‹ Bulles de savonChapitre 16 sur 18 · L'ACTION DE L'HUILE SUR LES VAGUES · texte numérisé non relu

L'ACTION DE L'HUILE SUR LES VAGUES

d'application de ces forces élémentaires un chemin égal à rm; nousaurons ainsi à effectuer un travail de 7,5 mg.mm., qui seretrouvera, comme énergie disponible, dans le nouveau millimètre carré de surface libre; c’est cette énergie de 7,5mg.mm., que j'ai appelée énergie potentielle de l’eau pure.

» N'oublions pas que cette énergie réside dans une couche n'ayant pas plus de o"®, 00005 d'épaisseur; nous comprendrons alors que, dans la couche superficielle de l'Océan, se trouve emmagasinée une puissance mécanique dont rien ne peut donner une idée exacte.

» Je suppose maintenant que, de deux couches superficielles égales et juxtaposées, l’une glisse sur l’autre par l'effet du vent, par exemple; la couche complètement recouverte aura perdu sa surface libre et, avec elle, son énergie potentielle caractéristique. Le glissement s’opèret-il avec lenteur, cette énergie sera remplacée par une quantité de chaleur équivalente; maïs, si le phénomène se passe avec rapidité, l’énergie potentielle perdue donne lieu à un accroissement de vitesse. Si donc le vent communique à certaines couches de la mer une vitesse plus grande qu'aux couches voisines, celles-ci sont recouvertes par les premières qui vont en recouvrir d’autres plus éloignées, et ainsi de suite. C’est pourquoi toute vague en voie de formation est composée de portions dont les vitesses sont les plus grandes vers le haut; quand le vent est violent, l'accélération de vitesse produit sur chaque vague une crête qui devient de plus en plus proéminente,

le désaccord n’est qu’apparent puisque la tension superficielle dépend de la température.

et qui finit par se désagréger dans l’espace, ou, comme on dit, par déferler.

» Il suit de là que toute cause capable d'empêcher le glissement des tranches superficielles des eaux dela mer les unes sur les autres constituera un obstacle à l’accroissement graduel de la force vive des masses liquides.

» Or une cause pareille se trouve précisément dans l'huile qui recouvre sur une étendue suffisante la surface de la mer; en vertu de sa légèreté spécifique, l'huile remonte toujours à la”surface, et rend impossible le glissement d’une couche sur une autre. C’est ce qui explique l'efficacité, si mystérieuse au premier abord, des huiles susceptibles d’être étalées en lames d’une minceur incroyable

1 à 1 > ‘llimetre f2\l:- 48 à Lis à 350000 de millimètre ( )]; dès que le

glissement des couches est entravé, il est clair que la

formation des crêtes en brisants, si redoutables pour les marins, devient également impossible.

» Mais il y a plus : non seulement l'huile empêche la mer de déferler, mais encore elle peut transformer les vagues à crêtes en ondulations régulières formant la houle. En effet, si une haute vague se rapproche d’une portion de la mer couverte d'huile, celle-ci s'étale subitement sur la surface concave de la lame et atteint bientôt le sommet de la crête; dès ce moment, le glissement des couches superficielles autour de la volute qui surmonte la vague devient impossible; de là une résistance qui accumule le liquide au haut de la crête, et celle-ci retombe avec grand bruit sur la mer. »

(:) Voir Note A.

TT

Page 1