‹ Bustes & masquesChapitre 28 sur 84 · ALDEBERT · texte numérisé non relu

ALDEBERT

me barbe déjà grise, mais des yeux encore bien ^vivants et dans lesquels rit une charmante amabilité. Peu d’artistes marseillais ont une physionomie plus sympathique, plus cordiale et appelant plus volontiers la poignée de main. On ne se repent pas vraiment de connaître ce sculpteur marseillais, qui sait allier à un talent réel une complète modestie et qui apporte dans les causeries de l’atelier une bonne humeur inaltérable, un heureux abandon. Aldebert est peut-être moins répandu

dans le public que certains sculpteurs qui ne perdent aucune occasion d’encombrer les vitrines de nos marchands de la rue Saint-Ferréol ; mais sa réputation — et cela doit suffire — est solidement établie parmi ce petit groupe de connaisseurs qui suivent avec intelligence le mouvement de nos expositions locales. La liste des œuvres d’Aldebert est déjà longue ; elles se font remarquer, la plupart, par de sincères qualités de finesse et de distinction. On y démêle une sérieuse tendance à s’affranchir de la tradition et du poncif. Il est même tel bronze de ce sculpteur, comme le Jeune Pécheur, du Musée de Longchamp, qui, par la grâce, la hardiesse et l’originalité, rappelle presque la manière des maîtres les plus célèbres du moment. Nous ne parlons pas d’une foule de statuettes, de bustes, dont quelques-uns sont d’une légèreté et d’une élégance pleines de charme. Tous les jours, nous avons sous les yeux une terre cuite signée Aldebert, qui fait l’ornement de notre bureau. C’est un Curé de Tourtour dans lequel l’artiste a mis une bonhomie finement gauloise, un esprit des plus rabelaisiens. C’est un rien, si l’on veut, mais ce rien indique qu’il y a chez Aldebert un sculpteur épris de désinvolture, de vie et de novelleté.

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