‹ Bustes & masquesChapitre 29 sur 84 · TH · texte numérisé non relu

TH

LORMOND

es traits ont été sculptés par un artiste qui s’est [sans doute un peu trop pressé. Mais il est difficile de ne point noter ce regard, vif, intelligent, fureteur, avide de curiosité. Th. Lormond est entré dans la presse, armé d’un savoir solide et réel. Il aurait pu s’y tailler aisément une place comme journaliste politique. Mais il a compris tout le vide et tout l’ennui de cette littérature faite d’ennuyeuses et solennelles redites, et a préféré se cantonner dans la critique et l’information théâtrales. Par la bien-

TH. LORMON’D

veillance de ses jugements, il rappelle le doux Darthenay, et, comme nouvelliste, il eût mérité de collaborer au célèbre Courrier des spectacles avec Vigée, Le Pan et Grainville. Aucun détail ne lui échappe, et il ne lui déplaît pas de donner parfois à ses articles une piquante physionomie d’inventaire. Maintes fois aussi, au milieu d’une information des plus sérieuses, le petit journaliste tressaille en lui et ne peut s’empêcher de tirer un joyeux pétard, de laisser échapper un plaisant calembour, une aimable saillie. Th. Lormond est, d’autre part, l’obligeance même, et parmi ses confrères, ceux qui le connaissent depuis longtemps savent combien il est digne non seulement de leur estime mais encore de leurs sympathies.

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