MAURICE ROUVIER
toujours les vœux de l’ambition. Les mécomptes sont nombreux et les découragements faciles. Car, quitter le modeste rond de cuir de l’employé, comme l’a fait Maurice Rouvier, pour aller s’asseoir sur les bancs d’une Assemblée parlementaire, n’est pas le résultat seul d’un heureux concours de circonstances. Il a fallu y aider par un vrai mérite personnel, une magnifique passion du travail et par un tact finement exercé. Compter sur la reconnaissance des démocraties, c’est le plus souvent compter sans son hôte, et tous les services qu’a rendus à son parti Maurice Rouvier n’auraient pu le faire sortir de l’ombre, s’il n’y avait ajouté la légitime séduction de l’homme qui lutte corps à corps avec les questions les plus sérieuses et les plus ardues pour en pénétrer le secret et qui, modestement, sans bruit, s’exerce à justifier les espérances qu’on a mises en lui. Car, c’est ainsi que Maurice Rouvier est devenu un député d’affaires. Député d’affaii-es, mais il n’y a pas selon nous, surtout par ce temps de représentants risibles, de titre plus flatteur et même plus enviable. Aussi bien dans le parlement qu’en dehors du parlement, Rouvier s’est créé une réputation d’esprit pratique, prompt, délié, pénétrant, et a marqué son passage dans la commission du budget par des qualités de premier ordre qui devaient le conduire tôt ou tard à de plus hautes destinées. Et voilà pourquoi l’ancien et modeste commis, qui tenait jadis les écritures d'un négociant de notre ville, a été un instant ministre du commerce de notre jeune République.