‹ Bustes & masquesChapitre 3 sur 84 · SUCHET · texte numérisé non relu

SUCHET

nôtres ! » L’orgueil de Suchet, en effet, et orgueil bien légitime, est d’avoir grandi au milieu des pêcheurs, des calfats, des portefaix, sur nos quais, à l’ombre des beauprés, et partant de savoir ce qu’est un bateau. Voyez Suchet, dans une Exposition, arrêté devant un brick quelconque louvoyant pour entrer dans le port. Il sourit discrètement, vous prend sous le bras et vous dit à voix basse : « Aco a jamaï esta un bateou ! »

Suchet a parfois des colères terribles, tempétueuses, épiques, mais qui ne durent pas. Il en sort souriant, tout guilleret. Son talent de peintre est inégal, mais il serait injuste de le mettre en doute. C’est un artiste réel, et dans ce gabian, dont on a tant parlé et qu’on a accueilli par un immense éclat de rire, il y avait une idée de tableau fort originale et surtout d’une indéfinissable poésie.

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