MONTICELLI
fous l’avez certainement rencontré plus d’une fois [dans la rue, presque toujours vêtu d’une veste de velours et laissant voir sous un feutre noir, en hiver, et sous un large chapeau de paille, en été, une longue barbe grise à la Zurbaran lui retombant sur la poitrine. Il marche d’un pas très lent, portant constamment à la main un panneau peint, et ses yeux semblent regarder vaguement quelque part, selon l’expression de Victor Hugo. Tel est le peintre Monticelli que l’on a si justement surnommé le Diaz marseillais. Sa palette est tout un poème ou plutôt tout un orchestre de couleurs. Il faut presque un abat-jour pour regarder certaines toiles de Monticelli,