MADAME THÉO
bouche mignarde évoquent on ne peut mieux le souvenir des peintures galantes du siècle dernier. Il n’est pas jusqu’à sa voix chevrotante qui n’eût fait merveille au clavecin, dans une ariette de Rameau. Et nous ne sommes pas certain qu’à cette heure encore, un petit collet n’assiste, le matin, à la toilette de l’artiste pour lui donner des nouvelles de la dernière pièce jouée chez le prince de Conti ou chez la duchesse de Villeroy. Théo a des bonheurs de petite fille, des joies enfantines, et si elle l’osait, quand le parterre l’applaudit, elle lui crierait, en sautillant et en frappant des mains : « Ah ! que je suis donc contente ! » Aussi, le parterre qui adore sa gentillesse, son espièglerie, ses petits airs pudiques, n’a garde de lui mesurer ses bravos, ne voulant pas que le moindre pli de rose vienne troubler la sérénité de la jolie diva.