‹ Bucarest en 1906Chapitre 65 sur 75 · L'ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

L'ARCHITECTURE

'habitation roumaine non paysanne peut se ramener à deux types: l'un celui de la maison forteresse, l'autre celui de la maison seigneuriale. La première (la koula) se compose d'un immense cube dont les murs sont aveuglés à la base sauf une porte et une ou deux fenêtres choites à par veaux; le second étaje ne contient

également qu'une fenêtre à chaque face du cube; le troisième étaje a généralement deux faces du cube avec une ou deux fenêtres plus grandes; la troisième se compose d'une galerie ouverte à colonnades ayant accès sur des appartements et la dernière face parfois d'un balcon en bois; à l'intérieur d'un escalier massif allant de palier en palier.

Une Koula.

Entrée d'église ancienne.

Le second type cl'

M. I. D. Berendey.

Architecte.

chambre en hall anglais, les pièces de l'habitation.

Les monuments du culte chrétien portent tous en Roumanie le cachet du Style oriental byzantin.

Les principaux monastères du pays au point de vue de l'art, sont les suivants : Horez vrai chef d'œuvres d'architecture, admirablement conservé, fondé en 1662 par Constantin Brancovan, Curtea-de- Arges, les Trois Hérarques de Iassy, Cozia fondé en IB86 par Mircea le Grand Cornetu datant du XVII-e siècle, le Monastère de

tation seigneuriale, se présente avec une large façade dont le rez de chaussée donne accès aux caves et, par une porte ouvrant sur un escalier, au premier et unique étage, qui présente sa façade en galerie ouverte donnant accès sur les appartements. Cette façade, qui avance sur le corps proprement dit de l'habitation, est parfois plus étroite et travaillée avec un grand luxe, elle porte le nom de pridvor ou entrée et rappelle le narthex des églises. L'intérieur se compose d'un vaste antisur la quelle donnent toutes

Le monument «le L. Cazavlllan

construit à Hellu par l'architecte A. Clavel.

Le Monastère et l'église de

Neamtz fondé en 1392, où il y a encore des objets d'art de toute beauté. Probota fondé en 1391. Soveja fondé en I645 par Mathieu Bassarab; l'é glise Domneasca (princier e) de Tirgoveste fondée en 1588 par Pierre Cercel, Tismana d'après la tradition fondé par St. Necodéine l'instaurateur du monachisme Roumain.

M. S. BurctîS.

Architecte.

Curtea-de-Arges est le bijou de l'architecture roumaine. Commencé vers 1512 par Neagoé Bassarab, l'église ne fut terminée qu'en 1526 par le prince Radu de la Afumatzi gendre de Neagoé Bassarab ; elle eut à souffrir desXdéprédations de Bator Gabor en 1616: Mathieu Bassarab le restaura en 1640 et l'enrichit de dons magnifiques; vers 1786 les Turcs dévastèrent l'église qui en 1838 eut encore à souffrir des suites d'un violent tremblement de terre; vers 1840 l'évoque [larion la fit réparer; en 1867 les bâtiments du cioitre et une partie de l'intérieur de l'église elle même brûlèrent. Il était impossible de restaurer ce monument; il aurait fallu le laisser tel quel ou exécuter une œuvre nouvelle copiée sur l'ancienne: cette dernière opinion prévalu, sur l'autorité de Viollet le Duc et de Baudat qui recommandèrent l'architecte français Lecomte du Nouy. Le roi de Roumanie s'intéressa à cette restauration et contribua, par une donnation, à cette réedification, que l'Etat roumain

M. Mincu.

Architecte.

confia à Lecomte du Nouy. La réedilication dura de 18/5 à 1886, l'inauguration eut lieu le 1-er Octobre 1886. La

Arch. I. D. Berindey.

Hôtel de M. Al. Florescu.

rue Cosma.

reine de Roumanie composa à cette occasion, pour l'église un merveilleux Evangéliaire orné d'extérieures entièrement exécutées par elle; une belle entumoire (pomelnic) a été aussi exécutée par la princesse Marie Sturdza de Miclausani.

Presque tout aussi parfait quoique plus simple dans ses formes s'élève le monument de Basile le Loup (1649) l'église des Trois Hiérarques a Iassv.

Quoique postérieure de plus de cent ans à la Cathédrale d'Arges elle présente en général le même caractère et est le produit de la même école byzantine-arménienne. Restaurée aussi par Le comte de m. i. Gradishteano. du Nou v, elle forme le plus bel ornement

ancien ministre, rue Victoriei.

Maison de M. Balaceano.

rue Putu de Piatra

de l'Eglise Moldave, avec l'église de Saint Nicolas, qui, d'un style plus rustique avec son décor en faïences, nous fournit le type des basiliques populaires du temps de Stéphane le grand 1457—1504.

Pour sa part Bucarest n'a d'enciens monuments que quelques églises dont il convient de citer en premier lieu la métropole située sur une colline delà rive droite de la Dambovitza.

Fondée par Serban Bassarab en 1656 elle fut complètement rénovée en 1839.

De l'entrée de la Métropole, on aperçoit les principales églises de la Ville. St. Spiridon (1767); Rada-Voda

(XVI siècle) ; Boucour portant le nom du fondateur légendaire de la Ville, avec une coupole très rustique d'apparance ; elle est censée èire élevée sur l'emplacement même de la hutte du berger Boucour, bâtie en bois à l'origine, on ne peut, d'après les documents en faire remonter l'existence au-delà de 1461 ; une des plus anciennes églises est celle de Mihaï- Voda (1595); à citer aussi St. Georges-le- Vieux mentionné déjà en 1492. Zlatar, l'église Cretzoulesco fondée

Maison de M. Élie Radu.

rue général Lahovary.

en 1772 par la famille du même nom; Curtea-V eche fondée au XlV-me siècle par Mircea-le-Grand ; un des plus

beaux édifices modernes du nouveau Bucarest est l'Eglise Doamaa Balaslia.

Du commencement du XVIII siècle date aussi l'Eglise Stavropoleos, bijou d'architecture par sa décoration polychronce et ses sculptures.

Il en est de même de la chapelle Colfea dont le portique est d'une grâce si originale, bâtie par le prince Michel Cantacuzen fondateur de l'hôpital du même nom et de l'église de Sinaïa.

Parmi les églises appartenant à d'autres confessions il faut mentionner d'abord la Cathédrale de St. Joseph, elle est construite dans le style des basiliques romanes.

Jusqu'à ces quarante dernières années, Bucarest était fort pauvre en constructions d'une eer-

. . . La'maison de M. H. Lorentz.

taine importance ar- ruc Sur ril

chitectonique. Ce n'est

qu'à partir de la proclamation de la royauté, que la capitale s'est vue dotée d'une certaine quantité d'édifices

Arch. L. Negvesco.

La'maison de M. l'avocat Rosental.

rue Teilor.

publics. Parmi ceux de date plus ancienne il convient de citer l'Université, construite sous le prince Couza et où le Sénat siège. Citons encore la Banque Nationale, bâtie de 1883 à 1885 et d'une solide élégance; le Palais de Justice, de dimensions considérables; le Palais des Postes qui occupe 800 mètres carrés, près duquel s'élève le gracieux bâtiment de la Caisse des Dépôts et Consignations, dû à M. Gottereau. Le palais de l'Académie roumaine, le Ministère des Domaines, l'Hôpital Brancovan, l'Hôpital Coltzea; F Athénée roumain; la Fondation Carol I.

Les lecteurs pourront se faire une juste idée des styles adoptés en Roumanie par les nombreux clichés qui parsèment cet ouvrage.

Parmi les architectes de Roumanie, il couvient de citer tout d'abord M. I. D.

Bérindey, qui s'ést imposé par son réel talent et son bon goût.

Fils de M. D.

Berindey, architecte et ancien ministre, il à lait ses études à Paris et il est diplômé par le'gouvernement français. 11 est professeur à l'école d'architecture.

Pour aprécier son œuvre, il suffit de se reporter aux

Hôtel de M. Anagnostiade.

Bd. Coltza.

Maison de M. le Dr. Pierre Solomon.

rue ( alarashilor

nombreuses figures de ce volume et qui attestent suffisamment le talent magistral de M. Bérindey.

Dû au grand talent de M. l'architecte Antonesco et au

goût remarquable

pour le style roumain, nous verrons bientôt s'éléver sur le Boulevard Elisabetha, le Palais du Ministère des travaux publis.

M, Etienne Burcus, architecte roumain, occupe aussi une place remarquable parmi nos architectes. Ses travaux qui prouvent un grand goût et talent, sont et resteront des monuments pour la Roumanie. Le concours que la Chambre de commerce fit sur un projet pour la construction d'un Palais de la Bourse et la Chambre de

Maison de M. B. Ganescu.

Construite par Th. Kantzler

Mm

commerce, fut une occasion pour M.

Burcus de s'affirmer; car il obtint le l-er prix et c'est d'après son projet qu'on vera bientôt surgir sur la rue Doamnei, ce magnifique Palais dont nous donnons la gravure dans le

texte. Dans l'Exposition on voit encore beaucoup de travaux qui sont bien réussis.

Mentionnons encore .1/. Stefanesco. ancien èléve

Maison de M. Costescu-Comaneano.

Construite par Th. Kantzler,

ses

M. Stefanesco.

Architecte.

La maison de M. Mitilneu.

rue Mercur.

de l'école Polytechnique de Dresde et de l'école des Beauxarts de Paris, diplômé de fécole spéciale d'architecture de Paris. Il exposa en 1901—902 au Salon de France.

Il fut l'architecte de l'Exposition, de l'Institut géologique, du théâtre National, des chemins de fer Roumains. Il est professeur à l'école d'architecture. Les différents travaux qu'il exécuta à Bucarest, attestent assez son mérite et son talent.

Actuellement d'après son projet on construit un splendide édifice dans le style roumain à la chaussée, qui sera le Palais du musée minéralogique.

M. Leonida Negresco, diplômé par le gouvernement fran-

Içais, s'affirme ZM aussi par beaucoup de travaux, dont le Jockey- Club, le vSplendid Hôtel, la maison de M. l'avocat Rosental et bien d'autres constructions en province, qui dénotent beaucoup de talent et de goût

La maison de M. N. Butculescu.

rue Clemcntei.

La maison deM. G. Cretziano.

rue Mercur.

Intérieur de la droguerie M. Stoenescu.

rue Academiéi.

Intérieur des magasins Th. Radivon.

Boulevard Elisabethe.

Architecte I. D. Berini Les tribunes de l'hypodrome-Baneasa.

artistique. Citons encore MM. A. Clavel architecte des Postes et télégraphes qui a de remarquables travaux, Sâvulesco, Maimarolu, Mincu, Mandréa, Pompilian, Gottereau, Blank, etc.

Nous n'oublions pas de mentionner le nom de quelques grands constructeurs comme Thoma Kanzler, Schiendl, Remus Iliescu, qui ont leur part de mérite dans les constructions importantes de Bucarest et qui figurent dans le texte.

Quand à la

sculpture il faut en venir à 1 époque moderne pour rencontrer quelques statues. Encore les premières celles d'Etienne le grand à Iassy et de Michel le Brave à Bucarest sont elle dues à des artistes étrangers, l'une à Carrier-Béleuse, et l'autre à Fremiet.

Mais depuis la fondation de l'École des Beaux arts à Bucarest et à Iassy, la sculpture à commencé à être proffessée aussi par des artistes roumains qui ont montré d'emblée de remarquables aptitudes pour cet art qui, pourtant chez eux, ne se fondait pas sur une large tradition.

Parmi les artistes qui se sont distingués il convient de citer avant tout G. Assaky, G. Georgesco et B. Vasilesco, morts en 1898 puis les vivants M. M. Hegel, Storck, vStefan Ionesco (Valbudea), Spâthe, Pavelesco, Bâ-

Hotel de M. C. C. Arion.

inistrc.

abiei.

lâcesco, Philippe Marin dont on trouvera des bustes et des statuettes, des médailles et des monuments dans plusieurs localités du pays.

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