‹ Bustes & masquesChapitre 41 sur 84 · SAM AT · texte numérisé non relu

SAM AT

et — détail qu’on ne peut se lasser de noter — lui qui n’avait jamais écrit une ligne, qui n’était pas journaliste, qui n’avait et ne savait avoir aucune prétention d’écrivain, comprit du premier coup l’art si malaisé de faire un journal populaire. D’un flair étonnant , d’une intelligence aussi vive que pratique, ayant en quelque sorte l’intuition des goûts du public, des tendances du moment, il se consacra tout entier à la publication de cette feuille nouvelle et opéra une véritable révolution dans la presse locale. Le journal à bon marché, utile, aux informations complètes et rapides, plein d’articles courts et intéressants, était désormais fondé à Marseille. Il y eut, il est vrai, des heures de désillusion, et peut-être bien d’autres, à la place de Samat, se seraient arrêtés à mi-côte. Mais, d’une sérénité parfaite au milieu de ses rédacteurs, Samat ne cessa de fermer sa porte au doute et au découragement. Il savait que le succès devait récompenser ses efforts, et on n’ignore point, en effet, que l’événement s’est vérifié au-delà même de toutes les espérances. Eh bien, parmi les hommes qui ont le droit de marquer dans notre localité, ce n’est point une figure banale que celle de ce travailleur obstiné, de cet initiateur hardi de la presse populaire, de ce Marseillais tenace et résolu qui, malgré ses humbles débuts, a réussi à doter notre région d’un organe aussi important et d’une aussi grande autorité. Samat, au résumé, est venu nous fournir une preuve nouvelle qu’il n’y a pas, en toutes choses, de plus puissant levier que la volonté mise au service de l’intelligence.

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