‹ Bustes & masquesChapitre 20 sur 84 · MONTICELLI · texte numérisé non relu

MONTICELLI

tant les tons en sont vibrants, intenses, papillotants et font en quelque sorte explosion. On comprend que les amateurs recherchent aujourd'hui avec avidité les premiers tableaux de Monticelli, tableaux qui sont de vrais chefs-d’œuvre de coloris et de voluptueuse élégance. Car, à l’exemple de Diaz, il a su faire chatoyer et palpiter, en des dessous de forêts, à travers la ramure des arbres, de séduisantes et souriantes déesses, de merveilleuses divinités, et, comme lui, il a su baigner toutes ses compositions d’une chaude et caressante lumière. Mais, chose curieuse, c’est au moment où ce virtuose de la couleur est visiblement entré dans une période de déclin que la mode s’est attachée à sa peinture. C’est à qui, parmi les amateurs et même les artistes, recherchera la moindre pochade, la moindre râclure de palette signée Monticelli. Car, il faut bien l’avouer, on sait rarement à cette heure ce que le peintre a voulu mettre dans ses tableaux où l’on dirait qu’il s’est contenté de broyer des vessies de couleurs. Les formes sont vagues, indécises, confuses, et l’on cherche vainement à les deviner et à les préciser. Mais ce retour de fortune à l’égard du coloriste marseillais est, en somme, des plus légitimes. Il atteste que l’on est enfin d’accord pour rendre justice à l’une des plus riches organisations, à 1 ’un des plus vigoureux et des plus puissants tempéraments qui se soient jamais affirmés parmi les peintres de notre ville.

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