint dans la composition du ministère, M. Badarau se retira pour faire place à M. Grécéano et M. M. Vladesco à M. C. Dissesco. \)
Le Ministère de PIntérieur. — Ce ministère, situé rue
rieure de guerre et donnant sur le rue Col^ei — aujourd'hui
l) Au momenta où paraît ce livre, des événements pénibles qui un instant menacèrent même la stabilité de l'ordre social dans le pays, détermina la démission du gouvernement conservateur, auquel succéda un ministère libéral, sous la présidence de M. Démètre Stourdza, le chef du parti libéral et l'un des hommes d'Etat les plus remarquables qu'ait possédés la Roumanie.
Ce ministère est ainsi formé: MM. Dém. Stourdza, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères ; Jean L. Bratiano, ministre de l'Intérieur; Emile Costinesco, ministre des Finances; Sp. Haret, ministre des Cultes et de l'Instruction publique, B. Mort/un. ministre des Travaux publics; Antoine Carp, ministre des humaines et de l'Agriculture; Général A.veresco, ministre4 de la Guerre; Thoma Stélian, ministre de la Justice.
Le maire de la capitale est .M. Yintila Bratiano, et le préfet de police m. Emile Petrescu.
Le Sénat est présidé par M. I*. S. Aurélian, et la Chambre par M. Michel Phérékide.
de l'Académie, est de construction assez ancienne, il présente trois côtés ayant façade sur la cour que ferme la grille bordant la rue de l'Académie. La partie du fond renferme au premier la grande salle où se réunit le conseil des ministres et où se trouve également la chancellerie du conseil.
M. Gr. Cantacuzino.
Autrefois une petite porte de derrière mettait en communication le ministère avec la caserne des gendarmes à cheval, située derrière, devenue aujourd'hui l'école supé-
loan C. Bratiano — c'est par cette petite porte, que dans les occasions délicates les ministres se retiraient.
Du ministère de l'Intérieur dépendent: la direction des télégraphes, postes et téléphones, ayant leur palais propre et dont nous parlerons plus loin;
La préfecture du département;
La direction générale du service sanitaire;
La direction du Moniteur Officiel et l'imprimerie de l'Etat ;
La direction de l'administration districtuelle et communale;
La direction générale des prisons; La direction de l'administration générale du personnel et de la police de surêté;
La préfecture de police de la Capitale; La direction de la comptabilité générale; La gendarmerie rurale;
Le service de surveillance pendant l'Exposition de
La majorité de ces services occupent des locaux à part en dehors du ministère.
Les postes, télégraphes et téléphones
Autrefois, il n'existait, dans les pays roumains, aucun service des postes. Des courriers à cheval portaient les ordres du prince; quant au public, il confiait ses lettres aux négociants, aux moines, ou à tous ceux que leurs intérêts obligeaient à faire de fréquents voyages.
Les relais de poste furent organisés au XVII e siècle. Le service se faisait alors, pour la Valachie, entre Bucarest et Târgovishte, Bucarest et Craïova par Roshiori, Bucarest et Calarashi, et, de là, par Silistria, à Constantinople; pour la Moldavie, entre Iasy-Bêrlad et Chilia, et, de là, à Constantinople, et entre Iasy et Hàrlau, et, de là. à Czernovits.
Les relais étaient distants les uns des autres de 20 kilomètres et quatre ou six chevaux emportaient à toute vitesse la voiture qui transportait les dépêches du prince, les courriers et les hauts dignitaires.
En 1775, le prince Al. Ypsilanty réorganisa les relais (menziluri), qu'il prit au compte de l'Etat et mit le service à la disposition du public.
A chaque relai était attaché un capitaine et plusieurs postillons exempts d'impôts. L'administration des relais était placée sous la direction de deux hauts fonctionnaires résidant à Bucarest.
Le Prince avait ses courriers à cheval spéciaux : les Calarasi, qui portaient la correspondance à Constantinople, et les Lipcani qui transportaient, les ordres en province.
En 1 846, le service des postes fut donné en entreprise. Le service était ainsi organisé:
M. Gr. Cerchez
"ur général dos postes.
Bucarest— Urzicéni— Braïla — Galats.
Urzicéni — Focshani — Braïla.
Bu carest— Ploeshti.
Ploeshti— Buzt u et Ploeshti— Târgovishte.
Bucarest— Ol ton itsa — Calarashi — Braïla.
( Mtcnitsa — Giurgevo.
Bucarest — Giurgevo — Zimnicéà— Turnu.
Bucarest — Ciolaneshti — Turnu.
Slatina — Craïova— T.-Séverin — Verciorova.
I lucarest — Piteshti.
Piteshti— Câinéni, prin Câmpulung et R.-Vâlcei.
R .- V AI coi — Mi ri la — Tîrgu-J i u .
Tîrgu-Jiu— T.-Séverin et Tsântarei.
T.-Séverin— Calafat.
Calafat —Craïova.
Cra ïo v a — Ca ra ca 1 — Isl a z .
Ce service, qui employait 3688 chevaux, était placé sous l'administration d'un directeur choisi par les entrepreneurs, approuvé par le ministre de l'Intérieur et confirmé par le Prince. Le budget de cette direction s'élevait à 28.560 piastres (9.139 fr. 20 c.) que payaient les entrepreneurs.
En 1864, la Moldavie ayant été réunie à la Valachie, le service des postes et télégraphes fut unifié.
En 1865, on créa une direction générale et l'on éta-
Voiture de poste.
blit à Bucarest, en dehors du bureau central, quatre bureaux: le premier, Podul Mogoshoaei, le second Podul de Pâmînt, le troisième Podul Cal^ei et le quatrième Podul Têrgului d'afarâ. Faute de personnel, on dut les supprimer l'année suivante.
En 1878, le directorat général créa deux succursales, l'une au ministère des Finances, qui existe encore, et l'autre calea Mosilor, qui tut supprimée au bout de six mois.
En 1893, d'autres succursales furent créées, Tune calea Mosilor, l'autre calea Vacareshti et la troisième calea Ra-
hova. Les résultats en furent satisfaisants et on a depuis établi d'autres succursales.
Voici la liste des directeurs généraux qui se sont succédé depuis 1864.