ALFRED PRIVAT
i^e haute taille, les cheveux grisonnants, des yeux bien ouverts, francs, sympathiques, qui vous regardent bien en face, et parfois un sourire qui décèle une fine et narquoise bonhomie. Alfred Privât n’est pas ce qu’on appelle « un littérateur de profession. » Il ne touche aux lettres que dans ses moments de loisir et pourtant on aurait le tort de le ranger dans la catégorie des amateurs. Nous ne connaissons rien de plus cruellement risible que l’amateur en littérature, ce Monsieur qui fait des vers ou de la prose sans y être forcé, tout comme il jouerait au billard ou au tric-trac, en simple manière de passe-temps. Alfred Privât lui, est un écrivain qui a la flamme, possédant l’ardente conviction, et — détail qui a son importance — sachant beaucoup de choses. C’est surtout vers le théâtre que Privât a tourné ses regards. Il y a donné un jour une petite comédie en un acte et en vers, qui eût été un régal même à l’Odéon. Cela s’ap-