D I A Z DE S O R I A
révèle en lui le noble Vénitien, qui au lieu de notre redingote bête et triste, devrait perler l’or et le brocart. Mais ne pouvant être patricien, Diaz de Sofia s’esl résigné à être un incomparable chanteur, un artiste d’un charme indéfinissable. Entendez-le surtout dans une cantilène de maître italien. C’est un frôlement, un chuchotement de lèvres, une amoureuse et suave caresse, qui réveille doucement tout ce qu’il y a de poésie au dedans de nous. Point d’efforts, point de grimaces douloureuses. Diaz de Soria laisse à ses lèvres seules le soin de flûter, de gazouiller, de soupirer, de murmurer, de détacher enfin le chant comme d’un bout d’aile. Ils sont rares les artistes qui, à l’exemple de celui-là, peuvent pendant de longues heures vous tenir dans d’enivrantes délices et vCTUs faire oublier la vie banale, horriblement plate du temps présent.